Des flèches ont été peintes sur les trottoirs de la rue Principale à Sutton. Les marcheurs qui ne les respectent pas ne s’exposent toutefois pas à des sanctions.
Des flèches ont été peintes sur les trottoirs de la rue Principale à Sutton. Les marcheurs qui ne les respectent pas ne s’exposent toutefois pas à des sanctions.

Des flèches et un stationnement mettent en colère des Suttonnais

Des flèches blanches ont fait leur apparition sur les trottoirs de la rue Principale, à Sutton, cette semaine. Ces marques font partie de la deuxième phase du plan de relance de la Ville, critiqué par plusieurs sur les réseaux sociaux.

La municipalité tente en effet d’instaurer un sens unique sur les trottoirs pour éviter les croisements et assurer le respect de la distanciation physique entre les marcheurs et les clients des commerces et restaurants qui rouvriront.

« De telles flèches deviennent de plus en plus communes dans divers lieux (magasins, épiceries, autres villes), explique par courriel le greffier Jonathan Fortin. La Ville est à vérifier à assouplir ses règles pour faciliter l’installation de terrasses sur les trottoirs. Évidemment, aucun règlement précis quant aux flèches n’oblige les gens à respecter les directions. Cependant, nous souhaitons la collaboration de tous. »

Quarante-trois cases de stationnement, entre les rues Académie et Pine, seront retirées temporairement. Des bollards et des pots de fleurs seront installés dans la rue afin d’élargir et de délimiter la zone piétonne.

Une citoyenne de Sutton a avisé La Voix de l’Est que le marquage sur la rue Principale venait pourtant tout juste d’être fait, au début du mois. Me Fortin indique que le fournisseur a été avisé la veille des travaux de ne pas faire les lignes de stationnement immédiatement sur la rue Principale. Il a tout de même procédé aux travaux.

« Cependant, ce marquage annuel demeure utile pour cet automne et cet hiver lors du retrait des bollards », répond le greffier. Il précise qu’il n’y a pas de montant attitré à ce marquage spécifique dans le contrat avec le fournisseur.

Les voitures à la Filtex

Un stationnement temporaire de quarante-huit cases sera aménagé en gravier sur l’ancien site de l’usine Filtex. Un budget de 60 000 $ a été prévu pour ce stationnement. Le reste de l’argent pigé dans le bas de laine de la Ville, soit 20 600 $, sert à appliquer le reste des mesures de la phase 2.

Un appel d’offres sur invitation a été lancé lundi dernier et l’ouverture des soumissions aura lieu le 19 juin. « Il est à croire que nous devrons effectuer une séance extraordinaire le 22 juin pour l’adjudication du contrat, selon la valeur des soumissions, ajoute Me Fortin. Les travaux pourront débuter par la suite. »

Selon la Ville, ces actions visent à répondre au cri du cœur lancé par des commerçants qui sont en situation précaire.

« La rue Principale et ses rues limitrophes sont les lieux de rassemblement et d’accueil où se trouvent les entreprises de proximité qui répondent aux besoins des citoyens et attirent les visiteurs, indique par communiqué le maire Michel Lafrance. On veut protéger, rassurer et redonner confiance aux citoyens et visiteurs de sortir, magasiner et acheter local, ici chez nous, tout en respectant les directives de distanciation physique et les mesures sanitaires qui seront vraisemblablement maintenues durant encore plusieurs mois. »

Rencontre citoyenne

Une rencontre citoyenne a été tenue jeudi soir sur le site de l’ancienne Filtex. Environ 35 personnes ont répondu à l’invitation de la citoyenne Mélanie Demers, opposée à la transformation du site de la Filtex en stationnement temporaire. Elle craint que ce stationnement ne devienne permanent et qu’il provoque une augmentation du trafic dans la rue Western, où les automobilistes devraient se diriger pour sortir du stationnement. Cette décision a été prise par le comité de relance, mais ni les citoyens ni la table d’orientation du noyau villageois n’ont été consultés.

Les citoyens n’ont pas réussi à obtenir l’estimation des coûts pour le démantèlement du stationnement ni le moment où ce démantèlement pourra se faire en lien avec la pandémie et la crise économique qu’elle a provoquée. Cette absence de réponse ne fait qu’amplifier les craintes des citoyens qui aimeraient voir, sur ce site, un projet plus structurant qu’un stationnement. 

La Voix de l’Est a aussi posé la question, vendredi, au greffier. « Il s’agit d’un coût relativement nul, car il y aura revalorisation du matériel retiré du stationnement pour l’utilisation sur nos routes et autres besoins. Quant à la date de retrait du stationnement, il y a deux facteurs, soit la fin de la pandémie et/ou la réalisation d’un projet. Le projet proviendra évidemment des résultats de la table de concertation sur l’aménagement culturel du noyau villageois. »

Ouverture

Le maire, le directeur du Service de sécurité incendie Donald Mireault et le directeur général de Sutton, Pierre Largy, étaient présents à la rencontre. Le maire a d’ailleurs répondu aux questions, selon le résumé qui a été fait en ligne. Il aurait laissé entendre que le projet pourrait être bonifié, sans en changer la base, cependant.

« La Ville semble ouverte à écouter les citoyens. Surtout ceux directement concernés, laisse entendre Mélanie Demers. La grande majorité des citoyens présents n’étaient pas du tout en faveur de ce projet, mais ils sont tout de même ouverts à quelques stationnements en périphérie du “parc des bobines” comme dans toutes les rues. Ils ne sont pas ouverts du tout à ce que le trafic soit dirigé vers une rue résidentielle déjà très achalandée. Je suis outrée en rapport à cette décision prise sans aucune collaboration avec les citoyens, surtout ceux directement concernés par le trafic occasionné et parce que les membres de ce comité n’ont étudié aucune autre alternative, alors qu’un citoyen directement sur la rue Principale a un terrain à vendre adjacent au stationnement déjà existant ! »

Ce terrain serait déjà préparé pour accueillir un stationnement.

Rappelons que 141 000 $ ont été pigés dans le surplus accumulé non affecté jusqu’à présent pour la mise en application du plan de relance, ce qui représente le quart du bas de laine de Sutton. Le conseil ne prévoit pas couper dans les dépenses prévues dans le budget de 2020 pour amoindrir les effets de la pandémie sur le budget de la ville.