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Le premier ministre François Legault a annoncé ce début de déconfinement, mardi en fin de journée, dans un point de presse très attendu tenu à Québec.
Le premier ministre François Legault a annoncé ce début de déconfinement, mardi en fin de journée, dans un point de presse très attendu tenu à Québec.

Début de déconfinement: «La bataille n’est pas finie», refroidit Legault

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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À compter de lundi prochain, magasins, centres d’achats, salons de coiffure et musées rouvriront leurs portes partout au Québec. Les étudiants pourront remettre les pieds dans les cégeps et les universités, tandis que les activités extérieures en petit groupe seront de nouveau permises. Dans six régions, on pourra même recommencer à aller au restaurant et au gym jusqu’à 21h30.

Le premier ministre François Legault a annoncé ce début de déconfinement, mardi en fin de journée, dans un point de presse très attendu tenu à Québec. Les nouvelles mesures entrent en vigueur le 8 février, et ce, pour au moins deux semaines.

«On arrive à la conclusion que, oui, on peut faire un petit déconfinement, mais il faut y aller d’une façon très graduelle. Il faut y aller lentement pour être capables de se donner une chance dans les hôpitaux du Québec», a déclaré M. Legault, dans une allocution où il tentait souvent de refroidir les espoirs trop enflammés par l’annonce.

«La bataille n’est pas finie, on s’en va dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup, beaucoup d’efforts à faire», a-t-il insisté.

Retour du système de paliers d’alerte représenté par un code de couleurs. Sauf que 9 Québécois sur 10 habitent encore en zones rouges.


« On arrive à la conclusion que, oui, on peut faire un petit déconfinement, mais il faut y aller d’une façon très graduelle »
Le premier ministre François Legault

Donc, réouverture des magasins de produits non essentiels, centres commerciaux, salons de soins personnels, musées et écoles postsecondaires. Les activités extérieures redeviennent permises à quatre, peu importe la provenance.

Mais «pour l’ensemble du Québec, ça s’arrête là», a vite freiné M. Legault. «On garde le couvre-feu, on garde l’interdiction des visites dans les maisons, on garde le télétravail obligatoire. On garde les restaurants, théâtres, cinémas fermés. Sauf pour six régions.»

Plus de liberté pour les 10 %

La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec sont promus en zone orange. 

Six régions où la transmission du virus est au plus bas et la situation hospitalière stabilisée. À six, elles ont dénombré 128 nouveaux cas de COVID-19 sur leur territoire au cours des neuf derniers jours, dont aucun en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, aucun dans le Nord-du-Québec et deux sur la Côte-Nord. Ensemble, on parle d’environ 850 000 citoyens, 10 % de la population québécoise.

En plus des assouplissements déjà accordés aux zones rouges, ces personnes auront droit de recommencer à fréquenter les salles à manger des restaurants en bulle familiale, aller s’entraîner dans les centres de conditionnement physique et pratiquer à l’intérieur des sports individuels seul ou à deux.

Le début du couvre-feu dans ces six régions sera de plus retardé à 21h30, contre toujours 20h ailleurs. Sans oublier que les activités extérieures pourront y être pratiquées en groupe de huit au maximum.

Les théâtres et les cinémas vont même reprendre leurs activités dans les zones orange à partir du 26 février.

Toutes ces réouvertures partielles ou complètes sont assorties d’une obligation très stricte de respecter plusieurs mesures sanitaires édictées par la Santé publique.

Les restaurateurs des six régions orange, par exemple, fonctionneront sur réservation et devront tenir un registre des visiteurs, pour faciliter le traçage en cas d’éclosion.

Le masque continue d’être obligatoire dans les lieux publics intérieurs.

La capacité d’accueil des centres d’achats, commerces et autres lieux publics sera limitée pour que chaque personne ou famille conserve sa bulle d’un rayon de 2 m.

«Dans les commerces, les gens portent le masque et gardent le 2 m, alors le risque n’est pas si élevé», a reconnu le premier ministre Legault.

Pas de contrôles routiers

Le passage en orange de plus de régions, comme celles de Québec, de l’Estrie ou de l’Outaouais, devra attendre malgré une baisse significative des nouveaux cas dans les dernières semaines.

«On voit aussi une amélioration dans la région de Québec, mais on n’a pas encore eu ce qu’on appelle une stabilité», a donné en exemple le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, comme toujours aux côtés du premier ministre Legault et du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

«La tendance est là, mais on n’a peut-être pas eu la stabilité qui nous permet de changer. La région de Québec est un bel exemple. Il y a eu une tendance très, très positive dans les derniers mois, mais on n’a pas encore une stabilité dans l’ensemble des indicateurs qu’on regarde, et c’est ça qui a guidé les recommandations qu’on a reçues de la santé publique.»

Même chose pour les sous-régions, comme Charlevoix. Les patients plus malades de Charlevoix se font soigner à Québec, donc difficile de séparer les deux comme cela avait pourtant été le cas à l’automne.

Pas question non plus de dresser des barrages routiers à la porte des régions orange, comme au printemps passé. M. Legault préfère voir les forces de l’ordre se concentrer à faire respecter le couvre-feu, «mesure drastique, mais très efficace», souligne-t-il.

Pas de contravention non plus pour les déplacements entre régions, toutefois fortement déconseillés. Surtout pour se rencontrer et mélanger les bulles familiales.

Sur une base volontaire

Quant aux cégépiens et universitaires qui espèrent retourner sur le campus bientôt, il semble que ce retour se fera de façon variable selon l’espace disponible et la bonne volonté de tous.

«Les cégeps, les universités ont une certaine autonomie. Les profs aussi ont une certaine autonomie, constate M. Legault. Donc, ce n’est pas si simple que ça. Mais on souhaite y aller graduellement, donc, au début, ça va être sur une base volontaire. Mais on veut s’assurer que les étudiants aient la possibilité le plus vite possible de retourner au moins une fois par semaine au cégep ou à l’université. Donc, on va suivre ce qui se fait dans chaque cégep, chaque université», explique le premier ministre, relançant la balle à sa ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, qui tiendra un point de presse jeudi pour éclaircir la question.

Le DArruda a quand même levé un coin du voile. «Ça ne sera pas ouvert n’importe comment. Il y a de la distanciation, les gens vont devoir porter des masques de procédure. Ce n’est pas le cégep d’avant la COVID-19, c’est le cégep avec des mesures qui sont mises en place.»