Pour faire face à la pandémie du coronavirus, les autorités font appel aux infirmières à la retraite et n'excluent pas d'éventuellement appeler en renfort des médecins retraités.

Coronavirus: les autorités appellent en renfort des infirmières retraitées

MONTRÉAL - Pour faire face à la pandémie du coronavirus, les autorités font appel aux infirmières à la retraite et n'excluent pas d'éventuellement appeler en renfort des médecins retraités.

Dans les derniers jours, la moitié des appels téléphoniques effectués à Info-Santé 811 concernaient le coronavirus.

Jeudi après-midi, Santé Québec indiquait sur Twitter qu'«Info-Santé 811 éprouve actuellement des difficultés techniques, ce qui pourrait empêcher de joindre la ligne».

Au même moment, lors d'une conférence de presse à l'Hôpital général juif de Montréal, Francine Dupuis, présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, a lancé cet appel aux infirmières retraitées: «On procède à une vague de recrutement intensif d'infirmières à la retraite, ou d'infirmières qui sont enceintes à la maison ou en travaux légers, on fait un appel à tous pour que toutes les infirmières qui peuvent donner des heures à Info-Santé nous appellent au 514-293-0526».

La Fédération des médecins spécialistes du Québec a indiqué, jeudi après-midi, que «les médecins spécialistes en quarantaine donneront un coup de main aux équipes du service débordées d'appels».

Questionnée à savoir si des médecins à la retraite pouvaient également être appelés en renfort dans les hôpitaux comme c'est le cas en France, Francine Dupuis a répondu: «Ça se pourrait, mais on n'est pas rendu au niveau de la France ou de l'Italie».

Des tests de dépistage à la maison

Une personne inquiète d'avoir contracté la COVID-19 doit d'abord communiquer avec le 811. Si la personne présente les symptômes, elle sera dirigée dans une clinique de dépistage, comme l'Hôtel-Dieu de Montréal.

Mais les autorités songent à offrir des tests à domicile, a indiqué Francine Dupuis.

«Pour certaines personnes qui auraient de la difficulté à se déplacer, on pourrait faire le test à la maison, et le ministère regarde aussi la possibilité de décentraliser les tests dans différents laboratoires.»

D'autres scénarios sont à l'étude en prévision d'une augmentation importante du nombre de malades, a souligné la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

«Il pourrait y avoir du délestage, c'est-à-dire la possibilité que certaines activités que nous faisons dans les CIUSS et autres établissements soient temporairement cessées ou diminuées afin de libérer plus de personnel pour s'occuper de la pandémie.»

«Presque en situation de guerre»

Quatre hôpitaux sont désignés au Québec pour soigner les personnes infectées par la COVID-19 qui ont besoin d'hospitalisation. L'Hôpital général juif, qui fait partie de ces établissements, se dit prêt à affronter le coronavirus.

«C'est une situation importante, on est presque en situation de guerre. On est en pandémie», mais le réseau est «en train de bien s'organiser», a déclaré Francine Dupuis.

«Cet hôpital a été conçu pour les pandémies», a ajouté sa collègue, Dre Louise Miner, qui est directrice associée des services professionnels à l'Hôpital général juif.

L'Hôpital général juif compte 87 chambres à pression négative, conçues pour réduire au maximum les risques de contagion.

«Si le nombre d'hospitalisations est trop important pour notre hôpital, d'autres centres hospitaliers, qui possèdent des chambres à pression négative, seront appelés en renfort», a ajouté la Dre Louise Miner.

«L'équipement est en quantité suffisante», a tenu à rassurer le Dr Yves Longtin, infectiologue à l'Hôpital général juif de Montréal.

Toutefois, le Dr Longtin invite la population à ne pas acheter de masques de type N95 à moins d'avoir des symptômes de la COVID-19.

«Il y a des gens qui se promènent dans la rue et qui n'ont aucun symptôme et qui portent des masques. Le réseau de la santé va avoir besoin de ces masques. Un seul patient hospitalisé nécessite 50 à 60 masques par jour pour que les travailleurs puissent le soigner de manière sécuritaire. Si vous n'avez pas de symptôme, ne gaspillez pas de masques, la population et les hôpitaux ont les mêmes fournisseurs», a indiqué l'infectiologue.