Le groupe Katasa a confirmé dimanche qu’un cas de COVID-19 avait été détecté dans sa résidence pour aînés Village Riviera, à Gatineau.
Le groupe Katasa a confirmé dimanche qu’un cas de COVID-19 avait été détecté dans sa résidence pour aînés Village Riviera, à Gatineau.

COVID-19: un cas confirmé au Village Riviera du groupe Katasa

Le groupe Katasa a confirmé dimanche qu’un cas de COVID-19 avait été détecté dans sa résidence pour aînés Village Riviera, à Gatineau.

L’entreprise gatinoise précise qu’un des employés de l’aile de soin de l'établissement situé sur la rue Saint-Louis dans le secteur Gatineau, a été infecté par le coronavirus.

«Depuis, cet employé est en isolement, toutes les aires communes ont été désinfectées et tous les collègues de cet employé ont été avisés de subir le test de dépistage de la COVID-19», a indiqué le groupe Katasa, dimanche, par voie de communiqué.

L’entreprise propriétaire du Village Riviera ajoute que «la température de tous les résidents est prise à différents moments de la journée, afin de s’assurer qu’ils ne développent pas les symptômes associés à cette maladie».

«Nous demandons à notre équipe de respecter les mesures de protection pour le personnel soignant afin d’éviter les risques de contagion tout en continuant d’assister nos résidents tout au long de cette période exceptionnelle. Des efforts supplémentaires sont également déployés pour identifier des cas à risque et prendre des mesures préventives d’isolement au besoin», a déclaré la directrice du Groupe Katasa, Katherine Chowieri, toujours par communiqué.

L’entreprise assure qu’aucun cas de COVID-19 n’a été détecté auprès de son personnel ou de ses résidents du District Aylmer et de la Résidence de l’Île, ajoutant que «tous les protocoles de santé publique appropriés sont pris afin de réduire les risques de contagion».

Le groupe Katasa, basé à Gatineau, est au coeur d'une controverse après que 31 personnes sont décédées dans la résidence du groupe à Dorval au cours des dernières semaines.

Surprise chez les résidents 

À la résidence Village Riviera, des résidents se sont dits surpris d’apprendre la nouvelle par le biais des médias.

«Je me sens un peu tiraillée. Il me semble qu’on aurait dû être avertis dès qu’ils l’ont su», a déploré une résidente du Village Riviera en entrevue avec Le Droit.

La résidente affirme qu’elle a été mise au courant qu’un cas de COVID-19 avait été confirmé vers 17h15 dimanche, soit plusieurs heures après que les médias eurent été informés de la nouvelle.

«Je trouve que ça a pris du temps avant qu’on nous avertisse. Ils l’ont appris [samedi] qu’un employé était infecté. Les médias ont reçu un communiqué à ce sujet avant même que les résidents soient mis au courant. Je pense qu’on aurait dû le savoir avant.»

À la lumière de ces nouvelles informations, la résidente en question, qui demeure dans une des ailes pour les personnes autonomes, a affirmé au Droit qu’elle pensait quitter son logement le temps de la crise pour aller s’installer chez un de ses enfants.

Dans la lettre distribuée aux résidents, dont Le Droit a obtenu copie, le groupe Katasa annonce la mise en place d’un nouveau protocole de prévention au Village Riviera.


« Les médias ont reçu un communiqué à ce sujet avant même que les résidents soient mis au courant. Je pense qu’on aurait dû le savoir avant. »
Une résidente du Village Riviera

Parmi ces nouvelles mesures de sécurité, on retrouve notamment des restrictions au niveau des visites. 

«Au cours des prochains jours, nous allons maintenir et même intensifier les mesures suivantes: mesures de protection et d’hygiène à l’entrée pour chaque visiteur autorisé; contrôle des sorties afin d’éviter une contamination communautaire extérieure; maintien de la distanciation sociale entre les résidents et les employés; nettoyage de tous les colis livrés à la résidence incluant les produits alimentaires.»

«On se tient responsable de vous tenir au courant de tout ce qui se passe et vous communiquera dès qu’il y aura des développements importants à vous transmettre», peut-on lire dans la lettre envoyée aux résidents de la résidence.

Le groupe Katasa ajoute qu’une infolettre électronique a aussi été créée pour les résidents du Village et leurs proches afin qu’ils puissent demeurer informés des derniers développements.

Pas de commentaires sur le CHSLD Herron

Le groupe Katasa se fait toujours avare de commentaires quant à la crise qui sévit présentement au CHSLD Herron, dont il est propriétaire.

Samedi, le premier ministre François Legault a révélé que 31 personnes sont décédées dans la résidence du groupe à Dorval, depuis le 13 mars. Au moins cinq de ces décès seraient liés à la COVID-19. M. Legault a exigé des visites immédiates dans tous les établissements du groupe Katasa, demandant que cette directive s’applique à tous les CHSLD privés non conventionnés de la province.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a indiqué au Droit, samedi, que des visites avaient été effectuées dans les trois résidences gatinoises appartenant au groupe Katasa. Le CISSSO a confirmé dimanche dans un courriel à l’intention du Droit que «rien de majeur n’a été soulevé lors des visites. Nous avons une bonne collaboration des exploitants». Aucun autre détail n’a été fourni concernant ces visites.

Le groupe Katasa est propriétaire de sept établissements au Québec. Outre les trois résidences gatinoises et le CHSLD Herron, à Dorval, le groupe possède aussi la résidence Le Riverain de Granby, le Manoir Pierrefonds et le Marquis de Tracy à Sorel-Tracy.

Rappelons que le CHSLD Herron de Dorval fait présentement les frais d’une enquête de l’Unité des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal.

Le Bureau du coroner a aussi confirmé dimanche qu’il ouvrait une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances de cette affaire.