COVID-19: bientôt des études sérologiques et des tests aléatoires dans la population?

Les autorités de santé publique envisagent de faire des études sérologiques et des tests de dépistage aléatoires au sein de la population québécoise afin de déterminer quelle proportion a été infectée par le coronavirus.

Lors du point de presse quotidien du gouvernement, lundi, le directeur national de la santé publique, le DHoracio Arruda, a rappelé qu’au début de la crise, la stratégie de dépistage de la santé publique visait les voyageurs et leurs contacts étroits. La transmission étant désormais communautaire (et la capacité de dépistage étant limitée), la stratégie se concentre maintenant sur les personnes les plus à risque d’être hospitalisées ou de développer des complications à la suite de l’infection et celles qui occupent des fonctions stratégiques dans la lutte contre l’infection au Québec.

Ce faisant, on ignore quelle est la proportion de Québécois qui ont été infectés par le virus, a expliqué le Dr Horacio Arruda. 

«On va faire deux choses, [soit] des études sérologiques pour être capables d’identifier la proportion de gens au Québec qui est atteinte, et on va probablement aussi utiliser des tests aléatoires dans certains territoires», a annoncé le Dr Arruda, ajoutant que ces études et tests seront faits «quand on sera rendu là en termes de priorités». 

«On veut savoir si, à la fin de la première vague, 30 %, 40 %, 50 % ou 60 % des gens ont été atteints - et asymptomatiques - pour nous aider à mieux prévoir ce qui va se passer à l’automne dans une deuxième vague. Plus on étend [la courbe], moins il y a de gens malades, plus il y a des gens qui sont vierges, plus on peut avoir des pics. Il y a un équilibre à atteindre là-dedans», a expliqué le directeur national de la santé publique.

Le Dr Arruda a rappelé que l’objectif, au Québec, c’est d’éviter de «submerger» de patients les unités de soins intensifs. «Les stratégies de tests vont évoluer en fonction de l’épidémiologie locale et de notre capacité», a-t-il dit.

En entrevue au Soleil, le direction de la santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, a lui aussi souligné qu’en concentrant le dépistage sur certaines personnes, «on n’a pas de mesure de la propagation de l’infection dans la communauté». 

«C’est un manque depuis le début de la crise. Comme directeur de santé publique, je veux savoir c’est quoi le pourcentage de ma population qui a eu la COVID pour qu’on puisse ajuster notre stratégie, ajouter des mesures ou alléger des mesures», a expliqué le Dr Desbiens. 

Une demande «formelle» a donc été faite à l’Institut national de santé publique du Québec «de déposer au Dr Arruda et aux directeurs régionaux de santé publique une méthode pour mesurer la propagation dans l’ensemble du Québec».

Pour la grippe, illustre le Dr François Desbiens, «on a des hôpitaux et des cliniques sentinelles, et quand des gens se présentent pour un syndrome d’allure grippale, on en prélève un sur trois». 

«On s’est donc donné un mécanisme pour mesure la propagation de la grippe. Présentement, l’Institut réfléchit à la modalité à retenir pour la COVID. Il y a de la recherche qui se fait pour des tests sanguins qui mesureraient les anticorps, mais ce n’est pas encore disponible. Pour l’instant, tout ce qu’on a, c’est l’écouvillon qu’on insère par le nez pour aller mesurer le virus dans les sécrétions», rappelle le Dr Desbiens.