La PDG de la Fondation du CHU Sainte-Justine, Maud Cohen, est une des initiatrices du comité directeur du Fonds - Ligne de front.
La PDG de la Fondation du CHU Sainte-Justine, Maud Cohen, est une des initiatrices du comité directeur du Fonds - Ligne de front.

Des fondations hospitalières s’unissent pour contrer la COVID-19

L’union fait la force, dit le proverbe. C’est d’autant plus vrai en cette période de pandémie, alors que des membres du personnel médical mènent sans relâche un combat contre la COVID-19. Afin de les épauler dans cette bataille, des dizaines de fondations d’hôpitaux à travers le Canada, dont plusieurs au Québec, ont mis sur pied le Fonds - Ligne de front.

La Fondation du Centre hospitalier de Granby est du nombre des participants. Les millions de dollars mis en commun serviront notamment à fournir du matériel de protection aux effectifs sur le terrain et à soutenir des projets de recherche sur le coronavirus.

Trois grands donateurs ont permis au Fonds - Ligne de front de voir le jour en y injectant 8,5 millions $: la Fondation AMC a contribué à hauteur de 5 millions $, Aliments Maple Leaf a accordé 2,5 millions $ et le Groupe Financier Banque TD a investi 1 million $. Michael McCain, chef de la direction des Aliments Maple Leaf, est l’initiateur du projet.

«L’idée a pris naissance quand M. McCain a décidé de faire un don pour créer un fonds canadien dédié au système de santé dans la gestion de la COVID-19. Il a sollicité quelques fondations de centres hospitaliers et ça a rapidement fait boule de neige», a indiqué en entrevue la présidente-directrice générale de la Fondation du CHU Sainte-Justine, Maud Cohen, qui représente les fondations du Québec pour cette initiative.

Pour être admissibles, les hôpitaux doivent répondre à une série de critères, notamment d’avoir un minimum de 100 lits de courte durée. Mme Cohen a également milité pour que les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) soient éligibles.

«Les besoins sont énormes dans les hôpitaux à travers le pays, où le personnel se dévoue jour après jour pour soigner des gens atteints du coronavirus. Ici au Québec, la crise est particulièrement aiguë dans les CHSLD. C’est primordial de soutenir les effectifs dans ces établissements», a fait valoir la PDG.

Trois volets

Tant les entreprises que les citoyens peuvent contribuer au Fonds via le site lignedefront.ca. Un comité composé de directeurs de fondations à travers le pays s’occupera de la gestion. Les sommes amassées seront distribuées aux organisations inscrites, de façon bimensuelle, selon une formule basée sur le nombre de lits. En date de vendredi, près de 150 organisations avaient adhéré au projet.

Les sommes consenties pourront être investies dans trois créneaux. Le premier concerne les équipements médicaux. On parle notamment de protection individuelle, mais aussi de matériel de diagnostic, de respirateurs et d’infrastructures pour les télésoins, a énuméré Mme Cohen. «Et ces équipements sont dédiés au personnel, mais aussi aux patients», a-t-elle spécifié.

Le soutien est le second volet. «Ça peut avoir plusieurs facettes, a mentionné la représentante des fondations hospitalières québécoises. On peut donner des cartes-cadeaux, offrir du soutien en santé mentale et de l’hébergement à des travailleurs ou des familles qui en ont besoin durant la crise.»

La recherche est le troisième axe: «On travaille très fort dans des projets de recherche clinique pour des traitements ou encore pour développer un vaccin. On veut aussi évaluer les impacts de la COVID sur la santé à plus long terme», a indiqué Mme Cohen.

Notoriété

Selon la directrice générale de la Fondation du Centre hospitalier de Granby (CHG), Suzanne Surette, il était incontournable d’adhérer à l’initiative pancanadienne.

«C’est une occasion en or. On ne peut pas priver notre établissement d’une telle notoriété, mais également de ces sommes qui viennent de donateurs de partout au pays. Vraiment, c’est un projet qui tombe à point.»

L’argent que recevra la Fondation du CHG sera principalement injecté dans le support aux équipes de soins, selon «les besoins ponctuels», a fait valoir Mme Surette. «Je m’attends à ce que l’on puisse se procurer certains équipements. Ça peut être en anesthésie ou en inhalothérapie», a-t-elle cité en exemples.

Une partie des sommes accordées via le Fonds ira également à la recherche, qui prend une place importante au CHG. Des projets sont en marche en cardiologie, en neurologie et en urologie. Des déclinaisons liées à la COVID sont envisagées, a mentionné la DG de la Fondation.