Justin Trudeau a prévenu la semaine dernière que les Canadiens «vont devoir apprendre à continuer à vivre avec la COVID-19 pendant de très nombreux mois».
Justin Trudeau a prévenu la semaine dernière que les Canadiens «vont devoir apprendre à continuer à vivre avec la COVID-19 pendant de très nombreux mois».

Deuxième vague: la vigilance est de mise, selon Justin Trudeau

Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau appelle les Canadiens à rester «extrêmement vigilants» alors que les cas de COVID-19 augmentent.

«Ce qu’on est en train de voir dans les chiffres, ces jours-ci, devrait inquiéter tout le monde. On voit une reprise de la COVID-19, qui veut dire que nous devons encore (...) garder nos distances, laver nos mains, porter le masque tout le temps ces jours-ci. Nous nous devons d’être extrêmement vigilants», a-t-il lancé à l’entrée de la retraite de son cabinet, lundi.

Même si une manifestation anti-masque a eu lieu à Montréal, la fin de semaine dernière, M. Trudeau a noté que la «grande majorité» des Canadiens suivent les consignes des autorités de santé publique et que le pays a réussi à «contrôler assez bien les cas de COVID-19».

«On a pu éviter les explosions de cas qu’on est en train de voir ailleurs. Malheureusement, on voit les chiffres commencer à grimper et avec la reprise de l’école, avec la reprise économique, nous nous devons de rester extrêmement vigilants», a ajouté le premier ministre.

Ses ministres ont fait écho à ses propos.

«Il faut continuer d’être clair à quel point chacun d’entre nous peut faire une différence sur la santé de tout le monde. Alors, on a chacun cette responsabilité-là de se protéger, protéger les autres», a dit le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez.

«Ce n’est pas parce qu’on est tannés que la pandémie est terminée», a laissé tomber la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Le premier ministre a convié ses ministres à deux jours de réunions à huis clos à Ottawa, lundi et mardi, afin d’élaborer une stratégie visant à éviter que la pandémie de la COVID-19 ne fasse davantage de dommage sur la vie des Canadiens.

Initialement axée sur la construction d’une économie post-pandémique, la réunion devra aussi porter sur le défi immédiat de limiter les dégâts d’une deuxième vague.


« Ce n’est pas parce qu’on est tannés que la pandémie est terminée »
La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly

À la sortie de la réunion du cabinet, la ministre de la Santé, Patty Hajdu, a affirmé que les ministres avaient discuté de divers scénarios relatifs à la pandémie cet automne.

«Dans un cas, il s’agirait de petits sursauts (...) et nous travaillerions très fort pour éteindre ces éclosions. Mais l’autre scénario pourrait être une montée automnale très sévère et ce que nous devons faire, c’est d’être prêt pour l’un ou l’autre de ces développements potentiels», a-t-elle expliqué.

«Il y a toujours la possibilité de voir les chiffres grimper de façon exponentielle. (...) Nous ne pouvons pas baisser la garde», a-t-elle ajouté.

Les ministres ont entendu des présentations de la Dre Theresa Tam et des coprésidents de deux groupes de travail : l’un créé pour conseiller le gouvernement sur les mesures à prendre pour soutenir le développement d’un vaccin contre la COVID-19 et l’autre sur l’immunité à la COVID-19.

Le Parlement est sur le point de reprendre avec un discours du Trône le 23 septembre, dans lequel Justin Trudeau a promis qu’il présentera «une vision détaillée de l’avenir et un plan pour assurer la sécurité des Canadiens pendant que nous reconstruisons un Canada plus fort qui fonctionne pour tous».

On s’attend maintenant à ce que le discours lui-même se concentre davantage sur la façon de passer à travers la pandémie que sur la façon de reconstruire une fois qu’elle est terminée, alors que les détails sur les mesures de reprise à long terme ne seraient révélés que lors d’un énoncé économique plus tard à l’automne.

Le gouvernement part du principe que la lutte mondiale contre le coronavirus mortel qui cause la COVID-19 se poursuivra pendant au moins deux ans de plus, et que la reconstruction de l’économie dépendra alors de la façon dont on se protège maintenant.

Trois priorités

À cette fin, des sources, qui ont parlé sous couvert d’anonymat parce qu’elles n’étaient pas autorisées à discuter publiquement de la question, ont fait part de trois priorités qui seront incluses dans le discours du Trône.

Il s’agit de mesures destinées à protéger la santé des Canadiens et à éviter un autre confinement national; des soutiens économiques nécessaires pour maintenir les Canadiens à flot financièrement pendant que la pandémie se poursuit; et des mesures à plus long terme pour finalement reconstruire une économie.

On s’attend en particulier à ce que les libéraux promettent plus de financement pour les soins de santé, y compris pour les foyers de soins de longue durée, ainsi que pour des logements abordables et des services de garde d’enfants pour aider les parents, en particulier les femmes, à reprendre le travail et rester au travail.

«De toute évidence, la COVID a exposé des faiblesses dans notre pays où les gens vulnérables continuent de glisser entre les craques. Nous aurons des conversations au sujet des prochaines étapes, mais notre préoccupation porte surtout sur ce qu’on doit faire pour contrôler la COVID-19», a déclaré M. Trudeau.

Exit, donc, la relance économique «verte» qui était promise lors du discours du Trône?

«On verra quelle place ça prendra à terme, mais on a agi, on a agi et on va toujours agir parce que la pandémie est une menace réelle pour l’humanité et les changements climatiques le sont également. Alors on peut travailler sur les deux fronts», a fait valoir M. Rodriguez.