Justin Trudeau
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Aide fédérale: près de 900 000 Canadiens sans emploi n'y auront pas droit

OTTAWA - Près de 900 000 Canadiens tomberont entre les «craques» et n'auront pas droit à la Prestation canadienne d'urgence (PCU) ni à l'assurance-emploi dans le contexte de la COVID-19, selon une nouvelle analyse.

Le premier ministre Justin Trudeau dit qu'il est bien au courant du fait que de «nombreuses personnes vulnérables» ne se qualifieront pas pour ces programmes.

Le Centre canadien de politiques alternatives calcule qu'un tiers des Canadiens sans emploi (862 000) ne recevront aucune somme du gouvernement fédéral. Un autre 14 % (390 000) recevra du soutien, mais moins que le 500 $ par semaine que prévoit la PCU.

Le chercheur David Macdonald calcule qu'il y avait environ 2,7 millions de Canadiens au chômage à la fin du mois de mars. De ce nombre, près de 1,2 million étaient sans emploi avant le 15 mars et ne sont donc pas admissibles à la PCU.

Les prestataires de l'aide sociale qui travaillaient, mais qui ont perdu des revenus en raison de la COVID-19, pourraient devoir rembourser les paiements de la PCU à moins d'un avis contraire des provinces et des territoires, note également M. Macdonald.

Qui plus est, de nombreux autres ne contribuent pas à l'assurance-emploi et n'y sont donc pas admissibles. D'autres ne sont pas au fait de ces programmes et ne soumettront pas de demande, selon le chercheur.

Questionné au sujet de ces exceptions, le premier ministre a reconnu qu'il y en aura toujours plus à faire pour s'assurer que tous les Canadiens dans des situations de précarité reçoivent de l'aide.

«Nous allons continuer de travailler particulièrement pour aider les gens les plus vulnérables qui ont besoin d'appui pendant cette période difficile pour qu'ils puissent se protéger eux-mêmes et pour protéger la communauté», a dit M. Trudeau.

Son président du Conseil du trésor, Jean-Yves Duclos, reconnaît que les programmes fédéraux de plusieurs milliards de dollars qui ont été dévoilés dans les derniers jours sont «très significatifs», mais «imparfaits».

Puisqu'il reste encore de nombreuses zones grises, M. Duclos est d'avis que les mesures actuelles devront être précisées et que de nouvelles initiatives devront être annoncées bientôt «pour que tous puissent passer à travers de cette crise».