L'ambassadrice canadienne a invité les ressortissants canadiens à se diriger vers l'aéroport de Marrakech et à prendre des vols vers d'autres pays, si possible.

Canadiens coincés au Maroc: «La situation est critique»

Des citoyens canadiens coincés au Maroc critiquent vertement le gouvernement de Justin Trudeau pour l'organisation chaotique de leur rapatriement.

De nombreux Canadiens se sont amassés à l'aéroport de Casablanca, samedi, dans l'espoir de rentrer au pays, après avoir reçu un message de l'ambassade canadienne les informant qu'un vol d'Air Canada a été affrété pour les ramener à Montréal. Cependant, de nombreux ressortissants n'ont pas pu avoir de billet pour ce vol. Or, la situation devient de plus en plus critique au Maroc, selon la Shawiniganaise Jeanne Charbonneau.

«Il y a des restrictions sur les déplacements, ça prend une autorisation spéciale, les taxis ne peuvent embarquer plus de trois personnes et les gens se font mettre à la porte de leur hôtel parce que ceux-ci ferment. Des mamans qui attendent à l'aéroport n'ont plus de lait pour leur bébé. Il faut que le gouvernement canadien bouge pour rapatrier tout le monde», soutient-elle.

«Les gens sont en train de couper leurs doses de médicaments en deux. On ne peut pas attendre trois jours de plus, la situation est critique», prévient-elle.

Pas une agence de voyages

Il semble toutefois peu probable que tous les Canadiens qui attendent à l'aéroport puissent tous rentrer au pays aujourd'hui. En effet, l'ambassadrice canadienne au Maroc, Nell Stewart, a annoncé dimanche matin sur Twitter que le vol d'Air Canada nolisé par Ottawa pour faire la liaison Casablanca-Montréal est complet. Or, plusieurs personnes avec qui Mme Charbonneau attend à l'aéroport n'ont pas obtenu de billet pour ce vol.

Sur Twitter, l'ambassadrice canadienne a invité dimanche ses concitoyens à se diriger vers l'aéroport de Marrakech pour prendre des vols à destination d'autres pays, notamment le Royaume-Uni et les États-Unis. Une solution bidon, prévient Mme Charbonneau.

«Le temps que ces messages soient envoyés, les places sont déjà prises. Et puis pour les Américains, le vol est gratuit, mais pas pour les Canadiens. Moi, ça fait le sixième billet que j'achète», souligne-t-elle.

«La solution, ce n'est pas d'aller à Londres, c'est de rentrer chez nous. Ça fait quatre jours que l'ambassade agit comme une agence de voyages et nous envoie vers la France ou même la Norvège. On ne veut pas faire le tour du monde: on veut rentrer chez nous», peste Mme Charbonneau.

Cette dernière trouve par ailleurs inconcevable que l'ambassade n'ait pas priorisé le rapatriement des Canadiens dont la santé est plus fragile. Elle indique également n'avoir vu aucun employé de l'ambassade canadienne à l'aéroport de Casablanca, samedi, contrairement aux États-Unis.

«Le consul des États-Unis était là pour ses concitoyens, mais il est où, le consul canadien? Nous, on n'a vu personne», soutient-elle.

D'autres Québécois se sont joints à Mme Charbonneau lorsque Le Nouvelliste l'a jointe, samedi avant-midi (heure du Québec) pour témoigner du manque d'organisation dans le rapatriement des ressortissants canadiens. Une dame de Saint-Tite et une autre de Victoriaville, notamment, attendaient avec elle à l’aéroport. 

Un couple de Trois-Rivières, Linda Chandonnet et Alain Léger, tentait également de quitter le Maroc depuis plusieurs jours. Le Nouvelliste a obtenu confirmation qu’ils ont pu prendre place à bord du vol d’Air Canada devant les ramener à Montréal. Ils devaient y arriver en soirée, samedi.