La pandémie de COVID-19 a mené à l’instauration d’un cessez-le-feu temporaire entre le Parti communiste des Philippines et le gouvernement du pays.
La pandémie de COVID-19 a mené à l’instauration d’un cessez-le-feu temporaire entre le Parti communiste des Philippines et le gouvernement du pays.

COVID-19: même des conflits armés prennent une pause

NEW YORK — L’ONU, qui avait réclamé lundi un cessez-le-feu général dans tous les pays en conflit dans le monde pour mieux combattre la pandémie de COVID-19, s’est félicitée jeudi d’avoir été entendue par des groupes armés au Cameroun et aux Philippines, ainsi que par les belligérants au Yémen.

Émissaire de l’ONU pour le Yémen, ravagé par la guerre depuis plus de cinq ans, Martin Griffiths a souligné dans un communiqué être «réconforté de voir les réponses positives à l’appel du secrétaire général à un cessez-le-feu à la fois du gouvernement du Yémen et d’Ansar Allah (les Houthis)».

«J’attends des parties qu’elles se tiennent à leurs paroles et mettent l’intérêt du peuple yéménite avant tout», a-t-il ajouté, réclamant une «réunion urgente» avec elles pour mettre en pratique le cessez-le-feu.

La guerre au Yémen oppose depuis plus de cinq ans les rebelles Houthis soutenus par l’Iran aux forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale et appuyée par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite. Elle s’est traduite par la plus grave crise humanitaire au monde.

«Nous accueillons favorablement le cessez-le-feu temporaire annoncé le 25 mars par les Forces de défense camerounaises du Sud (Socadef)», a déclaré pour sa part à New York le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point-presse quotidien. «Le secrétaire général (Antonio Guterres) appelle les autres groupes armés à faire de même» dans ce pays, a précisé le porte-parole.

«Long conflit»

Le groupe Socadef avait diffusé mercredi un communiqué annonçant l’arrêt des combats pour une durée de 14 jours. Mais la rébellion séparatiste anglophone au Cameroun est constituée d’une multitude de groupes, et leurs représentants, souvent à l’étranger, ne sont pas toujours en contact avec le terrain.

Mercredi, l’un des principaux groupes séparatistes, le British Southern Cameroons, a affirmé «ne pouvoir déclarer unilatéralement un cessez-le-feu» alors que l’armée régulière camerounaise était «toujours sur son territoire», selon un communiqué.

L’ONU demande à nouveau une «relance du dialogue sur toutes les questions pertinentes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun et la fin de la violence et de la souffrance humaine», a précisé jeudi son porte-parole.

Ces deux régions anglophones du Cameroun sont en proie à un conflit meurtrier entre l’armée et des rebelles séparatistes depuis près de trois ans. Les affrontements ont déjà fait plus de 3000 morts, dont de nombreux civils.

Cessez-le-feu temporaire

L’ONU s’est aussi félicitée du cessez-le-feu temporaire annoncé le 24 mars «par le Parti communiste des Philippines avec le gouvernement des Philippines». «Le secrétaire général encourage les parties à trouver une solution politique définitive afin de mettre un terme à leur long conflit», a précisé Stéphane Dujarric.

Il espère que ces cessez-le-feu «vont servir d’exemple dans le monde pour faire taire les armes et réunir les gens face à la menace mondiale du COVID-19».

Lundi, Antonio Guterres avait lancé un appel «à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde» afin de préserver, face à la «furie» du COVID-19, les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit.