Camille et Thomas Champoux à leur arrivée à l'école des Bâtisseurs, à Granby, lundi matin.
Camille et Thomas Champoux à leur arrivée à l'école des Bâtisseurs, à Granby, lundi matin.

«Deuxième rentrée» à l'école: dur, dur de respecter la distanciation

La «deuxième rentrée» s’est déroulée sans trop de heurts à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, lundi, mais il faudra du temps avant de maîtriser toutes les directives en vigueur.

À leur arrivée dans la cour de leur école primaire, les élèves ont attendu en file indienne, gardant une distance entre eux avant de se faire désinfecter les mains.

Et les mesures d’hygiène ne s’arrêtaient pas là. Une bonne partie du temps d’enseignement a été consacré au rappel des mesures ainsi qu’au respect des horaires de toilette et de lavage de mains.

«La moitié de mon temps a été dévolu aux toilettes et au lavage de main», indique Chantal Beauchemin, une enseignante de première année à l’école Sainte-Famille, à Granby.

Une routine qualifiée d’«épuisante» par une enseignante d’une école primaire de Brome-Missisquoi. «Je passe mon temps à distribuer du désinfectant, et les élèves se lavent les mains au moins huit fois par jour», dit-elle.

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«Les enfants ont tendance à faire attention, mais ça va prendre une journée ou deux avant que toutes les consignes soient respectés», estime de son côté un enseignant en éducation physique de Granby qui fait désormais office de remplaçant.

Répéter

Pour le lavage des mains, ça va, ajoute-t-il, mais pour la distanciation de deux mètres, la partie est loin d’être gagnée. 

«Des enfants, ce sont des enfants, dit l’enseignant. Il faut leur répéter continuellement de se séparer. Mais ils ne sont pas de mauvaise foi et je trouve que dans l’ensemble, ça se passe bien.»

«Faire respecter la distanciation en tout temps, c’est impossible!», dit Mme Beauchemin. Tout comme enseigner sans s’approcher des élèves: quand elle doit le faire, elle se munit d’un masque qu’elle garde autrement dans sa poche.

Dans une autre école, c’est «la plupart des profs» qui le portent, ou une visière, même si cet accessoire est qualifié d’«étouffant».

Dans les classes «ça ressemble à l’ancien temps», dit une enseignante. Bureaux très espacés, très peu de mouvement: «pour les hyperactifs, ça ne sera pas facile tous les jours», dit-elle.

Les récréations sont également restreintes: les élèves peuvent bouger, mais dans un quadrilatère donné et sans s’approcher les uns des autres.

«À un moment donné, les plus jeunes vont trouver ça difficile. Là, c’est du nouveau et les enfants aiment le nouveau.»

Des enfants heureux de revenir

Chose certaine, les enseignants interrogés ont fait savoir que les élèves étaient, pour la plupart, peu craintifs et heureux de revenir en classe.

«Ils sont même contents de faire des devoirs!, dit Chantal Beauchemin. Et une élève m’a dit: yé, c’est grâce au coronavirus qu’on dîne dans la classe...»

«Les enfants sont naturellement enthousiastes et ''hop la vie''. De mon côté, je ne suis pas peureuse de nature et je considère que les employés du système de santé sont bien plus à risque que nous.»