Le directeur national de la Santé publique du Québec, Horacio Arruda, et le premier ministre, François Legault ont réitéré l’importance d’une utilisation appropriée du matériel de protection par tous les intervenants du milieu de la santé, afin d’éviter d’en manquer.
Le directeur national de la Santé publique du Québec, Horacio Arruda, et le premier ministre, François Legault ont réitéré l’importance d’une utilisation appropriée du matériel de protection par tous les intervenants du milieu de la santé, afin d’éviter d’en manquer.

COVID-19: trois nouveaux décès et fermeture les dimanches

Comme la crise du coronavirus «va durer encore des semaines» au Québec, François Legault ferme les commerces le dimanche, dont les épiceries. Pas par crainte d’une pénurie, mais pour que «les employés prennent du repos», assure le premier ministre. Quant à un retour général à la normale, ce n’est pas demain la veille.

Pharmacies, dépanneurs, stations-service et commandes à emporter dans les restaurants demeureront les seuls commerces encore ouverts au Québec les dimanches d’avril.

Épiceries, commerces alimentaires, succursales de la Société des alcools du Québec et de la Société québécoise du cannabis, animaleries, quincailleries, nettoyeurs et autres services essentiels fermeront donc leurs portes les quatre prochains dimanches. Comme c’était le cas de la majorité des magasins... avant 1992.

Une arme de plus dans la lutte québécoise à la COVID-19.

Lundi, entouré du directeur national de la Santé publique du Québec, Horacio Arruda, et de la ministre québécoise de la Santé, Danielle McCann, M. Legault a annoncé que 3430 personnes sont maintenant officiellement atteintes du satané virus au Québec.

Ce qui donne 590 nouveaux cas avérés depuis dimanche, la plus importante hausse du décompte officiel en 24 heures depuis le début de la crise.

Trois nouveaux décès

On déplore surtout trois nouveaux décès, ce qui hausse le décompte des morts à 25. En moins de deux semaines.

«J’ose dire que la situation, elle est sérieuse parce qu’elle tue des gens. Mais la situation est sous contrôle», a analysé le Dr Arruda, chiffres à l’appui.

Voici la répartition par tranche d’âge des 25 Québécois tués par la maladie à coronavirus jusqu’ici: 

  • 60 à 69 ans = 1 décès
  • 70 à 79 ans = 6 décès
  • 80 à 89 ans = 16 décès
  • 90 ans et + = 2 décès

«Donc, 88 % des cas ont plus de 70 ans [à 89 ans], 8 % des cas ont 90 ans et plus, puis il reste un 4 % qui correspond à la personne qui est décédée dans la catégorie d’âge des 60-69 ans. La grande majorité de ces gens-là ont des conditions, parce qu’ils sont plus vieux, de maladies chroniques, de cancers ou d’autres maladies. Ce qui veut dire que ce que l’on craignait, c’était que les personnes âgées soient attaquées, ce qui est le cas.

«Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas un jeune qui va avoir des complications et qui pourrait se retrouver aux soins intensifs. Mais le profil actuel est ce qui était attendu. Et ça se situe dans des milieux, par exemple, les résidences pour personnes âgées, qui correspondent à 40 % des décès, 32 % en CHSLD, puis un 16 % à domicile. Il y en a 12 % qui est encore actuellement inconnu par rapport à la collecte d’information», dévoile le DArruda.

Moins d’hospitalisations que prévu

Alors que le taux d’hospitalisation anticipé par la Santé publique est de 15 %, situation qui a prévalu dans plusieurs pays, les 235 personnes malades actuellement hospitalisées ne représentent que 7 % de l’ensemble des 3430 cas. Du lot, 78 sont aux soins intensifs, soit 2 %. 

Ce qui permet à MM. Legault et Arruda de répéter chaque jour que l’épidémie s’avère «sous contrôle», au Québec.

Plusieurs lits sont encore vides, en attente de patients infectés par la COVID-19. Alors, pourquoi continuer à reporter des chirurgies et des traitements, alors qu’on a des lits vides?

«Notre grand enjeu, c’est d’avoir le personnel suffisant, notamment pour les lits de soins intensifs qu’on va ouvrir. [...] Il faut voir venir le peak. Et il va falloir qu’on ait le personnel, et donc c’est pour ça qu’on fait ce délestage temporaire. Et ça ne met pas à risque les personnes. C’est bien évalué par un comité scientifique. Et il y a aussi la question d’équipement de protection aussi, qu’il faut vraiment utiliser de façon très, très judicieuse», a expliqué la ministre McCann

«Il faut quand même tenir compte que la durée de séjour moyenne pour les chirurgies électives, c’est quatre jours. Quelle sera la situation dans quatre jours? C’est pour ça qu’on aime mieux prévenir», a complété M. Legault.

Les deux ont d’ailleurs réitéré l’importance d’une utilisation appropriée du matériel de protection par tous les intervenants du milieu de la santé, afin d’éviter d’en manquer. «Je ne pense pas que c’est normal qu’un gardien de sécurité porte un [masque] N95, vous comprenez?» lance Mme McCann.

Pas de retour à la normale

Tout le monde est déjà tanné d’être isolé. Tout le monde se demande quand un retour à la normale est prévisible. Tous les scénarios sont sur la table, mais ne comptez pas sur le gouvernement pour donner une date, aussi approximative soit-elle.

Lors d’une séance d’information technique tenue avec les journalistes en fin de journée par le DArruda et l’équipe de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), il a été possible de comprendre qu’un retour à la complète normalité, c’est-à-dire comme en janvier dernier, n’est pas envisageable avant l’avènement d’un vaccin. Dans au moins un an ou plus.

Avec le temps, les mesures les plus coercitives seront abolies. Les individus pourront se remettre à circuler. Mais certaines mesures feront dorénavant partie du quotidien des gens. Par exemple, les vitres de plastique installées pour protéger les caissières de magasins pourraient bien rester. D’autres entreprises conserveront des changements apportés en temps de crise dans l’organisation du travail.

Jusqu’au vaccin, le but restera de limiter la propagation moyenne à moins d’une transmission par personne infectée, taux qui est actuellement autour de trois transmissions par personne infectée à la COVID-19.