Plusieurs personnes se sont portées volontaires ces derniers jours pour faire les emplettes des aînés de leur entourage. Leur proposer une petite jasette au téléphone ferait autant de bien.

COVID-19: «Allô Papi, comment tu vas?»

Le sentiment d’angoisse et d’anxiété qui vient avec l’isolement peut facilement être évité… avec un coup de téléphone.

Les personnes âgées doivent éviter les lieux publics, éviter les contacts afin de protéger leur santé et limiter la propagation du méchant coronavirus. Isolés physiquement peut-être, mais pas «émotionnellement».

«On sait que le stress, ça affaiblit le système immunitaire et met les personnes plus à risque», rappelle Tamarha Pierce, professeure titulaire à l’École de psychologie de l’Université Laval. Elle se spécialise notamment en soutien social en situation de stress.

«Le soutien social et particulièrement la perception de se sentir soutenu, c’est bénéfique pour la santé physique, ça nous protège en temps de stress.»

«Avec quoi tu t’occupes aujourd’hui?» «Qu’est-ce qu’il y a de bon à la télé?» sont des exemples de phrases qui font plaisir.

Pour illustrer ses propos, la professeure fait référence à une étude réalisée dans les années 1980. Des experts avaient injecté le virus de l’influenza à certaines personnes, et celles bien entourées avaient moins de chance de contracter la maladie.

«Être écouté et être entendu, c’est important. Ça booste le système immunitaire. Le téléphone, ça existe encore! Ça aide à briser l’isolement, il ne faut pas se replier sur soi-même. On est dans une époque où c’est possible. On a énormément de ressources pour rester connectés», insiste Mme Pierce.

Les petits gestes

Plusieurs personnes se sont portées volontaires dans les derniers jours pour faire les emplettes des aînés de leur entourage. Selon la professeure, leur proposer une petite jasette au téléphone ferait autant de bien.

«On connaît les mesures physiques à mettre en place, ces mesures peuvent nous amener à négliger les mesures psychologiques.»

Mme Pierce se réjouit entre autres de voir les maisons pour aînés faire des séances de Facetime sur les tablettes avec les petits enfants; toutes les idées sont bonnes.

Plusieurs autres facteurs de stress existent lors d’un confinement à la maison, comme l’ennui, la peur et l’absence (ou une surdose!) d’informations. Un pas en avant serait d’éviter que ces personnes âgées se sentent seules.

Respecter les recommandations

Plusieurs l’auront remarqué, les personnes âgées sont encore trop nombreuses dans les cafés ou les centres d’achats. «Sentir qu’on a plus de latitude, ça va mener à se rebeller. Il faut bien expliquer pourquoi on fait ça. C’est un message positif qu’il faut partager. Valoriser qu’ils le font par choix, c’est positif de rester à l’écart. Valoriser leur contribution plutôt que de les mettre à part. Ils participent à notre sécurité à tous.»

Il faut donc offrir des informations claires et de l’écoute, plutôt que des directives et des obligations. Garder en bonne santé les aînés reste l’objectif principal, étant donné qu’ils sont les plus durement touchés par les symptômes grippaux de la COVID-19.

«On a beaucoup de temps devant nous, prenons-le. On pense au soutien tangible, et c’est important. On oublie juste de prendre le temps de rigoler… Le rire est un antidépresseur très puissant», termine Tamarha Pierce.

Et ça vaut pour les autres personnes de tous les âges qui sont priées de rester à la maison en raison de la présence de symptômes ou d’un retour de voyage.