Amener son animal au centre canin TEG se fera sans contact, puisque le client devra le laisser dans un enclos à l’extérieur du bâtiment. On voit ici les propriétaires Alain Giguère et Lyne Montpetit.
Amener son animal au centre canin TEG se fera sans contact, puisque le client devra le laisser dans un enclos à l’extérieur du bâtiment. On voit ici les propriétaires Alain Giguère et Lyne Montpetit.

Au tour des animaux de se faire bichonner

Dès le 1er juin, pitous et minous pourront se faire bichonner, juste à temps pour le début de l’été. Si des propriétaires de salons de toilettage se réjouissent de la reprise de leur service, ils appréhendent néanmoins les soins qu’ils auront à prodiguer, puisque poils et griffes ont été négligés pendant plus de deux mois...

« Le poil d’animal, ce n’est pas comme les cheveux d’humain. Nous, on peut les laver et les brosser. Certains ne sont pas habiletés à faire ça pour leur chien », illustre Sylvie Choinière, propriétaire de Toilettage Soins Câlins, à Bedford.

Le confinement n’a peut-être pas mené la vie dure à certaines races de chiens tels que le labrador ou le boxer, mais on ne peut pas en dire autant pour celles à poils longs ou frisés, comme les goldendoodles.

« Au total, 90 % vont devoir être rasés. Ce ne sera plus toilettable ni brossable, parce que des nœuds vont s’être formés. Les chiens peuvent commencer à souffrir de ça, parce que les nœuds tirent la peau et ça peut créer des rougeurs et des plaques », explique Alain Giguère, copropriétaire avec sa conjointe Lyne Montpetit du centre canin TEG à Acton Vale.

Les griffes ont elles aussi continué à allonger depuis deux mois. « Ça commence à presser, poursuit-il. Les nerfs des griffes continuent aussi de pousser. C’est sûr qu’on va pogner des nerfs sur certaines griffes pour couper le plus court possible », croit M. Giguère.

Durant le confinement, Geneviève Mailhot, propriétaire de L’Espace Câlin de Granby, a donné quelques trucs à sa clientèle sur la coupe de griffes par l’entremise de vidéos. « Mais ce n’est quand même pas tout le monde qui est habile pour le faire et certains chiens sont très difficiles », laisse-t-elle entendre.

Sylvie Choinière, propriétaire de Toilettage­ Soins Câlins

Un maximum d’animaux

Les mesures sanitaires adoptées amènent évidemment à revoir la logistique du toilettage.

Un seul animal à la fois sera désormais accepté au centre canin TEG.

« Ça rallonge le processus », concède M. Giguère, qui assure que tous les soins seront prodigués avec des gants et un masque.

Apporter son animal au centre canin se fera également sans contact, puisque le client devra laisser ce dernier dans un enclos à l’extérieur du bâtiment.

Chez L’Espace Câlin, moins de chiens sont prévus à l’horaire afin d’éviter qu’ils se croisent. Il faudra aussi venir chercher son animal dès que le toilettage sera terminé.

Même chose chez Toilettage Soins Câlins, où un seul animal à la fois pourra y entrer, tandis que la porte sera verrouillée le temps du rendez-vous.

Geneviève Mailhot, propriétaire de L’Espace Câlin

Hausse des coûts?

Mme Choinière prévient que les coûts pour les soins augmenteront notamment en raison du temps nécessaire à la désinfection des lieux ou encore de l’achat d’équipement de protection.

Mme Mailhot est du même avis. Elle prévoit hausser le coût du toilettage en conséquence du plus long travail à effectuer. « Un samoyède que je vois au mois, ça va faire trois mois que l’ai vu... D’habitude, ça me prend trois heures à faire, là ça va m’en prendre six! », illustre-t-elle.

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LES PENSIONNATS, UN SECTEUR AFFECTÉ

Depuis la fermeture de son pensionnat à la mi-mars, Alain Giguère estime avoir perdu 5000 $ de contrats liés à des pensions réservées jusqu’en mai. Il craint que la situation continue à affecter ce secteur de son entreprise, alors qu’en début de semaine, il n’allait accueillir que deux chiens...

« On s’attend à une diminution, parce que les gens n’iront pas en vacances. Peut-être que ça reprendra à l’ouverture des campings, vu que certains ne prennent pas les chiens », espère-t-il. 

De la mi-juin jusqu’au début du mois de septembre, M. Giguère dit avoir quelque 25 pensionnaires en tout temps. Depuis le début de la pandémie, seule sa boutique de nourriture et d’accessoires pour animaux était restée ouverte. « C’est 20 % de notre chiffre d’affaires. En plus, pendant la période de confinement, on a eu une baisse de 40 % de la clientèle. On a perdu 80 % de notre chiffre d’affaires, parce que la pension c’est 40 % et le toilettage aussi », se désole M. Giguère. 

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LE TÉLÉPHONE NE DÉROUGIT PAS

Quand la réouverture des salons de toilettage a été annoncée, Geneviève Mailhot, propriétaire de L’Espace Câlin, a été bombardée d’appels. En une semaine, elle estime avoir effectué pas moins de 300 retours d’appels, faisant en sorte que les prochains rendez--vous seront pris pour la semaine du 6 juillet. « C’est la folie! », lance-t-elle.

Sylvie Choinière, propriétaire de Toilettage Soins Câlins, a elle aussi joué à la secrétaire, alors qu’elle avait quelque 150 retours d’appels à faire en début de semaine pour planifier les rendez-vous annulés depuis le début de la pandémie.

Même chose du côté d’Alain Giguère-, copropriétaire du centre canin TEG. 

« Le défi pour nous c’est de satisfaire le plus de monde possible rapidement. Le téléphone ne dérougit pas depuis l’annonce. Les gens qui avaient un rendez-vous en mars seront remis à l’agenda. Tous les autres clients qui n’avaient pas de rendez--vous appellent aussi. On va se ramasser au mois de juillet pour les rendez-vous », prévoit-il.