La clientèle de Rachelle Singh au studio de yoga À la porte verte était composée à 25% d’Américains. La pandémie lui fait craindre de tous les perdre...
La clientèle de Rachelle Singh au studio de yoga À la porte verte était composée à 25% d’Américains. La pandémie lui fait craindre de tous les perdre...

Des clients à reconquérir

Ce n’est pas un secret : la principale activité économique à Sutton est le tourisme et plusieurs de ces touristes proviennent des États-Unis. Qu’ils soient visiteurs d’une journée ou pour plus longtemps, la fermeture de la frontière canado-américaine a un impact qui pourrait se faire sentir bien après la crise.

C’est ce que craint Rachelle Singh, puisque 25 % de la clientèle qui fréquente son studio de yoga, À la porte verte, provient du Vermont. Pour plusieurs Américains, son studio est plus proche que l’équivalent américain le plus près, situé à St. Albans. Ils viennent donc de Jay ou de Montgomery, par exemple, pour pratiquer leur activité préférée.

Depuis quelques semaines, elle a mis sur pied un horaire de cours en ligne avec son studio principal, Satya Yoga, à Bromont, afin de garder un minimum de revenus et pour satisfaire ses clients. Par contre, la majorité des enseignants de Bromont ne sont pas assez à l’aise dans la langue de Shakespeare pour offrir des cours bilingues.

« Mes clients du Vermont ont embarqué au début, mais je les ai tous perdus au moment du réabonnement deux semaines après, raconte Mme Singh. Dans le monde des affaires, quand on est fermé, le plus important est de garder contact avec les clients. Maintenant que j’ai perdu ce contact avec ceux du Vermont, je ne sais pas s’ils vont revenir... »

Elle se demande également si le yoga sera assez important pour eux une fois que la frontière sera rouverte, au point de faire 30 minutes de voiture pour une pratique. La yogi et femme d’affaires est toutefois prête à lancer un plan de marketing plus agressif, lorsque ce sera le bon moment, pour tenter de les séduire de nouveau.

Elle-même a amorcé un virage pour sa boutique. Avant, elle achetait de la marchandise, comme des vêtements de yoga, d’une entreprise américaine de Richford, près d’Abercorn.


« [...] Dans le monde des affaires, quand on est fermé, le plus important est de garder contact avec les clients. Maintenant que j’ai perdu ce contact avec ceux du Vermont, je ne sais pas s’ils vont revenir... »
Rachelle Singh

« Depuis le début de la pandémie, je pense à restructurer ma boutique pour proposer des produits canadiens et, surtout, québécois. J’ai trouvé de super beaux vêtements du Québec, alors je vais sûrement annuler mon compte [chez le distributeur américain]. Je veux tellement que l’économie canadienne reprenne de la force ! Alors même si c’est plus cher, je vais adopter ce virage. »

À la porte verte et Satya Yoga se préparent à une réouverture éventuelle des studios. Certaines mesures ont déjà été pensées et communiquées.

Un nombre maximal de clients sera accepté et ceux-ci n’auront pas accès au matériel prêté ni aux vestiaires.