La propriétaire du bar à vin Soif à Gatineau, Véronique Rivest
La propriétaire du bar à vin Soif à Gatineau, Véronique Rivest

COVID-19 : des bars à vin veulent pouvoir vendre du vin pour emporter

Des propriétaires de bars à vin et de resto-bar spécialisés lancent un cri du coeur au gouvernement du Québec et réclament la permission de vendre du vin pour emporter afin d’éviter la faillite de leur entreprise en cette période de crise liée à la COVID-19.

La sommelière de réputation internationale Véronique Rivest, propriétaire du bar à vin Soif à Gatineau, est l’une des dix signataires d’une lettre envoyée à plusieurs ministres, dont au ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, dans laquelle ils demandent une chose, le droit d’exercer leur métier, de vendre du vin.

L’établissement de Mme Rivest peut maintenant vendre de la nourriture pour emporter, mais, contrairement à certains autres restaurants, il ne peut vendre des bouteilles de vin puisqu’il détient un permis de bar qui est restreignant.

«Nous n’avons plus le temps d’attendre. Nous sommes, comme tant d’autres, dans l’urgence», plaident les signataires de la lettre.

Le bar à vin Soif, à Gatineau

Mme Rivest a fermé son bar à vin le 16 mars, ce qui a entraîné la perte de quelque 18 emplois. Elle a réembauché une couple d’employés et a recommencé à vendre des repas pour emporter trois jours par semaine la semaine dernière, sans toutefois pouvoir vendre son vin.

En entrevue au Droit, Mme Rivest indique que ses clients demandent s’ils peuvent acheter une bouteille lorsqu’ils viennent chercher leur commande, mais cela est impossible.

«Ceux qui ont les permis de restaurants ont le droit de faire du take-out de nourriture et de vin aussi, même en temps normal, chose que nous n’avons pas le droit de faire. Sauf que dans les circonstances exceptionnelles, ce sont des revenus (la vente de vin) qui nous sont absolument nécessaires si on veut survivre», a expliqué Mme Rivest, qui s’est classée 2e au concours Meilleur sommelier du monde en 2013 et qui a remporté la palme au concours de Meilleur sommelier des Amériques en 2012.

«C’est une mesure qui ne coûterait absolument rien. On ne demande pas une subvention au gouvernement. On ne gruge pas non plus dans les coffres de l’État parce que les taxes sont perçues dans les bouteilles que je vends au client de la même façon que si elle était vendue à la SAQ ou par une agence d’importation», a continué Mme Rivest, tout en précisant que 95 à 98 % du vin qu’elle vend chez Soif n’est pas disponible à la SAQ.

«Si on pouvait vendre du vin, ça nous permettrait de générer des revenus qui nous permettraient des moins s’endetter, de moins avoir recourt à des mesures d’aide. C’est tout ce qu’on demande», a ajouté celle qui a aussi été couronnée au concours du Meilleur sommelier du Canada en 2006 et en 2012.

«On est bien contents de nous mettre en vedette quand les chefs ou les sommeliers gagnent des grands prix, mais pourquoi du coup on ne nous considère pas comme des entrepreneurs sérieux et à parts égales avec les autres ?», a indiqué Mme Rivest.

Les signataires signalent que la vente de boisson représente de 50 % à 80 % de leurs revenus. Les autres signataires de la lettre sont basés à Montréal.