Sophie Bessette des Jardins funéraires Bessette localisés à Granby, Waterloo, Bromont et Valcourt

COVID-19: plusieurs funérailles reportées à Granby

S’il y a un domaine où les traditions se trouvent complètement bouleversées par la crise de la COVID-19, c’est bien celui des rites funéraires. Ces jours-ci, les familles endeuillées doivent faire preuve de résilience et accepter de dire adieu à la personne aimée de façon différente. Plusieurs choisissent de repousser les funérailles.

Les propriétaires de complexes funéraires de la région font en effet face à une situation jamais vue, à laquelle ils tentent de s’adapter du mieux possible. Tout en proposant à leurs clients des solutions à la fois réalistes et bienveillantes. 

« Quand tu vis un deuil, tu ne devrais pas avoir à vivre cela, laisse tomber Julie Girardot du Complexe funéraire Girardot & Ménard de Granby. En période de deuil, on a besoin de se sentir réconfortés, et les gens sont coupés de ça en ce moment. » Ceci étant dit, elle et ses pairs comprennent l’importance de prendre des mesures strictes pour éviter la propagation. 

Devant l’interdiction de rassemblements, même modestes, et depuis l’annonce que les églises ne tiendront plus de célébrations, plusieurs cérémonies plus traditionnelles sont reportées à une date ultérieure. « On demande aux familles ce qu’elles veulent faire. Ici, les quatre funérailles de samedi sont annulées et remises. Quand le cours normal des choses reprendra, je vais les rappeler », ajoute Mme Girardot.

Même chose aux Jardins funéraires Bessette où des demandes de reports ont été formulées. 

Au Complexe funéraire LeSieur de Granby, deux funérailles sur trois n’auront finalement pas lieu au cours des prochains jours. « Ça peut être dur pour les gens de repousser les funérailles, car ça étire le processus de deuil », fait remarquer Éric LeSieur.

Il faut savoir que certaines normes régissent le domaine funéraire. Il est possible d’exposer une dépouille à l’intérieur d’une période de 30 jours. Entre 30 et 60 jours après le décès, le cercueil doit être fermé. Au-delà de ce délai, explique Julie Girardot, le corps doit être inhumé ou incinéré.

Éric LeSieur

Stricte intimité

Quant aux proches qui décident d’honorer leur être cher sans attendre, ils doivent consentir à d’importants sacrifices. Tous les goûters d’après-funérailles sont notamment interdits jusqu’à nouvel ordre. Les salons funéraires demandent également à leurs visiteurs de se désinfecter les mains, d’éviter les contacts physiques, de respecter une distance minimale entre eux... Même les fauteuils sont maintenant espacés d’un mètre.

« Étant donné qu’on doit limiter le nombre de personnes, on conseille aux familles de faire la cérémonie sur place, mais de façon très intime. Si elles sont à l’aise avec l’idée », affirme Sophie Bessette du complexe du même nom. Pour éviter d’attirer les foules, il est même parfois suggéré de ne pas annoncer le décès, ajoute-t-elle. Il est alors possible aux gens d’envoyer des témoignages de sympathie par courriel, courrier ou via le web, plutôt qu’en personne.

Il est même possible que les visites de la famille immédiate et des proches au salon se déroulent par mini-groupes à des heures définies, note Julie Girardot. 

Les deux dames rappellent que lors de ces célébrations privées, seuls les prêtres et les agents de pastorale de moins de 70 ans sont désormais autorisés à les animer. Nouvelle réalité oblige.

Éric LeSieur offre par ailleurs des cérémonies virtuelles comme solution à la crise. Tenues à huis clos dans la plus stricte intimité et directement au complexe, elles permettent aux connaissances d’y assister sans devoir se déplacer.

Oui, cette période trouble pourrait nuire aux affaires de leurs établissements, notamment en raison de la réduction des services offerts, mais tous conviennent de l’importance de se montrer flexibles face aux besoins des familles.