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COVID-19: Québec révolutionne le traitement en oxygénothérapie [VIDÉO]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Les patients atteints de la COVID ou de tout autre problème respiratoire qui nécessite une hospitalisation seront désormais mieux traités grâce à des chercheurs québécois. Unique au monde, l’appareil FreeO2 de l’entreprise OxyNov permet une guérison plus rapide, sécuritaire, et réduit le temps de séjour à l’hôpital.

Le prototype est né il y a 12 ans en collaboration avec les chercheurs de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ). Après y avoir investi 5 millions$, l’appareil FreeO2 est maintenant prêt à une commercialisation à grande échelle.

«En cent ans, l’oxygénothérapie n’a jamais évolué, raconte le docteur François Lellouche. Le problème est que le traitement actuel n’est pas ajusté de manière optimale. Notre appareil permet une oxygénation constante selon les besoins du patient», explique-t-il. Ainsi, une infirmière n’aura plus à passer du temps précieux à surveiller et à documenter l’oxygénation d’un patient. La machine le fait automatiquement. 

Trop comme pas assez d’oxygène peut tuer, rappelle le médecin, d’où l’importance de moduler de façon précise la quantité administrée au patient selon son état. Du coup, le traitement devient également plus sécuritaire.

«Un patient passe la moitié de son séjour à se sevrer de l’oxygène. On pense que le patient pourrait terminer son sevrage à la maison», souligne pour sa part le docteur Mathieu Simon, chef de l’unité des soins intensifs de l’IUCPQ. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’entreprise OXyNov souhaite aussi commercialiser des appareils, pouvant être utilisée à domicile. Quelque 500 000 Canadiens ont actuellement des traitements en oxygénothérapie à la maison.

«En cent ans, l’oxygénothérapie n’a jamais évolué, raconte le docteur François Lellouche. Le problème est que le traitement actuel n’est pas ajusté de manière optimale.

Mais pour l’heure, c’est le marché institutionnel qui intéresse l’entreprise. L’IUCPQ possède déjà 30 appareils sur les 300 répartis dans le monde. Une étude faite auprès de 1000 patients de l’Institut révèle que le séjour moyen diminue d’une journée et demie à deux jours, soit 29% du temps d’hospitalisation. 

«Avec les anciens appareils, le réflexe est de mettre un peu plus d’oxygène. Avec FreeO2, les patients sont sevrés plus rapidement et le retour à domicile est plus rapide», insiste encore le docteur Simon.

«Le marché potentiel est immense», assure Patrice Allibert, chef de la direction d’OxyNov. Nous visons le marché québécois des hôpitaux, celui à l’échelle canadienne, puis mondial. Chaque appareil se vend environ 10 000$. Le retour sur l’investissement est rapide quand on sait qu’une nuit à l’hôpital coûte 3000$. On peut dire que trois patients paient une machine, en plus de libérer des lits pour d’autres patients», illustre-t-il.

Le FreeO2 devient plus qu’essentiel dans le contexte de la pandémie actuelle. L’oxygénothérapie est le traitement numéro un contre la covid. Il devrait donc intéresser les établissements de soins de santé de partout dans le monde.

La Ville de Québec a investi 229 000$ avec son programme de vitrine technologique. La Fondation de l’IUCPQ a injecté 333 000$.

Le logo de l'entreprise OxyNov