Le président de la COCD, Nicolas Bédard, est d’avis que les membres du regroupement doivent obtenir les mêmes équipements de protection contre le coronavirus que les gens oeuvrant dans le réseau de la santé.
Le président de la COCD, Nicolas Bédard, est d’avis que les membres du regroupement doivent obtenir les mêmes équipements de protection contre le coronavirus que les gens oeuvrant dans le réseau de la santé.

Centres de traitement des dépendances: «Québec nous laisse tomber»

La Coalition des organismes communautaires en dépendance interpelle le gouvernement Legault pour obtenir l’aide nécessaire pour traverser la crise du coronavirus. Le groupe réclame notamment les mêmes mesures et équipements de protection que les employés du système de santé, afin d’éviter la propagation du virus dans leurs établissements à travers le Québec.

Alors que la direction de la santé publique appréhende un pic de gens infectés à l’échelle provinciale, la Coalition des organismes communautaires en dépendance (COCD) lance un cri d’alarme. 

«Le ministère de la Santé vient de nous demander de continuer à admettre des gens dans nos ressources tout en bloquant les sorties. On est prêts à faire notre part, mais pas à compromettre la sécurité de notre personnel et de notre clientèle. Quand on a demandé d’avoir des équipements de protection, entre autres des masques, le CIUSSS nous a dit qu’ils n’en ont pas pour nous. Vraiment, Québec nous laisse tomber», a déploré le président de la COCD, Nicolas Bédard, qui dirige le centre L’Envolée de Shefford.  

Nicolas Bédard se dit à la fois «soucieux» et «inquiet» pour sa clientèle si le gouvernement continue à faire la sourde oreille aux demandes de la Coalition. 

«On comprend l’importance de notre rôle. On est aussi conscients que les gens que l’on accueille, lorsqu’ils sont dans la population en général, ne respectent pas les lois et les mesures en place. D’un autre côté, on se fait dire que, non seulement, on va en accepter davantage, même s’ils sont malades, en plus de devoir les isoler.»

Complexité

Selon le président de la Coalition, les mesures de confinement seront complexes à mettre en place tout en assurant la gestion des opérations sans protection adéquate. «Dès qu’on aura un premier cas de coronavirus dans nos murs, on devra créer deux zones distinctes: une ‘‘chaude’’ pour la clientèle infectée et une ‘‘froide’’ pour les autres. On devra soigner des patients qui auront le coronavirus, prendre leur température, aller porter leur repas dans leur chambre. Tout ça sans être protégés. C’est inadmissible pour nos employés et ils vont refuser de le faire, avec raison.»

Ainsi, au même titre que les effectifs médicaux, les membres de la Coalition veulent obtenir des masques, des visières et des jaquettes jetables. «Si le gouvernement ne veut pas, on ne fermera pas. On va seulement s’assurer d’être en quarantaine, mais on n’admettra plus de gens», a fait valoir M. Bédard.

Centralisation

La propagation du coronavirus au sein des équipes de certains organismes de traitement des dépendances de plus petite taille pourrait avoir d’importantes conséquences sur leurs opérations. Faute de personnel, certains pourraient même devoir fermer leurs portes temporairement, a mentionné Nicolas Bédard. 

La Coalition s’engage à assurer une continuité des services en centralisant les opérations dans des établissements plus grands, notamment à L’Envolée, qui peut accueillir 120 pensionnaires. «On s’engage au sein de nos associations à gérer les fermetures de nos petits centres. À aller chercher leur clientèle pour les accepter dans d’autres établissements, le temps que la crise se termine», a indiqué le président du regroupement.

Idem en ce qui concerne le personnel, qui pourrait être embauché temporairement dans les plus grands centres. 

La Coalition en profite pour relancer le dossier du financement des organismes communautaires en dépendance, jugé insuffisant. «Une fois que la crise sera terminée, quand la poussière sera retombée, on veut régler en dedans d’un an l’histoire du financement. Ça fait 10 ans que ça traîne avec le gouvernement.»