Mélanie Fournier, qui travaille dans le domaine de la santé et des services sociaux, fait partie des milliers de Canadiens ayant été déclarés positifs à la COVID-19.
Mélanie Fournier, qui travaille dans le domaine de la santé et des services sociaux, fait partie des milliers de Canadiens ayant été déclarés positifs à la COVID-19.

COVID-19: des patients canadiens décrivent ce qu’ils ressentent

MONTRÉAL — Il y a une semaine jeudi, Mélanie Fournier s’est couchée dans son lit en se sentant choyée que malgré tout ce qui se passe dans le monde, sa santé était excellente.

Moins de 12 heures plus tard, la Montréalaise de 42 ans était aux prises avec une toux qui la laissait haletante et elle brûlait de fièvre.

Elle s’est alors rendu compte qu’elle avait besoin d’aide.

Mme Fournier, qui travaille dans le domaine de la santé et des services sociaux, fait partie des milliers de Canadiens ayant été déclarés positifs à la COVID-19.

Elle et plusieurs autres Canadiens ont partagé leurs histoires avec La Presse canadienne afin de démystifier la maladie et d’exhorter le public à respecter les mesures de distanciation sociale.

Dans les jours qui ont suivi le début de ses symptômes, Mme Fournier a ressenti de la panique quand elle tentait de communiquer avec n’importe qui sur les lignes directes de Montréal, qui la déconnectait constamment. Plus tard, elle a dû insister pour subir un test de dépistage, car elle n’avait pas voyagé récemment et qu’elle ne savait pas qui l’avait infectée.

Depuis qu’elle a été déclarée positive, lundi, Mme Fournier ressent des brûlures aux poumons, de la toux et de la fièvre. De plus, ses courbatures et ses douleurs sont pires que n’importe quelle grippe qu’elle a déjà eue.

Le pire s’est avéré la peur et l’isolement qu’elle ressentait après avoir été laissée seule à combattre une maladie grave à la maison, avec peu de conseils au-delà de prendre du Tylenol, de se reposer, de boire des liquides et d’appeler le 911 si elle ne pouvait pas respirer.

«C’est effrayant de vivre ça par soi-même», a-t-elle affirmé.

Kyla Lee, une avocate de 33 ans de Vancouver, est en désaccord avec ceux qui prétendent que la COVID-19 n’est rien d’autre qu’une mauvaise grippe.

Mme Lee, qui n’avait aucun problème de santé grave, dit qu’elle est tombée malade quelques jours après son retour d’une conférence en Ohio et elle a été diagnostiquée comme un cas présumé par un médecin après qu’elle eut commencé à ressentir de la fièvre, de la fatigue et une toux profonde.

L’avocate, qui prend rarement une pause dans sa journée et qui n’avait jamais pris plus d’une ou deux journées de congé en raison d’une maladie, a indiqué qu’environ une semaine plus tard, dans ses pires journées, elle cherche son souffle après n’avoir effectué que quelques appels.

«La grande différence, c’est la respiration, a-t-elle fait savoir dans un entretien téléphonique, la semaine dernière. C’est comme si mes poumons avaient des sacs de riz autour d’eux. Quand je prends une grande respiration, je ressens une pression.»

Mme Fournier et Mme Lee ont décidé de parler publiquement de leurs symptômes afin de montrer que même les jeunes personnes en bonne santé et sans problème de santé ne sont pas immunisées. Elles veulent aider ceux qui s’inquiètent pour eux-mêmes ou leurs proches.