Selon le Dr Horacio Arruda , les gens ont oublié le virus et ne voit pas le risque que «la courbe puisse reflamber». 
Selon le Dr Horacio Arruda , les gens ont oublié le virus et ne voit pas le risque que «la courbe puisse reflamber». 

Arruda évalue «très fortement» le port du masque obligatoire

La Direction nationale de la santé publique évalue «très fortement» la possibilité de recommander le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics intérieurs du Québec ou de certaines régions. C’est du moins ce qu’a laissé entendre mardi le Dr Horacio Arruda, qui a dit avoir des «discussions très intenses» à ce sujet avec le cabinet de François Legault. «Le gouvernement va avoir à prendre des décisions sous peu, ce n’est pas moi qui va faire l’annonce», a-t-il indiqué.

Selon le DArruda, les gens ont oublié le virus et ne voient pas le risque que « la courbe puisse reflamber ». 

« Avec ce qui se passe actuellement dans Lanaudière, avec ce qui s’est passé en Montérégie, ce qui se passe ailleurs dans le monde, ce qui se passe aux États-Unis, je pense qu’on va avoir à se poser de sérieuses questions et à rapidement agir » si la population n’est pas au rendez-vous pour le port du masque, a déclaré en point de presse le Directeur national de la santé publique, alors qu’il était de passage dans la région de Lanaudière.

« Mes recommandations sont en processus actuellement envers les autorités », a fait savoir le DArruda, précisant que «les municipalités peuvent continuer à faire ce qui est sous leur juridiction». 

«Je ne peux rien avancer aujourd’hui, ce n’est pas moi qui va faire cette annonce-là s’il y a une annonce du port du masque obligatoire pour l’ensemble de la population du Québec ou pour certains territoires. Nous sommes dans une analyse très intense de la situation, compte tenu de ce qu’on a observé au cours des dernières semaines», a-t-il dit.


« Avec ce qui se passe actuellement dans Lanaudière, avec ce qui s’est passé en Montérégie, ce qui se passe ailleurs dans le monde, ce qui se passe aux États-Unis, je pense qu’on va avoir à se poser de sérieuses questions et à rapidement agir »
Le Dr Horacio Arruda

Le Dr Arruda a dit évaluer «le balancement entre l’effet de rendre obligatoire et l’effet pervers de ne pas rendre obligatoire si les gens ne sont pas au rendez-vous en termes de comportements». 

«Il faut dire que le temps joue contre nous. […] C’est la période des vacances, si tout le monde se met à faire des rassemblements, on multiplie le virus, et le nombre de cas générés par chacun des cas va aller en augmentant, et on peut se retrouver dans une courbe qui se met à monter de façon exponentielle», a-t-il exposé. 

Lundi, le maire Régis Labeaume a renvoyé dans la cour de la santé publique la décision de rendre obligatoire ou pas le port du masque dans les endroits publics fermés de Québec. «C’est la santé publique qui va décider ça, pis si elle a des directives à nous donner, elle nous les donnera», a-t-il déclaré en point de presse.

La Ville de Montréal, elle, n’a pas attendu les recommandations de la santé publique avant de prendre la décision lundi de rendre obligatoire le port du couvre-visage dans tous les lieux publics fermés de la métropole à compter du 27 juillet. Ottawa et d’autres municipalités de l’Est de l’Ontario ont aussi pris cette décision. 

En conférence de presse à Saint-Jérôme, mardi, le premier ministre François Legault a indiqué qu’il n’était pas fermé à l’idée de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux publics intérieurs, du moins dans certaines régions. «La situation est très différente d’une municipalité à l’autre. On n’a pas la même situation à Montréal qu’à Québec», a-t-il comparé. 

François Legault a dit avoir «toujours pensé que pour maintenir l’adhésion [de la population], il fallait y aller graduellement». 

«C’est pour ça qu’on a commencé par fortement recommander le port du masque, ensuite par le rendre obligatoire dans le transport en commun. Là, on a vu la fin de semaine dernière que les consignes n’étaient vraiment pas respectées dans les bars et les restaurants, donc on doit aussi s’ajuster avec les résultats. […] Moi je pense qu’il faut être prudent et qu’il ne faut rien exclure, incluant d’obliger le port du masque dans tous les lieux publics intérieurs», a-t-il déclaré. 

Registres

Au sujet de l’idée de tenir dans les bars et les restaurants des registres contenant les coordonnées des clients pour faciliter les enquêtes épidémiologiques, François Legault a indiqué que son gouvernement n’était «pas rendu là». 

«Encore là, je ne l’exclus pas. Si on voyait, par exemple, que dans certains établissements comme les bars il y avait beaucoup de propagation, peut-être qu’on pourrait demander un registre des personnes pour pouvoir retracer les gens qui ont été en contact avec une personne infectée. Mais pour l’instant, ce qu’on souhaite, c’est que les personnes dans les bars et les restaurants respectent la distance de deux mètres et qu’il n’y ait pas de propagation» du virus, a-t-il dit.