Il ne restait plus de papier hygiénique, vendredi avant-midi, au IGA du Plateau.

Cohue dans les épiceries: «C'est le bordel, je n'ai jamais vu ça»

«C'est le bordel, je n'ai jamais vu ça», laisse tomber le propriétaire du IGA du Plateau à Gatineau, Jean Fortin.

Vendredi avant-midi, alors que le Québec tournait au ralenti et que les écoles étaient fermées pour la journée dans le secteur, le stationnement de l’épicerie IGA Grenier-Fortin du boulevard des Grives était plein à craquer.

Aux caisses, les files ressemblaient à celles du 24 décembre. Des paniers souvent pleins à craquer, dans lesquels il n’y avait toutefois pas de papier de toilette. Le stock a déjà tout été vendu. Dès qu’une commande rentrera et que les tablettes seront remplies, M. Fortin s’attend à ce que les rouleaux partent dans le temps de le dire. «C’est incroyable, c’est malade, tout est sorti», dit-il. À peine quelques boîtes de mouchoirs étaient encore disponibles sur les tablettes. Le savon à mains part aussi très vite. Dans l’allée des produits de cuisson, la farine commençait également à se faire rare.

Le propriétaire du IGA du boulevard des Grives, Jean Fortin.

Jean Fortin dresse un parallèle avec l’époque de la crise du verglas, en 1998. À l’époque, la ruée se faisait vers les chandelles et le combustible à fondue.

Avant même l’ouverture des portes de son commerce vendredi matin, une cinquantaine de personnes attendaient dehors.

La cohue a commencé à être observée mercredi, mais a pris beaucoup d’ampleur jeudi. Le chiffre d’affaires a doublé. Le propriétaire de l’épicerie doit conjuguer avec des effectifs limités, l’horaire ayant été élaboré avant que le début de la crise. Le Cégep de l’Outaouais et l’Université du Québec en Outaouais étant ouverts vendredi, les jeunes employés n’étaient pas disponibles pour venir en renfort afin de diminuer l’attente aux caisses et d’aider au remplissage des tablettes.

Les files aux caisses du IGA du Plateau, vendredi avant-midi.

Pas trop loin de là, dans le stationnement du Provigo du boulevard du Plateau, Gabrielle sortait de son panier des provisions pour les jours à venir. Elle a pu mettre la main sur des paquets de papier hygiénique et des boîtes de couches pour son bébé. La dame avait pris soin de porter des gants pour pousser son panier, puisque sa mère souffrant d’une maladie pulmonaire demeure chez elle.

«J’ai entendu que tout le monde aller chercher plein de couches et plein de trucs, donc je veux être sûre que j’ai tout», a-t-elle mentionné.

Médecin-conseil à la Direction de la santé publique de l’Outaouais, la Dre Carol McConnery a souligné vendredi que chaque individu réagit à sa manière dans une situation de crise. «Je pense que [la ruée vers les épiceries] c’est une façon pour les gens de réagir, mais ce n’est pas une mesure de santé publique, dit-elle. C’est une réaction à l’anxiété, à la peur.»

La Dre McConnery recommande tout de même aux gens qui éprouvent des symptômes apparentés à ceux de la COVID-19 et à ceux qui reviennent de voyage à l’étranger d’éviter, «idéalement», de se rendre dans les magasins à grande surface.