Camping Vacances Bromont a ouvert 50 sites aux snowbirds de retour au Québec et en quarantaine.
Camping Vacances Bromont a ouvert 50 sites aux snowbirds de retour au Québec et en quarantaine.

Des snowbirds migrent vers des campings de Bromont et Granby

Pour bien des snowbirds sans domicile fixe au Québec, le retour au bercail est un défi logistique en cette période de pandémie. Des campings de la région ont accepté de leur donner un coup de pouce en les accueillant durant leur quarantaine obligatoire.

Camping Vacances Bromont est du nombre. «On est conscients que plusieurs snowbirds sont dans une drôle de situation avec les règles de confinement. Plusieurs se cherchent des sites, mais ce ne sont pas toutes les régions qui n’ont presque plus de neige au sol. Après discussion avec Camping Québec, on a décidé d’ouvrir plusieurs terrains pour les accueillir et s’assurer qu’ils respectent le confinement», a indiqué le propriétaire et directeur général de l’entreprise, Pierre-Marc Lussier.

Camping Vacances Bromont a ouvert ses portes jeudi. Cinquante terrains sont dédiés exclusivement à cette clientèle. Une dizaine de sites avaient trouvé preneurs chez les snowbirds le lendemain. «Et si la demande est plus grande, on est prêts à aller jusqu’à 80 terrains», a mentionné M. Lussier.

Ce dernier est toutefois catégorique: pas question d’accueillir les campeurs réguliers. «Les petites familles, les voyageurs et les autres saisonniers ne pourront pas accéder au site, a-t-il dit. En fait, dès que quelqu’un a une adresse au Québec, il ne peut pas entrer.»

Autonomie

Les campeurs en confinement ont accès aux services de base, soit l’approvisionnement en eau, le raccordement aux égouts et le wi-fi. «Il n’y a pas de blocs sanitaires ni de salles communautaires. On parle d’une quarantaine, alors les gens doivent être autonomes. C’est primordial d’agir selon les normes de santé publique. Les gens n’auront pas le choix de rester sur le terrain de camping. Ils peuvent prendre des marches, tant qu’ils respectent la règle de deux mètres de distance entre eux. Ils ont accès aux livraisons d’épiceries et de pharmacies. Et évidemment, pas de visite de leurs proches», a fait valoir le DG de l’entreprise touristique bromontoise.

Le Camping Aztec de Granby a également emboîté le pas au mouvement en ouvrant 40 sites aux snowbirds. Jusqu’ici, 16 d’entre eux sont occupés. «Ça va vite, d’ici quelques jours, toutes les places seront prises. On a des gens qui viennent de Port-Cartier et même de Val-d’Or pour faire leur quarantaine ici», a indiqué la propriétaire, Sandra Allard.

Abus

M. Lussier a toutefois souligné à grands traits le fait que certains campings «profitent de la situation». «Malheureusement, on voit des entreprises qui chargent des prix incroyables pour leurs terrains, a-t-il déploré. On a vu des sites allant jusqu’à 50$ par jour, alors que les personnes qui viennent chez nous paient seulement 15$ par jour jusqu’au 15 avril. On fait ça pour accommoder les gens, pas pour faire de l’argent.»

Incertitude

En cette période de pandémie, le lancement de la saison de camping est «sur la glace». «On ne peut pas ouvrir sans avoir le okay du gouvernement», a mentionné Pierre-Marc Lussier.

L’incertitude plane donc sur cette importante industrie au Québec qui n’a que la saison chaude pour boucler son budget. «On doit se préparer à différents scénarios. On garde le cap comme si on ouvrait à la fin avril ou au début mai. Ensuite, on s’ajustera au jour le jour. C’est certain que plus on avancera dans la saison, plus ce sera difficile pour plusieurs campings. Et on fait partie du lot. C’est inquiétant, a concédé le propriétaire de l’entreprise de Bromont. Tout ça dépendra de la façon dont les Québécois se conformeront aux règles de la santé publique. Plus il y aura de nouveaux cas de coronavirus, plus le confinement sera long.»