Une manifestation anti-confinement s'est tenue mercredi à Richmond, capitale de la Virginie. «Nous avons besoin d’emplois. Les gens ne peuvent pas payer leurs loyers, ils ne peuvent pas s’acheter de nourriture», a déclaré à l’AFP Jason Roberge.
Une manifestation anti-confinement s'est tenue mercredi à Richmond, capitale de la Virginie. «Nous avons besoin d’emplois. Les gens ne peuvent pas payer leurs loyers, ils ne peuvent pas s’acheter de nourriture», a déclaré à l’AFP Jason Roberge.

Autre manif anti-confinement, Trump limite l’immigration

WASHINGTON — Donald Trump a signé mercredi le décret suspendant temporairement la délivrance de cartes vertes afin de protéger les travailleurs américains en pleine crise liée au coronavirus.

«Je viens de signer un décret suspendant de manière temporaire l’immigration aux États-Unis», a-t-il déclaré lors de son point de presse quotidien.

«Cela permettra de nous assurer que les Américains sans emploi de toutes origines soient les premiers à pouvoir bénéficier des emplois au fur et à mesure de la réouverture de l’économie», a-t-il ajouté.

Cette suspension sera d’une durée initiale de 60 jours.

Contrairement à ce que le locataire de la Maison-Blanche avait initialement laissé entendre, elle ne s’appliquera pas aux visas de travail temporaire, mais aux seules cartes vertes qui offrent le statut de résident permanent.

Le locataire de la Maison-Blanche a précisé qu’une nouvelle extension de cette mesure serait examinée «en temps voulu».

«Il serait injuste que les Américains soient remplacés par une main-d’œuvre venue de l’étranger», avait déclaré l’ancien homme d’affaires de New York, en appelant à «donner la priorité au travailleur américain».

Plus de 22 millions d’Américains ont perdu leur emploi depuis que la crise du coronavirus a soudainement paralysé l’économie.

Avec près de 46 000 décès, les États-Unis affichent le plus lourd bilan du monde. Ils dénombrent plus de 826 000 cas de COVID-19.

Et les hôpitaux dans certaines régions particulièrement touchées ont encore du mal à répondre à l’afflux de patients, alors que le pays a enregistré l’un de ses pires bilans journaliers mardi, avec plus de 2700 décès.

«Besoin d’emplois» 

Donald Trump a toutefois jugé la semaine dernière qu’il était temps de faire «redémarrer l’Amérique», en laissant chacun des gouverneurs prendre la décision selon la gravité de l’épidémie dans son État.

Certains ont rapidement commencé à relâcher les règles de distanciation. Des plages de Floride ont été autorisées à rouvrir dimanche dernier, les gouverneurs du Texas et du Vermont ont prudemment relancé certaines activités dès lundi tandis que la Géorgie ira plus loin dès vendredi.

Coiffeurs, salons de beauté et de tatouages, salles de quilles et autres petits commerces pourront ouvrir leurs portes bien que cet État du Sud ne réponde pas aux recommandations de la Maison-Blanche, qui préconise notamment d’enregistrer 14 jours de baisse du nombre d’infections avant d’assouplir les mesures.

Des personnes ont confronté les manifestants anti-confinement à Richmond.
Le président américain Donald Trump

Son gouverneur républicain, Brian Kemp, a conseillé aux employés de respecter des distances de sécurité, mais elles semblent difficiles à maintenir dans certaines de ces professions.

Dans les États encore sous ordre de confinement, des Américains multiplient depuis plusieurs jours les manifestations pour appeler à relancer l’économie.

«Nous avons besoin d’emplois. Les gens ne peuvent pas payer leurs loyers, ils ne peuvent pas s’acheter de nourriture», a déclaré à l’AFP Jason Roberge, venu protester mercredi à Richmond, capitale de la Virginie.

«Liberté plutôt que peur», pouvait-on lire sur la pancarte brandie par un homme tandis que des automobilistes, agitant drapeaux américains ou au nom de Donald Trump, klaxonnaient.

Pour soutenir les petites entreprises en détresse et tenter de garantir leurs emplois, le Congrès doit approuver jeudi un nouveau plan d’aide de près de 500 milliards de dollars, qui financera aussi les hôpitaux et renforcera la capacité de dépistage, un facteur jugé crucial pour pouvoir relancer l’activité économique.

Face aux États qui se préparent à une «réouverture», le gouverneur de New York, épicentre de la pandémie aux États-Unis, a lui lancé cet avertissement retentissant : «Nous ne pouvons pas être stupides».

«Je comprends la pression» que peuvent ressentir gouverneurs pour assouplir les règles, a déclaré le démocrate Andrew Cuomo, tout en rejetant catégoriquement l’argument voulant que la paralysie de l’économie et le confinement soient pires que le risque de voir l’épidémie se propager.

«Oui, il s’agit de votre vie [...]. Vous pouvez faire ce que vous voulez. Sauf que vous êtes maintenant responsable de ma vie», a-t-il expliqué. «Il ne s’agit pas que de vous».

Andrew Cuomo a salué le «léger recul» de l’épidémie dans son État, mais a averti : «si nous sommes irresponsables aujourd’hui [...], nous verrons ce taux d’hospitalisations monter d’ici trois, quatre, cinq jours».