« Les fraudeurs cherchent à profiter de la désinformation, des craintes et des incertitudes des consommateurs, et exploitent la crise [de la COVID-19] pour faciliter les arnaques et la cybercriminalité », avertissait le Centre antifraude du Canada le mercredi 18 mars.
« Les fraudeurs cherchent à profiter de la désinformation, des craintes et des incertitudes des consommateurs, et exploitent la crise [de la COVID-19] pour faciliter les arnaques et la cybercriminalité », avertissait le Centre antifraude du Canada le mercredi 18 mars.

Attention aux nombreux fraudeurs

« Les fraudeurs cherchent à profiter de la désinformation, des craintes et des incertitudes des consommateurs, et exploitent la crise [de la COVID-19] pour faciliter les arnaques et la cybercriminalité », a averti le Centre antifraude du Canada cette semaine.

La fraude en ligne peut prendre plusieurs formes. On peut vous proposer un énorme prêt pour vous aider à passer à travers la crise ou encore vous inviter à cliquer sur un lien qui vous mènera sur un faux site du gouvernement, qui est en fait un site d’hameçonnage rempli de logiciels malveillants.

Certains scénarios offrent même de faux tests de dépistages, de grandes quantités de produits qui sont en rupture de stock dans les magasins ou des faux remèdes et vaccins.

Une résidente de Lac-Brome, Lisette Parent, a récemment été la cible d’une telle tentative de fraude, mais a vu clair dans le jeu des fraudeurs. On lui proposait un prêt à 0 % d’intérêt d’une valeur minimale de 10 000 $ en échange d’une pléthore d’informations personnelles.

« Pendant une crise comme on vit actuellement, il peut y avoir des gens vulnérables qui sont mal pris qui vont embarquer dans ces pièges. Il y a des gens qui perdent leur emploi et qui n’ont pas de petit coussin financier, ça peut être dangereux pour eux », s’inquiète-t-elle.

« Il y a un rapport de Check Point Software Technologies, [un fournisseur mondial de services de sécurité internet,] qui indique que depuis les deux derniers mois, la moitié des sites internet créés en lien avec le coronavirus ont des intentions malicieuses. Autrement dit, ces sites envoient des campagnes de pourriels vers les usagers avec un hyperlien dans le message qui redirige vers ces sites web qui hébergent des logiciels malicieux pour infecter la personne, voler son identité, voler ses informations financières et commettre de la fraude », rapporte le chargé de cours au microprogramme en maîtrise de l’Université de Sherbrooke en sécurité de l’information, Steve Waterhouse.

La fraude en ligne est souvent la méthode préconisée par les organisations frauduleuses pour appâter leurs victimes puisque c’est la méthode la moins coûteuse pour rejoindre un maximum de personnes, explique le professeur titulaire en finances à l’Université de Sherbrooke, Claude Mathieu.

« Les fraudes se sont perfectionnées, ce ne sont plus des individus seuls, mais bien des organisations. Des personnes créent des profils Facebook alors que d’autres établissent la documentation sur les victimes. C’est épeurant », poursuit-il.

Reconnaître la fraude

« On est encore à l’étape de sensibilisation et il y a beaucoup de gens pour qui, bien que le message soit martelé souvent, il faut le rappeler constamment. C’est pour ça qu’on leur donne des indicateurs, avance Steve Waterhouse. D’abord, quand c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est pas vrai. »

Il faut toujours vérifier la source du message ou de l’offre. Le profil de la personne qui vous contacte sur Messenger a-t-il été créé récemment ?

Les structures de phrase étranges et les fautes de français sont aussi de bons indicateurs que quelque chose cloche.

Il faut aussi se méfier lorsqu’une personne qu’on ne connaît pas semble avoir des affinités avec nous. « Pourquoi est-ce qu’il me contacte sur ce point alors que je ne l’ai pas sollicité ? », questionne Claude Mathieu, en précisant qu’il est possible de tout retracer ce qui a été publié sur un profil Facebook depuis sa création et que ces informations permettent aux cybercriminels de tisser des liens avec leurs victimes.

L’utilisation du tutoiement dans le but de briser des barrières sociales est aussi un bon indice.

Certains sites frauduleux essaient aussi de se faire passer pour des plateformes gouvernementales afin de se donner une position d’autorité et soutirer des informations confidentielles aux internautes. On parle dans ce cas de sites d’hameçonnage.

Les autorités fédérales ont d’ailleurs réussi à fermer plusieurs de ces sites, a confirmé à La Presse le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), une agence fédérale chargée de l’espionnage et du contre-espionnage électronique ainsi que de la sécurité des réseaux informatiques.

« Si on vous demande de payer en carte-cadeaux, raccrochez tout de suite. Jamais un organisme, comme Revenu Canada, va demander à se faire payer de cette manière. Ils le font parce que cette méthode de paiement est plus difficilement identifiable par la suite. », exhorte Claude Mathieu.

On doit également redoubler de prudence s’il y a urgence d’agir pour obtenir ce qui est offert. « Il veulent avoir notre argent le plus rapidement possible », explique M. Mathieu.

Comment agir

Steve Waterhouse rappelle qu’il faut toujours se méfier lorsque vient le temps de fournir de l’information confidentielle nous concernant, qu’elle soit du domaine financier, médical ou professionnel.

Il faut s’assurer de l’identité de la personne à qui on fournit l’information car, « si ce n’est pas demandé par un agent du gouvernement, on ne devrait pas le dire ».

Si vous êtes victimes ou que vous croyez être victime d’une fraude, contactez le centre antifraude du Canada. « Si on a perdu de l’argent, on passe par la police. Mais lorsque ce sont de petits montants, les moyens de la police sont limités », précise Claude Mathieu.

Une série de scénarios qu’ont utilisés des fraudeurs en lien avec la COVID-19 sont expliqués sur le site du centre antifraude du Canada à l’adresse suivante : www.antifraudcentre-centreantifraude.ca/features-vedette/2020/covid-19-fra.htm