Les œuvres font clairement référence au coronavirus.
Les œuvres font clairement référence au coronavirus.

Des virus... en tissu

Nous avions rencontré Lise Létourneau dans les premiers jours de mars pour jaser de l’exposition qu’elle s’apprêtait à présenter durant tout le mois au centre d’exposition Boréart. « Je ne suis pas très conventionnelle », avait-elle alors confié en souriant.

L’exposition a été brusquement interrompue en milieu de parcours pour les raisons que l’on connaît et Lise Létourneau a retraité dans son atelier de Shefford tristement vide. Avec le cœur gros. Mais plutôt que de contempler les murs en se désolant, elle s’est « fait violence » et a laissé le confinement l’inspirer.

Spécialisée en art textile, Mme Létourneau s’est instinctivement remise à manipuler des tissus dans tous les sens jusqu’à ce que naissent... des œuvres étrangement semblables au fameux coronavirus.

Son intention, bien sûr, n’était pas de se moquer ou de minimiser la maladie. Il faut croire que la représentation en trois dimensions du virus, diffusée partout dans les médias, a frappé son imaginaire.

Elle explique que ces boules colorées proviennent de « boudins » qu’elle avait déjà créés avec de vieux collants.

« L’an dernier, lors d’une exposition collective à la galerie La Chapelle de Bromont, j’avais proposé d’enrouler ces boudins autour des arbres. Puis je les avais entreposés à la maison après l’exposition. »

Ce sont ces longues pièces de tissu qu’elle a ressorties et qu’elle s’est mise à enrouler, à nouer et à coudre il y a deux semaines. Pour chaque œuvre, il y a près de 12 pieds de boudins.

« Fixation sur les chaussettes »

« J’ai une fixation sur les chaussettes, surtout les rayées. Lorsqu’elles sont vieilles, je les coupe pour ne conserver que les tubes de tissu. J’en ai aussi incorporé dans les œuvres », poursuit l’artiste, qui coud sur chacune des pics colorés.

« Je suis en train de coudre la neuvième. Je commence à manquer de matériel. Je vais peut-être me rendre à 12. Je ne suis plus arrêtable ! »

Originales, ses créations font réagir. « Il y en a qui voulait les adopter. Mais je préfère ne pas les vendre. Je pourrais éventuellement en faire une exposition. Seules, elles ne veulent pas dire grand-chose. C’est lorsqu’on les regroupe que ça devient intéressant. »