L’espace aérien n’est pas fermé et les avions CF-18 ne décolleront pas pour intercepter tout vol jugé non essentiel.
L’espace aérien n’est pas fermé et les avions CF-18 ne décolleront pas pour intercepter tout vol jugé non essentiel.

COVID-19 : pas de fermeture complète d’espace aérien en vue

Des informations circulant dans les réseaux sociaux suggèrent, qu’en raison de la pandémie de COVID-19, que l’espace aérien nord-américain soit fermé complètement, sauf pour les avions militaires et gouvernementaux, ainsi que les avions-cargo des transporteurs aériens. Il n’en est rien.

«Selon plusieurs sources dignes de foi, les gouvernements des États-Unis et du Canada annonceraient d’ici quelques jours la fermeture de l’espace aérien nord-américain pour tout trafic à l’exception des avions-cargos, gouvernementaux, des forces de l’ordre ainsi que des vols militaires», pouvait-on lire dans une publication dans Facebook.

Mais la permission pour les avions-cargo serait tout de même très restreinte, toujours selon cette publication. «En ce qui a trait au transport des marchandises, seuls les avions “tout cargo” conçus comme tel pourront prendre l’air, et non les appareils normalement utilisés pour le transport des passagers, qui auraient été reconvertis à la hâte pour le transport du fret. Un des motifs invoqués à l’appui de cette interdiction est qu’il est beaucoup plus facile de désinfecter un avion-cargo qu’un aérobus garni de tapis et comportant plein de racoins difficiles d’accès», est-il ajouté.

Après vérification auprès de Transports Canada et des Forces armées canadiennes, une telle mesure n’est pas envisagée.

Chez Transports Canada, le porte-parole Alexandre Desjardins affirme que ce n’est pas une mesure envisagée par le ministère responsable des questions d’aviation. «Je ne peux pas commenter la teneur du texte partagé sur Internet, mais j’ai vérifié auprès de nos experts et ce n’est vraiment pas envisagé pour le moment», répond-t-il.

«Le 30 mars 2020, le gouvernement du Canada a commencé à mettre en application des mesures, comme les vérifications de l’état de santé, qui sont similaires aux mesures déjà applicables aux vols internationaux et transfrontaliers à destination du Canada. Depuis le 9 avril 2020, ces exigences s’appliquent également aux exploitants privés et aux petits exploitants commerciaux. Cela signifie que les passagers qui présentent des symptômes de la COVID-19 se verront refuser l’embarquement sur tous les vols privés et commerciaux intérieurs», ajoute M. Desjardins (bit.ly/3cmZSUJ).

Rappelons que le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a aussi annoncé vendredi que le port du masque, même non médical, sera dorénavant obligatoire pour les passagers des vols commerciaux.

Quand on a posé la question aux Forces armées canadiennes, David Lavallée, officier des affaires publiques, à la 1re Division aérienne du Canada et Région canadienne du NORAD, nous réfère dans un courriel plutôt laconique à la page Web de Transports Canada qui énumère les restrictions pour les voyageurs maintes fois répétées depuis le début des mesures de confinement.

Les vols privés permis, mais…

En principe, rien ne pouvait empêcher le pilote ayant fait un atterrissage forcé jeudi sur l’autoroute 40 à Québec de prendre l’air, pourvu qu’il ne prévoyait pas aller dans une autre région. 

Quand on lui pose la question si un vol local (par exemple, un décollage et un atterrissage au même aérodrome) est permis, M. Desjardins répond tant que le pilote respecte les règles de restrictions de déplacement entre les régions. Un pilote ne pourrait pas décoller de Québec pour se poser à Rivière-du-Loup, alors qu’il y a des contrôles routiers sur l’autoroute 20.

«Les Canadiens doivent continuer à éviter tout voyage non essentiel», conclut le porte-parole de Transports Canada.

Il y aurait tout de même une exception. «Un avion de n'importe quel endroit peut atterrir à l'aéroport de Rivière-du-Loup [pour reprendre votre exemple], mais seulement pour faire le plein de carburant. L'entrée des personnes dans la région est contrôlée [pas interdite], mais un arrêt technique pour du carburant par exemple est tout à fait accepté. Nous avons des procédures en place ici pour éviter les problèmes et la propagation lors de ces arrêts», a écrit au Soleil Martin Hivon, gestionnaire de l'aéroport de Rivière-du-Loup qui «opère avec PPR [prior permission required ou autorisation requise au préalable]».

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Les hangars d’alertes de la base aérienne de Bagotville, au Saguenay

DES PILOTES EN ALERTE POUR DES PÉRIODES D’UN MOIS? 

Normalement, les pilotes des CF-18 de l’Aviation royale canadienne (ARC) qui sont en alerte le sont sur des quarts de 24 heures. Cependant, des informations provenant de sources sûres font état d’une période de disponibilité d’un mois — avec une rotation aux deux semaines — requise pour les pilotes qui seront en alerte (ou QRA pour quick reaction alert).

Cette mesure serait envisagée dans le cas où le gouvernement du Canada augmentait les règles de confinement en raison d’une augmentation des risques de propagation de la pandémie.

Cependant, il n’a pas été possible de confirmer cette information auprès des Forces armées canadiennes.

«Pour des raisons de sécurité opérationnelle, l’ARC ne fournira aucune information précise sur ses aéronefs et ses équipages en alerte. Cependant, comme toujours, l’ARC est prête et répond aux exigences du NORAD, le commandement binational canado-américain formé pour prévenir, détecter et vaincre les menaces aériennes contre nos deux pays», a répondu David Lavallée, officier des affaires publiques, à la 1re Division aérienne du Canada et Région canadienne du NORAD. «Que la COVID-19 sévisse ou non, les aéronefs et le personnel du NORAD sont en alerte 24 heures par jour, sept jours par semaine, à l’affût de menaces et prêts à défendre les États-Unis et le Canada contre toute attaque.»

Règle générale, deux pilotes en alerte vivent près de leur avion dans un hangar réservé et sont prêts à décoller dans un très court laps de temps. Deux autres se tiennent aussi prêts à décoller. Paul-Robert Raymond