Sophie Audet a lancé une initiative communautaire dans le but de coudre des bonnets réutilisables pour le personnel de l’Hôpital Montfort.
Sophie Audet a lancé une initiative communautaire dans le but de coudre des bonnets réutilisables pour le personnel de l’Hôpital Montfort.

Des couturières d’Aylmer en renfort à l’Hôpital Montfort

L’Hôpital Montfort compte depuis quelques jours sur un important coup de pouce d’une origine en apparence invraisemblable pour obtenir certains équipements médicaux de protection. Un groupe de résidents du secteur Aylmer à Gatineau unit ses forces pour coudre des bonnets de protection.

L’initiative vient de Sophie Audet, éducatrice clinique à l’Institut du Savoir Montfort (ISM) et résidente du secteur Aylmer. Elle s’est tournée vers la page Facebook « Buy Nothing » de son quartier il y a quelques jours après avoir constaté que les bonnets de protection ne pouvaient être portés par tout le personnel en temps de pandémie de la COVID-19, pour éviter une pénurie de matériel.

« L’hôpital demande plutôt aux employés de laver leurs cheveux tous les jours, pour s’assurer qu’on n’y trouve pas de gouttelettes. Ce n’est pas vraiment possible pour tout le monde par contre. Certaines portent des rallonges, tandis que d’autres font de l’eczéma », explique Mme Audet.

Plutôt qu’utiliser des bonnets de protection jetables, réservés aux interventions à haut risque d’expulsion de gouttelettes comme les intubations et les réanimations cardiaques, ces chapeaux réutilisables sont nettoyés chaque jour, à la fin du quart de travail de ceux ou celles qui les portent.

C’est en désespoir de cause et pour aider ses collèges qui vivaient un profond inconfort que Sophie Audet a lancé un pavé dans la mare sur les réseaux sociaux. Elle était loin de s’attendre à ce qu’une quarantaine de personnes offrent de coudre ces chapeaux.

« Tout le monde veut pouvoir participer, ils se sentent bien, explique l’éducatrice clinique à l’ISM. Certains mettent des petites cartes dans les chapeaux pour remercier les professionnels de la santé. »

Mme Audet attribue le succès de l’initiative aux ressources limitées nécessaires pour fabriquer ces bonnets, soit une machine à coudre et des morceaux de tissus qui ne servent plus. Elle dit en avoir fait quelques-uns avec une vieille chemise de son conjoint. Au total, elle a livré 110 chapeaux à l’Hôpital Montfort jusqu’à maintenant.

« Je veux dire à ces gens qu’ils font une différence. Chaque fois que je fais une livraison, pour les infirmières à l’unité, on dirait que c’est un peu comme Noël. Elles les portent et se trouvent belles, raconte Sophie Audet. Le geste est vraiment apprécié par tout le monde. »