Sylvie Marquis, de Granby, est en deuil de son conjoint Daniel Messier, qui s’est éteint le 18 mars dernier après une longue lutte contre le cancer.
Sylvie Marquis, de Granby, est en deuil de son conjoint Daniel Messier, qui s’est éteint le 18 mars dernier après une longue lutte contre le cancer.

Dire adieu à l’être aimé pendant la pandémie

Même si le monde est sur «pause» pendant la pandémie de la COVID-19, la vie, elle, ne s’arrête pas, se rendant parfois jusqu’à son dernier souffle. Vivre son deuil en pleine pandémie n’est pas chose facile, mais une Granbyenne s’est confiée sur cette expérience particulière.

Sylvie Marquis, de Granby, est en deuil de son conjoint Daniel Messier, qui s’est éteint le 18 mars dernier après une longue lutte contre le cancer.

Un départ qui était prévisible, mais qui arrache tout de même le cœur. « Ça faisait huit ans qu’on était ensemble. Il a été le meilleur pour moi dans ma vie et il me disait la même chose de moi. On était vraiment amoureux », raconte-t-elle, la voix cassée par l’émotion.

Le diagnostic est tombé après quatre ans de relation. « La dernière année, il l’a passée à l’hôpital à suivre des traitements. Il était très malade, et on a compris qu’il était condamné », relate Mme Marquis.

M. Messier est entré aux soins palliatifs le 9 mars. Malgré les restrictions imposées aux visiteurs en raison de la pandémie, Mme Marquis et les proches du malade ont pu lui faire leurs adieux.

« À ce moment-là, on pouvait être un à la fois dans la chambre avec lui. On s’est séparé le temps de visite pour que chacun ait son tour. On a tous eu le temps de faire nos au revoir, on a eu cette chance-là », explique Mme Marquis, consciente que d’autres personnes n’ont pas pu visiter un proche en fin de vie en raison des interdictions de visite.

Restrictions et distanciation sociale obligent, les rites funéraires de M. Messier sont reportés à une date indéterminée. « Je sais que les filles [adultes] de Daniel ont besoin de ça, reconnaît Mme Marquis. Pour moi, la boucle a été bouclée à l’hôpital. »

Contrairement à d’autres qui vivent mal leur isolement alors qu’ils ont besoin du réconfort de leurs proches, le confinement imposé sert à Sylvie Marquis de cocon pour vivre son deuil à son rythme. Son travail de courtière hypothécaire, qu’elle peut faire chez elle pendant des heures, l’aide aussi à tenir le coup.

« Quand Daniel est décédé, j’ai été inondée d’appels de gens qui voulaient m’offrir leurs sympathies. J’ai décidé de partager l’avis de décès sur Facebook pour essayer de canaliser les messages en un seul endroit », confie-t-elle.

« Daniel et moi, on s’était préparés. Je ne ressens pas tellement le besoin de me confier à des gens, tout ce que j’avais à dire, je l’ai dit à Daniel avant qu’il parte. Je me sens en paix », ajoute-t-elle.