Des personnes âgées retournent directement dans leur résidence pour aînés après avoir été hospitalisées, sans avoir été testées pour le coronavirus.
Des personnes âgées retournent directement dans leur résidence pour aînés après avoir été hospitalisées, sans avoir été testées pour le coronavirus.

Des aînés hospitalisés retournés en résidence sans être testés

Des personnes âgées retournent directement dans leur résidence pour aînés après avoir été hospitalisées, sans avoir été testées pour le coronavirus

Des gestionnaires de résidences privées pour aînés dénoncent les autorités sanitaires régionales qui ne respectent pas les consignes du gouvernement Legault.

La semaine dernière, la ministre de la Santé, Danielle McCann, avait pourtant rappelé que les directives étaient claires concernant le retour des aînés en milieu de vie après hospitalisation : il faut qu'ils soient testés et qu'ils soient négatifs avant de réintégrer ces milieux de vie.

Or, lundi, le gestionnaire d'un grand groupe de résidences pour aînés a accusé les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et les Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) de bafouer les règles.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, il a relaté que vendredi, un centre hospitalier a donné son congé à un résident qui a donc voulu tout bonnement rentrer chez lui, sans même avoir été testé. Après des négociations ardues, l'hôpital a accepté de faire le test.

«On a refusé qu'il vienne, on l'a intercepté avant son entrée, on a demandé un test de COVID-19», a raconté mardi le gestionnaire, qui a requis l'anonymat, de crainte de s'exposer aux représailles des CISSS et des CIUSSS.

Or le résultat est tombé dimanche : la personne a bel et bien été infectée et donc si elle n'avait pas été stoppée, elle serait retournée dans la résidence, et même avec l'isolement de 14 jours, aurait été considérée comme un cas d'une éclosion dans la résidence.

«J'étais assez en colère, on aurait “rentré” un cas de COVID-19 qui vient en fait de l'hôpital, a confié le directeur. C'est une situation assez critique.»

Ce haut responsable déplore qu'il ait fallu à quelques reprises négocier ferme, notamment avec un urgentologue réfractaire, parce que cette situation s'est répétée à quelques reprises. Il a expliqué que dans un cas, le résident était même revenu chez lui malgré tout.

«Après maintes discussions, à bout de bras, on a réussi à retourner le résident à l'hôpital en attendant le résultat du test.»

Le gestionnaire tient à souligner que son groupe, qui possède des établissements partout au Québec, a mis des pratiques de contrôle sanitaire exemplaires et que les deux seuls cas de coronavirus confirmés dans ses résidences proviennent d'ailleurs d'une contamination survenue à l'hôpital.

«Il y a une directive (du gouvernement) que les gens sur le terrain n'ont pas l'air à vouloir suivre», a-t-il conclu.

La semaine dernière, le gestionnaire d'un autre groupe de résidences, dans Lanaudière, avait également rapporté un cas semblable : une personne avait réintégré son domicile et après coup, un test avait révélé qu'elle était atteinte du coronavirus.

En conférence de presse la semaine dernière, Mme McCann avait déclaré que «les gens qui retournent en milieu de vie (...) doivent être testés et négatifs avant de réintégrer ces milieux de vie. C'est un premier critère de dépistage qu'on se donne maintenant pour éviter, justement, la contagion.»