Les véhicules de la succursale Purolator de Granby sont désinfectés quotidiennement par des équipes spécialisées.
Les véhicules de la succursale Purolator de Granby sont désinfectés quotidiennement par des équipes spécialisées.

Achats en ligne et médicaments: explosion des livraisons

En pleine pandémie, alors que la majorité des commerces sont désormais fermés, la population en confinement se tourne plus que jamais vers les achats en ligne et les services de livraison. Les entreprises qui œuvrent dans ce créneau ont dû s’adapter, autant pour assurer la sécurité de leur clientèle que celle de leurs employés.

C’est le cas chez Purolator, qui voit son volume de livraison de colis bondir dans le secteur résidentiel.

«On s’assure que chaque membre du personnel a les équipements de protection nécessaires. Notamment du Purell et des gants. Il n’y a plus aucun contact avec les clients. On demande autant que possible aux employés de ne plus entrer dans les bâtiments. Ils déposent la boîte près de la porte et reculent de quelques pas. Ils demandent ensuite le nom du destinataire pour obtenir une signature verbale», a indiqué le chef d’unité de l’entreprise à Granby, Stéphane Demontigny.

Pour contrer la propagation d’infections à la COVID-19, des mesures sanitaires «très strictes» ont dû être mises en place. «Le dépôt de marchandises est désinfecté tous les matins par une équipe spécialisée. Même chose pour les véhicules de livraison. À l’interne, l’espacement entre les employés est respecté en tout temps et il n’y a pas de rassemblement. Un maximum de trois personnes peut rester, à distance, dans la cafétéria en même temps. Ça peut sembler très rigide, mais on n’a pas le choix. On ne peut pas se permettre de perdre des employés qui attraperaient le coronavirus. Et on veut encore moins être une courroie de transmission du virus», a fait valoir M. Demontigny.

Les mêmes règles sont aussi respectées lors de la cueillette de colis. «Encore une fois, pas question de contacts avec les clients. Et le mot d’ordre pour le personnel, c’est de se laver constamment les mains. C’est la meilleure arme contre le coronavirus», a mentionné le chef d’unité.

Le pharmacien Jean Provost, copropriétaire de la pharmacie Jean Coutu des Halles de Granby, a dû embaucher quatre livreurs supplémentaires pour répondre à la demande de la population confinée à la maison.

Postes Canada n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

Mutation

Les mesures qu’a dû prendre le gouvernement Legault, de concert avec la santé publique, pour freiner la propagation du coronavirus ont d’énormes répercussions sur le plan économique. Les compagnies de livraison ont donc vécu une «mutation» de leurs affaires. «Tout le monde se tourne vers la livraison de colis, mais en même temps, plusieurs commerces, qui étaient clients chez nous, sont fermés. Des entreprises ont aussi dû baisser leur cadence de production. Il y a donc une forme d’équilibre avec le marché résidentiel en forte hausse. Il a fallu réorganiser nos secteurs de couverture», a expliqué M. Demontigny.

Les pharmacies, qui figurent parmi les services essentiels, ont également dû réagir pour ne pas être happées par la demande croissante de livraison de médicaments. «On avait un à deux livreurs sur la route. On en a maintenant six. Je pourrais même en avoir plus et ce ne serait pas de trop. On est passés de 70 livraisons par jour à 300! C’est complètement fou. C’est un véritable casse-tête logistique», a mentionné le pharmacien Jean Provost, copropriétaire de la succursale Jean Coutu aux Halles de Granby.

Plus question d’accepter l’argent comptant. Et plus de terminal pour glisser la carte de crédit non plus. «Les médicaments doivent être payés avant d’être livrés. On regarde aussi pour mettre en place un nouveau système transactionnel pour faciliter les choses», ajoute-t-il.

Le pharmacien d’expérience fait le parallèle avec la crise du verglas, il y a une vingtaine d’années. «On se croirait en temps de guerre. Les gens sont en mode survie et un des seuls services vers lesquels ils peuvent se tourner, c’est la pharmacie. On est en première ligne.»

La «proximité naturelle» du personnel en pharmacie avec le public a toutefois été revue. «Ce n’est pas parce qu’on entre dans une pharmacie que le virus reste à la porte, a imagé M. Provost. On doit redoubler de prudence pour éviter que nos employés soient infectés. On est obligés d’être des maniaques de la désinfection, porter des gants et se laver les mains constamment. Les gens doivent nous aider dans ce combat en respectant les règles sanitaires émises par la santé publique.»