Contre la panique, l’information

C’est une pénurie inattendue, mais bien réelle qui découle de l’épidémie de coronavirus: celle de papier de toilette. Le phénomène est mondial, les tablettes des grandes surfaces se vident. «Le simple fait de voir ces images, en plus des fausses nouvelles et des canulars qui circulent au sujet du coronavirus, contribue à alimenter la panique», écrit Andy J. Yap, de l’INSEAD.

Mais qu’est-ce qui provoque cette peur panique de manquer de papier de toilette, et autres denrées, et quoi faire pour y remédier? Les réponses se trouvent du côté des gouvernements, écrit Yap. «Pour que ces comportements d’achats irrationnels cessent, les États doivent montrer qu’ils contrôlent la situation en prenant des actions décisives et en maintenant une communication soutenue et transparente avec la population.» Il cite le cas de Singapour, où l’épidémie a été circonscrite. «Le gouvernement a régulièrement fait des déclarations publiques et a été très franc avec la population sur les dangers que représente le coronavirus. Une semaine après la panique qui avait gagné les consommateurs, les choses se sont calmées et les Singapouriens ont recommencé à acheter des articles en quantités normales.»

Pour dissiper le sentiment de panique, les gouvernements doivent porter attention à la manière et à la fréquence qu’ils communiquent leurs mesures, écrit Yap. «La situation de toute pandémie est si volatile que les politiques gouvernementales peuvent devoir évoluer rapidement pour y répondre. Comme on l’a vu à Singapour, un message fort fait la différence entre un État qui comprend la situation et sait où il s’en va versus un autre qui ne saurait pas du tout comment faire face à la crise.» 

L'importance de la coopération internationale

Toutes les précédentes épidémies (grippe, SRAS, H1N1, etc.) ont mis en évidence l’importance de la coopération internationale pour les endiguer. Les organisations internationales jouent un rôle crucial dans le développement de cette coopération. Mais pour être efficaces, ces efforts nécessitent un investissement et un engagement publics bien en amont. 

Un sujet plus léger pour terminer: les chats. Leurs expressions peuvent en dire long sur leur état de santé. Une équipe de l’Université de Montréal a établi une «échelle de grimaces». «Avant, on croyait que le chat n’était pas très expressif, mais en étant attentif à ses expressions faciales, il est possible d’observer d’importants changements quand il ressent de la douleur.»

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Lire aussi: Coronavirus : d’où vient cette peur de manquer de papier hygiénique et comment l’atténuer?