Le coordonnateur d’Action Plus Brome-Missisquoi s’attend à une augmentation des demandes d’aide sociale au cours des prochaines semaines. Il indique que de plus en plus de gens contactent l’organisme en lien avec les mesures d’urgence décrétées par le gouvernement.
Le coordonnateur d’Action Plus Brome-Missisquoi s’attend à une augmentation des demandes d’aide sociale au cours des prochaines semaines. Il indique que de plus en plus de gens contactent l’organisme en lien avec les mesures d’urgence décrétées par le gouvernement.

Aide financière d’urgence: Action Plus Brome-Missisquoi sur un pied d’alerte

La fermeture temporaire des entreprises un peu partout au pays et la mise à pied de centaines de milliers de travailleurs entraînent déjà un immense flot de demandes d’aide financière au gouvernement. À ceux qui se sentent dépassés par les démarches à entreprendre, l’organisme Action Plus Brome-Missisquoi rappelle qu’il est disponible pour leur donner un coup de main.

«On veut rappeler qu’on est là, car on est connu du milieu communautaire, mais un peu moins des citoyens, indique Nicolas Luppens, coordonnateur d’Action Plus Brome-Missisquoi, dont la mission est de défendre les droits des personnes assistées sociales ou vivant sous le seuil de la pauvreté dans Brome-Missisquoi, mais aussi à Granby et aux alentours.

Déjà, l’organisme, qui poursuit actuellement ses activités par téléphone et par courriel en raison des mesures d’isolation décrétées par le gouvernement, a constaté que la nature des demandes avait changé. «Les gens se demandent s’ils sont admissibles aux programmes d’aide annoncés par le fédéral, illustre M. Luppens. Ils ont des questions sur la manière de faire leurs demandes. C’est notre rôle de bien monter les dossiers.»

Au besoin, il sera possible de tenir des rencontres en personne aux locaux de l’organisme, en respectant des mesures sanitaires strictes.

Vers une hausse des demandes d’aide sociale

Jeudi, il a été rapporté que près de 900 000 Canadiens sans emploi n’auront droit ni à la Prestation canadienne d’urgence ni à l’assurance-emploi. Ce faisant, de nombreuses personnes devront se tourner vers une aide de dernier recours. Le Québec, et donc Brome-Missisquoi, n’y échappera pas, croit M. Luppens.

«C’est presque évident pour nous qu’il va y avoir une hausse du nombre de demandes [d’aide sociale], indique-t-il en entrevue téléphonique. On le voit venir, car on sait que certaines personnes ne pourront pas se qualifier pour les mesures d’aide qui ont été annoncées.»

Le coordonnateur mentionne par exemple que pour y être admissible, il faut avoir gagné un revenu de 5000 $ au cours de la dernière année. Les personnes qui étaient déjà au chômage avant la crise de la COVID-19 ou qui, pour diverses raisons, n’ont pas contribué à la caisse de l’assurance-emploi, pourraient aussi être exclues, sans compter tous ceux qui n’auront pas pris connaissance de ces mesures d’urgence ou qui ne rempliront pas de demande.

Soutenir les plus vulnérables

La semaine dernière, Action Plus Brome-Missisquoi joignait sa voix à celle du Front commun des personnes assistées sociales du Québec afin de demander une bonification des prestations d’aide sociale pour les moins nantis. M. Luppens rappelait que certains bénéficiaires de l’aide de dernier recours perdent leur revenu d’appoint maximal de 200 $ chaque mois en ne pouvant plus travailler. Une somme qui, dans plusieurs cas, permettait aux prestataires de joindre les deux bouts d’un mois à l’autre.

Il a été suggéré de bonifier temporairement les prestations d’aide sociale pour permettre à tous les bénéficiaires d’avoir les moyens de faire face à l’augmentation des prix pour faire l’épicerie et s’acquitter de son loyer, entre autres.

En 2019, Action Plus Brome-Missisquoi a réalisé 246 suivis, à raison d’une vingtaine de dossiers par mois. Plus d’une intervention sur deux a servi à régler des problèmes encourus dans la gestion d’une demande ou d’un dossier d’aide sociale, comme la reconnaissance d’une contrainte sévère ou temporaire à l’emploi ou d’un premier refus. Selon les statistiques fournies à La Voix de l’Est, le taux de résolution des litiges est supérieur à 80%.

La grande majorité des demandes déposées auprès de l’organisme provient de personnes habitant seules (78%) et sans enfant à charge (95%). Les 50-64 ans sont plus nombreux à demander du soutien (43%), suivi des 36-49 ans (36%) et des 18-34 ans (19%).