Le Rouge et Noir devra attendre de fouler le terrain de la Place TD en 2020.
Le Rouge et Noir devra attendre de fouler le terrain de la Place TD en 2020.

À quoi ressemblera la prochaine saison de la LCF?

Jean-Philippe Bolduc n’est pas tombé en bas de sa chaise. Le vétéran du Rouge et Noir s’attendait à ce que la Ligue canadienne de football (LCF) repousse l’ouverture de ses camps d’entraînement.

La confirmation est arrivée lundi matin sur le coup de 10h30. Aucune date n’a toutefois été fixée pour lancer les activités des neuf clubs du circuit.

Les recrues devaient se rapporter à leurs équipes respectives le 11 mai. Les vétérans, eux, étaient attendus le 17 mai.

«Je comprends la ligue. Elle est à la merci de tout ce qui se passe, souligne Bolduc, qui doit disputer une cinquième saison à Ottawa en 2020.

«Tu veux que tout se termine le plus vite, mais personne n’a idée où on s’en va avec ça. Tu peux juste suivre les recommandations de la santé publique», ajoute-t-il en parlant de la COVID-19.

La LCF devait présenter ses premières parties hors-concours à la fin du prochain mois. Le Rouge et Noir devait notamment affronter les Alouettes de Montréal le 29 mai à la Place TD.

Son premier match du calendrier régulier est prévu le 12 juin contre les Argonauts de Toronto.

La LCF planche sur divers scénarios, dont une saison complète de 18 matches qui commencerait plus tard en juillet. L’idée de disputer moins de parties est aussi étudiée.

Le commissaire Randy Ambrosie a répété lundi qu’il entrevoit toujours que la coupe Grey soit décernée en 2020.

«Selon moi, il faut au moins jouer huit matches, donc une fois contre toutes les équipes, pour qu’un champion de la coupe Grey soit légitime, affirme Bolduc, qui a gagné le trophée en 2016.

«Ça voudrait dire toutefois seulement quatre matches à la maison. Est-ce assez pour les équipes et leurs finances? Tout le monde tient pour acquis que les stades seront pleins quand le sport va recommencer. C’est un autre débat. Beaucoup de gens n’auront pas d’argent.»

Une autre suggestion qui a été lancée ces derniers jours? Que les équipes ne disputent que des matches intra-division, ce qui permettrait de réduire la longueur des déplacements tout en réduisant les dépenses. Par exemple, Ottawa affronterait seulement Toronto, Montréal et Hamilton à plusieurs reprises.

Et qui dit moins de parties signifierait des joueurs qui devraient accepter de gagner moins d’argent en 2020.

Quant aux camps d’entraînement, il reste à voir quelle formule sera retenue par la LCF.

«Est-ce que ce sera un camp de trois semaines? Et si c’est juste d’une durée de sept à 10 jours, ça va être dur... Certains gars s’entraînent avec les moyens du bord en ce moment», note Bolduc.

Des équipes seraient en faveur d’éliminer les matches hors-concours, dit-on en coulisses. Les joueurs, eux, pourraient être moins chauds à l’idée.

«Si tu es un joueur recrue, que tu ne joues pas de parties pré-saison, ça devient dur de montrer aux coaches que tu peux bien plaquer», fait valoir Jean-Philippe Bolduc.

Et même si elle s’avère un circuit canadien, la LCF demeure à la remorque des États-Unis.

«Environ 70% de nos joueurs sont Américains. Nous ne pouvons pas jouer sans eux, rappelle Bolduc.

«Peut-être que ça commencera à aller mieux ici au Canada à la mi-avril ou la fin avril. Mais la réalité sera peut-être différente aux États-Unis avec une population plus importante.»

Le seul événement qui demeure encore à l’horaire de la LCF est le repêchage des joueurs universitaires, le 30 avril.