COVID-19: la transmission communautaire force la révision des critères de dépistage au Québec

Comme c’est maintenant la transmission communautaire qui génère le plus de cas de COVID-19 au Québec, le ministère de la Santé a modifié les critères de priorisation des dépistages. Les voyageurs et les contacts de voyageurs ne sont désormais plus dans la mire de la santé publique.

Depuis jeudi, la priorité, ce sont «les personnes les plus à risque d’être hospitalisées ou de développer des complications à la suite de l’infection et celles qui occupent des fonctions stratégiques dans la lutte contre l’infection au Québec», confirme le ministère de la Santé dans un communiqué diffusé peu de temps après que le Dr Horacio Arruda eut abordé le sujet lors du point de presse quotidien du gouvernement.

Selon le ministère de la Santé, cette nouvelle approche «permettra de prendre de meilleures décisions cliniques et d’avoir un portrait épidémiologique plus représentatif des besoins réels du réseau de la santé et des services sociaux et de ses usagers». 

Les clientèles qui recevront un test de dépistage prioritaire sont les suivantes, en ordre de priorité: les patients hospitalisés et ceux qui se présentent à l’urgence qui ont un diagnostic clinique ou radiologique compatible avec la COVID-19; les professionnels de la santé symptomatiques en contact direct avec les patients, incluant les ambulanciers; les résidents des centres d’hébergement et de soins de longue durée et de résidences privées pour aînés symptomatiques ou exposés dans leur milieu de vie à une situation d’éclosion (au moins deux cas) ou de décès inattendu avec une cause respiratoire infectieuse suspectée; les personnes symptomatiques vivant en région éloignée, dans une communauté isolée ou issue des Premières Nations/Inuits, qui ont un accès limité à un hôpital; les premiers répondants ou les travailleurs du système de sécurité publique symptomatiques et les autres travailleurs fournissant des services essentiels; et enfin, certaines personnes symptomatiques de la communauté, sur recommandation directe du directeur de santé publique.

Près de 100 cliniques désignées d’évaluation seront également mises en place au sein des cliniques existantes, dont un peu plus de 50 d’entre elles sont déjà actives, mentionne par ailleurs le ministère de la Santé dans son communiqué.

«Celles-ci auront le mandat de procéder à l’évaluation médicale de tout patient qui désire une consultation médicale de première ligne et qui présente des symptômes d’allure grippale, de gastroentérite ou s’apparentant à ceux de la COVID-19. Des mesures d’atténuation de la transmission de la COVID-19 et des corridors spécifiques y seront établis. Le dépistage sera à présent réalisé dans ces cliniques d’évaluation. Cela permettra de concentrer l’offre de services dans un même endroit et d’assurer une réponse plus complète aux besoins des patients», détaille le ministère 

Toute personne, inscrite ou non inscrite à un médecin de famille, qui a de tels symptômes et qui a, ou pense avoir, un besoin de consultation en médecine de famille devra téléphoner au 1 877 644-4545 ou au numéro correspondant à l’indicatif régional de son domicile, afin d’obtenir une évaluation clinique par une infirmière pour être ensuite dirigée vers la ressource adéquate, ajoute le ministère.