Le masque doit être non médical, afin de réserver les masques médicaux au personnel dans les institutions de soins de santé. Et ce masque ne protège pas celui qui le porte, mais bien les autres.
Le masque doit être non médical, afin de réserver les masques médicaux au personnel dans les institutions de soins de santé. Et ce masque ne protège pas celui qui le porte, mais bien les autres.

COVID-19: le port de masques non médicaux maintenant conseillé

Trois semaines après l’accélération de la crise au Canada, les médecins hygiénistes du pays recommandent maintenant à tous de porter un masque, dans certaines situations.

Ce masque doit être non médical, afin de réserver les masques médicaux au personnel dans les institutions de soins de santé. Et ce masque ne protège pas celui qui le porte, mais bien les autres.

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, Theresa Tam, a souligné lundi après-midi qu’il y a évidence de transmissions du virus à partir de personnes avant qu’elles ne développent la maladie à COVID-19, et même de personnes qui portent le virus, mais ne développeront jamais la maladie.

«Nous ne savons pas encore quelle est l’importance des transmissions pré-symptomatiques et asymptomatiques dans le développement de la pandémie, mais nous savons que ces transmissions ont bel et bien lieu», a-t-elle offert à sa conférence de presse quotidienne.

«Le comité consultatif spécial sur la COVID-19 est arrivé au consensus que de porter un masque non médical, même si vous n’avez pas de symptômes, est une mesure de plus que vous pouvez prendre pour protéger les gens autour de vous», a-t-elle annoncé.

Ce comité est composé des membres du Conseil du Réseau pancanadien de santé publique et du Conseil des médecins hygiénistes en chef. Dre Tam, tout comme DHoracio Arruda du Québec, en sont membres.

«Un masque non médical peut réduire le risque que vos gouttelettes entrent en contact avec les autres ou atterrissent sur des surfaces. Alors, il n’y a pas de preuve que de porter un masque non médical vous protégera. C’est un moyen de plus que vous pouvez prendre pour protéger les autres», a souligné Dre Tam.

Elle a insisté pour dire que ceci ne signifie pas de mettre fin aux autres méthodes de protection, distanciation sociale, isolement et lavage de mains.

Les masques non médicaux seraient utiles à porter dans les circonstances où on ne peut pas s’empêcher de s’approcher des autres, comme dans le transport en commun ou dans les épiceries.

Pourquoi offrir ce conseil maintenant et pas plus tôt?

«Certaines des preuves scientifiques ont été publiées il y a peu de temps», s’est justifiée Dre Tam.

«C’est une déclaration qui donne la permission» de porter un masque non médical, a-t-elle dit à propos de cette plus récente sortie des scientifiques responsables de la santé publique, refusant d’en faire une recommandation.

Pour ce qui est de décrire ce qu’est un masque non médical, Dre Tam a parlé de foulards, de bandanas et de tissus de coton attachés avec des élastiques.

La prestation canadienne d’urgence

Alors que 240 000 Canadiens s’étaient déjà inscrits lundi matin pour recevoir la prestation canadienne d’urgence (PCU), le gouvernement fédéral s’est engagé à trouver de l’aide pour ceux qui n’ont pas droit à cette mesure.

«On travaille fort pour trouver des solutions», a dit Justin Trudeau aux étudiants qui voient s’évaporer leurs perspectives d’emplois d’été et à ceux qui continuent de travailler, mais font beaucoup moins d’heures qu’en temps normal.

Le premier ministre a également promis un ajustement pour les travailleurs essentiels qui sont toujours à l’ouvrage, mais dont le salaire est moins élevé que la PCU.

«On va avoir plus à annoncer dans les jours à venir», a promis M. Trudeau.

Les Canadiens nés dans les mois de janvier, février et mars s’inscrivaient lundi pour recevoir la prestation canadienne d’urgence (PCU). Ottawa a mis en place ce système d’inscription en quatre jours, selon la date de naissance, afin d’éviter une surcharge du système.

Adoption des mesures déjà annoncées

Le leader parlementaire du gouvernement n’a pas encore rappelé la Chambre des communes pour l’adoption des plus récentes mesures d’aide financière. Une loi doit être adoptée pour concrétiser les subventions fédérales de 75 % de la masse salariale pour les entreprises qui ont perdu au moins 30 % de leurs revenus.

Une discussion entre parlementaires s’est entamée, cependant, sur la faisabilité de rencontres virtuelles.

Lundi matin, le chef par intérim du Parti conservateur, Andrew Scheer, insistait sur la nécessité de siéger en personne. Il ne fermait pas la porte à des rencontres virtuelles, à condition que celles-ci s’ajoutent aux séances en personne, qu’elles soient «un outil de plus».

«La meilleure place pour avoir un échange dynamique entre parlementaires (...) est la Chambre des communes», a maintenu M. Scheer lors d’une conférence de presse à Regina, où il habite.

Lorsque les Communes ont siégé pour adopter le premier plan d’aide fédéral, dont la PCU fait partie, M. Scheer a utilisé un avion du gouvernement pour faire le voyage de Regina à Ottawa et participer à la session où seulement une trentaine de députés ont siégé.

Avant de suspendre les travaux le 13 mars, les partis s’étaient entendus pour ne siéger qu’en petit groupe, s’il fallait revenir pour adopter des lois, afin de limiter les déplacements et les risques de propagation du virus.

Nombre de cas

Il y a 16 666 cas confirmés et probables décelés par les tests administrés au Canada. La maladie à COVID-19 a provoqué jusqu’à maintenant la mort de 323 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux disponibles : 8580 cas au Québec, dont 121 décès; 4347 cas en Ontario, dont 132 décès; 1348 cas en Alberta, dont 24 décès; 1266 cas en Colombie-Britannique, dont 39 décès; 293 cas en Nouvelle-Écosse; 253 cas en Saskatchewan, dont trois décès; 226 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont deux décès; 204 cas au Manitoba, dont deux décès; 103 cas au Nouveau-Brunswick; 22 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; sept cas au Yukon; quatre cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.