Le chef du Bloc Québécois, Yves-Francois Blanchet
Le chef du Bloc Québécois, Yves-Francois Blanchet

Blanchet, inquiet de la période de quarantaine des travailleurs étrangers

OTTAWA — Le chef du Bloc Québécois, Yves-Francois Blanchet, s'interroge sur l'arrivée au Canada des travailleurs étrangers qui doivent prêter main forte aux fermes de la province, déclarant que les règles de quarantaine ne sont pas adéquates pour eux.

Le gouvernement fédéral a exempté les travailleurs étrangers des restrictions de voyage pour lutter contre la COVID-19 en raison du rôle essentiel qu'ils jouent dans l'économie canadienne.

Les autorités fédérales ont mentionné que ces travailleurs devront se soumettre aux tests de dépistage de la maladie avant de voyager, et s'isoler pendant 14 jours après leur arrivée au Canada.

M. Blanchet a déclaré que 159 travailleurs étrangers sont arrivés samedi matin à l'aéroport de Montréal en provenance du Mexique. Il s'est dit préoccupé du fait qu'ils ne sont pas testés pour le coronavirus à leur arrivée au Canada. De plus, leur période de confinement se déroulera sur les fermes où ils doivent travailler, et non dans des édifices fédéraux.

Il a ajouté que le gouvernement fédéral a pelleté la responsabilité de superviser cette période de quarantaine dans la cour des propriétaires de ces fermes.

«(Ils) seront confiés à une organisation privée qui va les amener dans les régions du Québec où des entreprises agricoles qui n'ont aucune expérience ni aucune qualification en matière de santé publique vont être tenues responsables d'assurer une quarantaine», a déploré M. Blanchet.

«Il est essentiel que le gouvernement canadien prenne sa responsabilité et assure la quarantaine et les tests aux travailleurs étrangers. (...) Si on se fie sur les dernières années, on parle de milliers de personnes qui s'en vont dans les régions et les villages du Québec», a-t-il ajouté.

Des conditions sanitaires «moins sévères»

Même s'il estime que ces travailleurs sont les «bienvenus» dans la province, le chef bloquiste dit qu'il ne peut pas accepter que les conditions sanitaires qui leur sont imposées sont moins sévères que ce que «le Québécois de tous les jours doit subir».

La vice-première ministre Chrystia Freeland a rappelé que ces travailleurs étrangers sont essentiels à la production de nourriture et à la sécurité alimentaire du pays, et souligné que tous ces travailleurs doivent obligatoirement se placer en quarantaine pour 14 jours après leur arrivée au Canada.

Mme Freeland a mentionné que la Gendarmerie royale du Canada et les corps policiers provinciaux et municipaux devront s'assurer que la quarantaine est respectée de tous, et rappelé que les travailleurs étrangers n'y font pas exception.

«Il est essentiel que les fermiers commencent leur travail dès maintenant, a martelé Mme Freeland. Les travailleurs étrangers, comme tout le monde, qu'ils soient canadiens ou non, doivent se soumettre à une période de quarantaine obligatoire de 14 jours après leur arrivée au Canada. La GRC a annoncé hier... qu'elle travaillera en partenariat avec les services de police régionaux et les autorités sanitaires pour s'assurer que les mesures de quarantaine, qui sont obligatoires, soient respectées.»

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LES EMPLOYÉS SAISIONNIERS RECEVRONT DE L'AIDE, SOUTIENT LA MINISTRE DE L'EMPLOI

La ministre de l'Emploi, Carla Qualtrough, a annoncé que le gouvernement fédéral travaillait sur une solution pour permettre aux employés saisonniers qui ne sont pas admissibles à la Prestation canadienne d'urgence de pouvoir néanmoins l'obtenir.

L'opposition a fortement critiqué le gouvernement libéral pour ses mesures d'urgence lors d'une session extraordinaire, samedi, visant l'approbation de la Subvention salariale d'urgence du Canada développée par le gouvernement Trudeau.

Le programme a comme objectif d'aider les Canadiens à naviguer les impacts économiques provoqués par la pandémie de la COVID-19.

Mme Qualtrough a indiqué que le gouvernement tentait d'apporter des changements à la Prestation canadienne d'urgence, qui permettra aux employés sans revenus en raison de la crise de recevoir 2000 $ par mois pendant une période maximale de quatre mois.

Elle a noté que des changements devaient être apportés pour permettre aux employés saisonniers de recevoir la prestation, alors que les critères actuels ne les rendent pas admissibles.