Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge
Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

COVID-19: Québec investit 85 millions $ dans le réseau scolaire

La Presse Canadienne
Alors que la pandémie de COVID-19 s’emballe au Québec, le gouvernement Legault investit 85 millions $ supplémentaires dans le milieu scolaire pour mieux juguler la situation dans les établissements.

«L’idée, c’est d’utiliser les ressources le mieux possible, de répondre aux besoins sur le terrain. C’est une première tranche», a expliqué le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge en entrevue samedi matin.

De cette somme, 25 millions $ serviront à former et embaucher des employés pour mieux encadrer les élèves dans le contexte de la pandémie. Les écoles pourraient aussi utiliser cette enveloppe afin de trouver plus de travailleurs pour l’entretien et la désinfection.

Une autre tranche de 25 millions $ sera consacrée à bonifier les services d’enseignement à distance. Québec veut notamment que les écoles se dotent de licences d’abonnement à des ressources éducatives, et que les enseignants soient mieux formés.

De plus, 20 millions $ seront investis pour améliorer la ventilation dans les écoles, une mesure que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) juge nécessaire pour freiner la propagation du coronavirus.

Les 15 millions restants seront injectés dans le transport scolaire, pour acheter de nouveaux autobus et embaucher de nouveaux chauffeurs.

D’autres investissements en vue?

En août, le gouvernement de Justin Trudeau à Ottawa avait annoncé le transfert de 2 milliards $ aux provinces pour la rentrée scolaire.

Le gouvernement du Québec, qui a récolté 432,15 millions $, pourrait investir davantage selon les besoins, a indiqué le ministre Roberge.

«On demeure à l’écoute», souligne-t-il.

Le ministre estime que les investissements annoncés samedi permettront aux écoles de continuer d’être ouvertes malgré la pandémie. «Ce n’est vraiment pas dans les plans» du gouvernement de fermer les écoles entièrement comme ce fut le cas au printemps dernier, a-t-il assuré.

«On fait tout pour protéger la santé et la sécurité, on met des mesures de nettoyage, on change les horaires, on fait des groupes-classes. Là, on accroît encore l’aide au réseau scolaire», a-t-il expliqué.

Une rentrée «qui se passe bien»

En date de jeudi, selon les chiffres du gouvernement, il y avait 489 écoles où l’on dénombrait des cas positifs «avec diagnostic». Au total, on recense 722 cas confirmés actifs parmi les élèves et les membres du personnel.

Selon M. Roberge, la rentrée se passe assez bien malgré ces chiffres. Il insiste pour dire que le plan du ministère fonctionne.

«Malheureusement, on doit fermer des classes, parfois des écoles, mais l’important, c’est qu’on bascule tout de suite en enseignement à distance et qu’on sait tout de suite quand on rouvre les écoles ou la classe», a-t-il indiqué.

«C’est encourageant pour le réseau, malgré tout.»

M. Roberge souligne que la santé publique considère qu’il y a peu d’éclosions dans les écoles, toutes proportions gardées.

La CSQ demande davantage

L’investissement annoncé samedi ne satisfait pas la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui demande à Québec de dépenser tout l’argent accordé par le gouvernement fédéral.

«Où sont les 347 M$ restants destinés aux écoles et aux élèves? Le gouvernement Legault disait faire de l’éducation sa priorité, mais les sommes non récurrentes annoncées aujourd’hui et qui proviennent du Canada confirment davantage l’abandon du Québec à l’endroit de ses écoles», a déploré la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, dans un communiqué.

Le syndicat s’inquiète également des formations qui seront offertes aux enseignants, qui manquent déjà de temps.

«On nous rapporte que quelques jours seulement après la rentrée, le personnel est déjà épuisé et a l’impression d’être au mois de mars. Le problème central en éducation, c’est le manque de temps et de ressources», a ajouté Mme Éthier.