Pour l’instant, l’application de la règle repose sur le dos des commerçants. Ce sont eux qui ont le fardeau de s’assurer que chaque client porte un couvre-visage sous peine de se voir imposer des sanctions sous forme d’amendes.
Pour l’instant, l’application de la règle repose sur le dos des commerçants. Ce sont eux qui ont le fardeau de s’assurer que chaque client porte un couvre-visage sous peine de se voir imposer des sanctions sous forme d’amendes.

À vos marques, prêts, soyez masqués! [PHOTOS]

Les masques sont obligatoires dans les espaces publics fermés à travers le Québec depuis samedi. État de l’application de la règlementation dans quelques commerces de la Capitale-Nationale.

En route vers le centre commercial Fleur de Lys de l’arrondissement Vanier, tout le monde porte son masque ou presque dans le bus 802. Seul un jeune homme branché assis au fond du véhicule n’en porte pas. Peut-être que le masque ne s’agençait pas bien avec son survêtement, mais cet affront lui a valu quelques regards rébarbatifs à sa sortie.

En fin de matinée, le centre commercial et presque désert. Dans une vitrine, un mannequin porte un t-shit à l’inscription «Anti social, social distance club». Ça donne le ton. «Il fait tellement beau et les vacances de la construction viennent de commencer», indique Régine qui est toute seule pour gérer la boutique Marie Claire pendant la pause de sa gérante. À part quelques plaintes de la part des clientes qui n’aiment pas porter le masque, elle note que tout le monde respecte le règlement à la lettre. C’est ce que constatent aussi les gardes de sécurité. «Personne ne s’obstine, aucun magasin ne s’est plaint pour l’instant et presque tout le monde a des masques», témoigne un garde qui a préféré rester anonyme. «En fait, on a moins de problèmes qu’avant [la pandémie] parce que les gens viennent vraiment faire des achats. Il y a moins de gens qui flânent, moins de conflits entre les personnes qui gardent leurs distances, moins de vols, parce qu’il y a plus de services et moins de gens à la fois dans les boutiques», ajoute-t-il. 

Sur la rue Cartier, à Québec, les règles sont identifiées à l'entrée des commerces. 

Si quelqu’un a oublié son masque, pas de panique! Valérie au DeSerre en a pour dépanner les moins avertis. «Je me lave les mains, j’ouvre la boîte et je prends un masque que je tends au client avec une pince», explique-t-elle. «Là on en a juste quinze, mais on a commandé une grosse boîte qui arrive». Étudiante à l’Université Laval, ça fait deux ans qu’elle travaille dans la boutique et la pandémie a beaucoup changé son emploi. Aujourd’hui, c’est elle qui reste à la porte pour indiquer les consignes aux clients. Elle s’assure s’ils se sont lavés les mains et s’ils ont un masque. «Honnêtement, c’est déstabilisant et moins motivant d’aller travailler», indique-t-elle en gardant le sourire pour les clients. 

Il est vrai qu’à part quelques personnes âgées qui se retrouvent pour un café et des familles qui font des emplettes, les alentours semblent plutôt calmes. Près du disquaire, un jeune couple se tient la main en portant leurs masques. Rien, même pas une pandémie mondiale, n’empêchera deux adolescents de se tenir la main au centre commercial, loin du sous-sol familial. 

Le port du masque devient la nouvelle norme dans les commerces de la province. 

L'avenue Cartier

Dans Montcalm, l’ambiance est beaucoup plus à la fête. Les terrasses sont pleines et la file continue de s’alimenter devant la SAQ et le Chocolat Favoris. Un petit garçon sort de la crèmerie avec une énorme crème glacée au Oréo. Sa maman lui demande de tenir les deux cornets pendant qu’elle lui enlève son masque afin qu’il puisse engloutir ce délice. «Je trouve ça très bien pour la sécurité de tout le monde. Je trouve que ça fait longtemps que cette décision aurait dû être prise», indique Pascale qui s’assure que la crème glacée de son fils ne fonde pas pendant qu’elle répond à quelques questions. 

Au Jean Coutu, Charlotte et Agnès donnent des conseils dans l’allée des cosmétiques. Ces deux jeunes femmes rapportent plusieurs plaintes de la part des clients âgés qui ne veulent pas porter le masque ou beaucoup d’entre eux qui le portent en dessous du nez. «C’est niaiseux», indiquent-elles agacées. Pour sa part, Carole qui est retraitée trouve que le port du masque dans les petites boutiques est inutile. «Quand il y a beaucoup de monde, comme dans une foule, il faut un masque», déclare-t-elle. «Mais je ne crois pas que ce soit efficace quand on est 2-3. On l’enlève, on le remet et j’ai peur que l’on se contamine. Moi je le lave, mais il y a des gens qui ne les lavent pas, ils jouent dans leur masque», ajoute-t-elle dégoutée.

Pour l’instant, l’application de la règle repose sur le dos des commerçants; ils doivent s’assurer que chaque client porte un couvre-visage sous peine de sanctions sous forme d’amendes.

Des manifestations anti-masque

À Saint-Georges en Beauce, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour manifester leur désaccord avec le règlement du gouvernement. Plusieurs d’entre eux ont rapporté que le port du masque brimerait leur liberté. Les commerçants de la région s’inquiètent aussi d’un moins grand achalandage avec cette mesure.

Pour être efficace, le masque doit être propre et bien ajusté, mentionne la Santé publique.