Émilie Reid et Aurélie Paré se sont connues dans le cadre d’un échange étudiant. Présentement à Granby, Émilie, qui vient de Kamloops, devra sans doute écourter son séjour chez nous.

COVID-19: la fin des échanges étudiants

Depuis début février, Émilie Reid se familiarise avec la culture québécoise. Venue de Kamloops dans le cadre d’un échange étudiant, la jeune fille de 15 ans a découvert la Ville de Québec et mangé de la poutine. Efficace, sa famille d’accueil l’a même déjà initiée à la cabane à sucre. Toutefois, la visite au Zoo de Granby et le voyage de fin d’année à New York et Washington avec ses camarades de l’école l’Envolée risquent d’être compromis. Avec la pandémie qui sévit, son séjour sera sans doute écourté.

« C’est plate qu’il y ait ce virus », lance Émilie, hébergée chez la famille Paré de Granby. Lundi, elle et son entourage attendaient les dernières directives en vue de son rapatriement en Colombie-Britannique.

« Je parle à mes parents, et on dirait que c’est plus grave là-bas, vers Vancouver, poursuit-elle. Je suis triste de partir, car je vais avoir fait seulement la moitié de l’expérience. Je ne veux pas partir, mais si c’est ça, j’ai pas le choix. »

Au total, une vingtaine d’élèves venus autant du Canada anglais que de l’étranger se trouvaient jusqu’à tout récemment au Québec à la suite d’une collaboration avec Échanges Azimut. Une quarantaine dans tout le Canada. Émilie, comme les autres voyageurs, doit toutefois se plier aux mesures mises en place pour freiner la course de la COVID-19.

À Granby seulement, six jeunes venus d’Espagne et fréquentant depuis février les écoles secondaires l’Envolée, J.-H.-Leclerc et Verbe Divin de Granby, et l’école Jean-Jacques Bertrand de Farnham, sont déjà repartis pour la Catalogne.

« Les parents étaient bien sûr en mode panique, car ils craignaient la fermeture des frontières », explique Katrin Languay, enseignante en anglais à l’Envolée et responsable du programme d’échanges dans son école.

Elle-même famille d’accueil pour une jeune Espagnole, Mme Languay se disait triste de la tournure des événements. « On est super positifs dans la vie, alors on suit les consignes, dit-elle. On est tristes, parce que ce n’était pas supposé se terminer comme ça... But, it’s the right thing to do ! »

Au moment de l’entrevue, toute la famille se préparait d’ailleurs à aller reconduire Christina Serrer De Guan à l’aéroport pour un dernier au revoir.

Il restait trois semaines au périple de la jeune fille de 15 ans en sol québécois.

« Elles auront chacune leur aventure à raconter, a ajouté Katrin Languay, car quand Sarah était en échange cet automne (chez Christina), il y avait des manifestations à Barcelone. Sa mère nous appelait pour nous dire que tout allait bien, qu’ils n’étaient pas dedans ! »

« C’est clair qu’on subit tout ça, mais on reste zen, dit-elle. On écoute. Émilie, pour la Colombie-Britannique, elle est stand-by. »

Relaxe malgré tout...

En attendant de savoir si elle retourne chez elle, Émilie, qui disait ne pas se sentir en danger, n’avait que de bons mots pour exprimer son passage au Québec. « J’aime ça ici, la vie est différente, a-t-elle dit. L’école est différente et j’aime parler français. »

Aurélie Paré, qui l’accueille chez elle et dans son école, semblait toutefois peinée de voir son amie partir de façon précipitée.

« Ça défait nos plans, regrette-t-elle. Il restait encore un mois et demi à son échange... »

« On est déçus que ça finisse comme ça, a ajouté la mère d’Aurélie, Allisson Proulx. On est toujours sur le qui-vive. Elle pourrait tellement rester. Ses parents ne sont pas inquiets et nous non plus. Je trouve que de la faire passer par l’aéroport et de l’envoyer en avion lui fait courir plus de risques. C’est pas ça le concept : éviter de voyager ? Je trouve ça dommage. Je lui ai gardé une bouteille de Purell juste pour elle si elle doit quitter. »

Émilie ne semblait pas pressée de partir. La preuve ? Même si elle avait des chances de quitter Granby lundi soir, ses valises n’étaient toujours pas faites...