Le président du comité des finances, Jocelyn Dupuis.
Le président du comité des finances, Jocelyn Dupuis.

«Des pertes de revenus sont incontournables»

La COVID-19 aura un impact financier important à Granby. Mais la santé financière globale de la Ville lui permettra de «passer à travers» la pandémie, estime le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

« Des pertes de revenus sont incontournables. On est en train de les chiffrer. Mais il est trop tôt pour les détailler », précise-t-il.

Dans les circonstances, l’administration municipale souhaite agir avec prudence. Le surplus d’exercice de 5,4 millions $ enregistré en 2019 sera conservé pour atténuer les impacts de la COVID-19, ont récemment convenu les élus.

Bon nombre de projets prévus en 2020 au programme triennal d’immobilisation sont maintenus, mais trois d’entre eux sont retirés. Ce n’est pas cette année qu’une réserve sera créée pour l’aménagement d’un carrefour giratoire à l’intersection des rues Mountain et Richard-Frost, qu’une clôture sera remplacée au stade Napoléon-Fontaine ou que de l’affichage sera réalisé au centre-ville. Des économies de 1,2 million $ seront ainsi réalisées, note le conseiller municipal et président du comité des finances, Jocelyn Dupuis. Le début des travaux de la première phase du chantier de réaménagement du centre-ville est aussi repoussé à 2021.

Le report des échéances de taxes foncières s’est par ailleurs traduit, à court terme, par une baisse de revenus. « Normalement, on attendait environ 14 millions $ le 22 avril. On a reçu seulement 4,6 millions $. Il y a quand même des gens qui ont décidé de ne pas reporter leur paiement. Mais lorsque le comité des finances a pris cette décision-là, il était conscient qu’il y aurait un coût relié au report du paiement de taxes », relève le DG de la Ville.

Mises à pied et rappels

En contrepartie, les mises à pied réalisées au sein du personnel de la Ville, dont plusieurs auprès d’employés permanents, se sont traduites par des économies sur la masse salariale. Ces économies n’étaient toutefois pas l’objectif recherché, insiste Michel Pinault. Cette décision a été prise afin de respecter les consignes émises par le gouvernement québécois, rappelle-t-il.

« Les recommandations gouvernementales étaient de maintenir les services essentiels. On a vraiment gardé les gens qui oeuvraient à ces services pour les citoyens. Ce n’était pas une question monétaire de mettre les gens à pied, parce que ça n’a pas été plaisant de le faire », renchérit Jocelyn Dupuis.

Près de 200 employés de la Ville, soit 46 % du personnel, ont été mis à pied de façon temporaire et sans solde.

Cela dit, certains ont commencé à être rappelés au travail. Plus d’une quinzaine d’employés des travaux publics, sur les 24 mis à pied, ont repris le boulot. Même chose pour plus d’une dizaine de cols blancs, notamment au service d’urbanisme, alors que celui-ci est très sollicité par les citoyens à cette période-ci de l’année.

« On fait aussi les rappels (d’employés) au rythme des annonces du premier ministre François Legault. La reprise des chantiers de construction résidentielle a par exemple incité le rappel du personnel technique affecté à ces tâches-là », note le directeur général de la Ville.