«Beaucoup» de salariés ont voulu exercer leur droit de refus de travailler, en invoquant la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Celle-ci permet dans certains cas de le faire, lorsqu’un travailleur croit que sa santé ou sa sécurité serait en danger.
«Beaucoup» de salariés ont voulu exercer leur droit de refus de travailler, en invoquant la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Celle-ci permet dans certains cas de le faire, lorsqu’un travailleur croit que sa santé ou sa sécurité serait en danger.

COVID-19: aucun droit de refus de travailler accepté à ce jour par la CNESST

MONTRÉAL — La CNESST a reçu «un certain nombre de réclamations» de travailleurs qui affirment être tombés malades après avoir été en contact avec une personne infectée par le coronavirus, mais à ce jour, aucune décision n’a encore été rendue quant à ces réclamations.

C’est le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, qui a donné cette information, mercredi, alors qu’il participait à un échange avec le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, dans le contexte de la pandémie.

«On a eu un certain nombre de réclamations à la CNESST [Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail] de personnes qui disent avoir subi un accident de travail ou avoir développé de quoi, en raison de contacts avec une personne infectée, ou de contacts avec une personne symptomatique ou parce qu’il y avait des outils de travail qui n’étaient pas désinfectés — là, ça va prendre la preuve d’un lien de causalité — ou parce que la personne n’a pas pu se laver les mains», a rapporté le ministre Boulet.

Toutefois, «à ce jour, aucune décision encore rendue», a-t-il pris soin d’ajouter.

Droit de refus

De même, «beaucoup» de salariés ont voulu exercer leur droit de refus de travailler, en invoquant la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Celle-ci permet dans certains cas de le faire, lorsqu’un travailleur croit que sa santé ou sa sécurité serait en danger.

«Il y a beaucoup de droits de refus qui ont été exercés, en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail — des salariés qui étaient anxieux, qui disaient «moi, il y a un risque à ma santé-sécurité, il y en a un autre qui tousse près de moi, il y en a un qui est symptomatique dans mon environnement», donc qui revendiquent de refuser d’exercer leur travail, en raison de ce danger-là perçu», a résumé le ministre Boulet.

Là encore, «je vous dirais qu’à ce jour, il n’y a pas de droit de refus qui ont été acceptés spécifiquement en raison de la COVID», a précisé le ministre du Travail.

M. Boulet a rappelé que la CNESST emploie 300 enquêteurs et que ceux-ci «sont allés dans beaucoup d’entreprises» pour constater la situation.

Programmes de formation après

Sur un autre thème, le président de la Chambre s’est félicité des programmes pour favoriser la formation des employés, pendant la pandémie, que le ministre Boulet vient d’annoncer. Et il a demandé au ministre si ceux-ci pourraient être maintenus après la crise.

«Ce qui aura été mis en place et qui sera justifié par la conjoncture, dans six mois, dans un an, dans un an et demi, bien on va le maintenir. Et s’il y a des ajustements à faire, on va les faire», a répondu le ministre du Travail.