À New York meurtrie par la pandémie, l’exode a commencé

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À New York meurtrie par la pandémie, l’exode a commencé

NEW YORK — Le traumatisme de la pandémie a déjà poussé de nombreux New-Yorkais à quitter définitivement la ville au plus vite, laissant de nombreux appartements vides et faisant flamber les prix de l’immobilier autour de la métropole.

«Je n’étais pas prêt à partir», se souvient Nick Barnhorst lorsqu’il se revoit en février. À 41 ans, à New York depuis 11 ans, amoureux de la ville, il songeait bien à un déménagement, mais pas avant un an au moins.

En l’espace de quelques semaines, sa femme est tombée enceinte de son troisième enfant et le coronavirus a ravagé New York. D’un seul coup, «c’est devenu : il faut se barrer d’ici le plus vite possible».

La semaine prochaine, Nick devrait signer l’acte de vente d’une maison située à Mamaroneck, ville cossue au nord de New York.

«J’avais toujours imaginé que partir serait un déchirement», dit ce Californien d’origine, «mais aujourd’hui, je suis au summum de l’enthousiasme.»

Parti en week-end chez ses beaux-parents début mars dans le Massachusetts, un ami de Nick a fait beaucoup plus radical encore. Il n’est jamais revenu habiter à New York.

Sa femme enceinte de huit mois, il a vendu son appartement et acheté à Bronxville, commune située immédiatement au nord du quartier du Bronx.

«Rien de ce qui fait que New York est New York ne fonctionne actuellement», souligne Nick, car théâtres, bars, cinémas, salles de concert, ou musées n’ont pas rouvert. «Donc il est plus facile de la quitter.»

Sur un marché immobilier en ébullition, qui «ne laisse aucune place à la négociation», Nick a dû batailler pour trouver la maison qu’il cherchait.

Autour de la ville prisée de Montclair, dans le New Jersey, il n’est plus rare de voir des maisons vendues plus de 20 % au-dessus du prix affiché, selon des données communiquées par Richard Stanton, propriétaire de l’agence Stanton Realtors.

«Je ne m’attendais pas à une demande si forte», explique l’agent immobilier, qui ne prévoit pas que l’offre rattrape la demande avant six mois, voire un an.

Un résident de Darien, dans le Connecticut, raconte, sous couvert d’anonymat, avoir reçu plusieurs appels d’acheteurs potentiels alors que sa maison n’était pas à vendre. «C’est la première fois que ça m’arrive», dit-il.

Le facteur télétravail

Le gouverneur Andrew Cuomo et le maire Bill de Blasio comparent souvent la situation actuelle avec celle qui a suivi le 11-Septembre, l’autre grand traumatisme qu’a connu la ville, promettant le même rebond.

Mais sur le plan immobilier, les répercussions des attentats «ont été anecdotiques», tempère Richard Stanton.

«Après le 11-Septembre, la fierté des New-Yorkais m’a plutôt donné envie d’aller habiter à New York», raconte Dillon Kondor, guitariste qui était alors adolescent et vivait en banlieue de la métropole.

Lui qui a travaillé sur plusieurs comédies musicales à Broadway a aussi fait le grand saut, en juin, et quitté New York pour un appartement à Tarrytown, dans la vallée de l’Hudson.

Pour lui, tout a basculé avec une des premières belles journées du printemps, lors d’une promenade à Central Park, bondé, où les masques étaient trop rares à son goût.

En rentrant avec sa femme, «l’un de nous a dit : il faut quitter cette ville».

À New York, en ce début juillet, les camions de déménagement pullulent en journée.

Dans le bas de Manhattan, plus de 5 % des appartements sont vacants, du jamais vu depuis dix ans que le cabinet immobilier Miller Samuel publie ces statistiques.

Plus que le 11-Septembre, Richard Stanton compare la conjoncture actuelle à la période 2003-2005, qui avait vu une vague de New-Yorkais poussés dehors par la hausse des loyers.

Il évoque aussi les années 70, marquées par une dégradation des services publics et une augmentation de la criminalité, qu’avaient fuies beaucoup de ceux qui en avaient les moyens.

Mais cette fois, outre l’effet coronavirus, «il y a une tendance plus lourde liée au fait qu’il va y avoir plus de gens qui travailleront de chez eux», analyse Richard Stanton. Dans de nombreux cas, «on aura une semaine au bureau plus courte».

Ce mouvement pourrait même faire retomber la fièvre immobilière à New York et permettre à une nouvelle génération de s’installer dans une ville qui leur aurait été, sans cela, inaccessible, imagine l’agent immobilier.

Dans un premier temps, Dillon a choisi de louer, pour ne rien écarter, en attendant que Broadway redémarre. Mais il a du mal à se projeter de retour à New York. «Il y a tellement d’inconnues que ça paraît difficile à imaginer.»

Masques obligatoires dès samedi dans les lieux publics fermés

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Masques obligatoires dès samedi dans les lieux publics fermés

Le port du masque sera obligatoire dans les lieux publics fermés partout au Québec dès le samedi 18 juillet, annoncera le premier ministre du Québec, François Legault, ce lundi.

Les commerçants auront la responsabilité de refouler tout client sans couvre-visage. S’ils sont pris en défaut d’accueillir des personnes ne portant pas de masque, ils s’exposeront à une amende de 1000 $ à 6000 $. De son côté, le citoyen récalcitrant, qui boude le masque et se présente à la porte de lieux publics clos malgré tout, ne sera pas réprimandé par les autorités. 

À compter de ce lundi, il faut porter un masque dans les transports en commun, et ce, dans l’ensemble du Québec. Cette obligation s’étendra le 18 juillet à tous les lieux publics fermés : boutiques, supermarchés, centres commerciaux, cinémas, restaurants, bars, bibliothèques, etc. François Legault le confirmera en conférence de presse à Montréal, aux côtés du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, qui a fait une recommandation en ce sens au gouvernement dès la semaine dernière. Il sera également accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et de la ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau.

Lire le texte complet sur La Presse 

Des super riches veulent être taxés davantage

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Des super riches veulent être taxés davantage

LONDRES — Un groupe de 83 millionnaires a appelé lundi à taxer davantage les plus riches de la planète «immédiatement» et «de manière permanente», afin de contribuer à la reprise après la crise générée par la pandémie de nouveau coronavirus.

«Alors que la COVID-19 frappe le monde, les millionnaires comme nous avons un rôle essentiel à jouer pour guérir le monde», demandent les signataires d’une lettre ouverte, parmi lesquels le cofondateur du géant américain des glaces Ben & Jerry’s, Jerry Greenfield, ou le réalisateur britannique Richard Curtis.

Cette lettre, publiée avant la réunion des ministres des Finances du G20 et du sommet européen extraordinaire sur la relance de l’UE cette semaine, appelle les «gouvernements à augmenter les taxes de gens comme nous. Immédiatement, substantiellement et de manière permanente».

«Nous ne sommes pas ceux qui soignent les malades dans les unités de soins intensifs. Nous ne conduisons pas les ambulances qui amènent les malades à l’hôpital. Nous ne sommes pas ceux qui regarnissent les rayons des épiceries ou qui délivrent de la nourriture de porte-à-porte», écrit ce groupe qui se baptise Millionaires for Humanity, sur un site internet éponyme.

«Mais nous avons de l’argent, beaucoup. On a absolument besoin d’argent maintenant et on continuera à en avoir besoin dans les années à venir» pour se remettre de la crise, dont l’impact «durera des dizaines d’années» et pourrait «pousser un demi-milliard de personnes dans la pauvreté».

«Les problèmes causés et révélés par la COVID-19 ne peuvent être résolus par la charité, aussi généreuse soit-elle. Les chefs de gouvernement doivent prendre la responsabilité de lever les fonds dont nous avons besoin et les dépenser équitablement» pour financer «adéquatement nos systèmes de santé, les écoles et la sécurité via une augmentation permanente des taxes sur les plus fortunés de la planète, des gens comme nous».

La pandémie de nouveau coronavirus a entraîné une récession historique à travers le monde, poussant les gouvernements à dépenser des milliards en aides aux ménages et entreprises frappés de plein fouet par la paralysie économique résultant du confinement.

Selon l’OCDE, le recul du produit intérieur brut mondial devrait atteindre au moins 6 % cette année, et 7,6 % en cas de deuxième vague épidémique, tandis que le rebond attendu pour 2021 serait de 5,2 % sans retour du coronavirus, et de 2,8 % avec.

Depuis des années, des milliardaires tels que Warren Buffett et Bill Gates demandent à être taxés davantage.

Il y a un an, un petit groupe de milliardaires américains comprenant l’homme d’affaires George Soros, le cofondateur de Facebook Chris Hughes et des héritiers des empires Hyatt et Disney entre autres avaient également publié une lettre pour soutenir l’idée d’un impôt sur la fortune.

États-Unis: les débats font rage, les cas explosent

Monde

États-Unis: les débats font rage, les cas explosent

WASHINGTON — Le débat sur la réouverture des écoles, vivement défendue par Donald Trump, faisait rage dimanche aux États-Unis, une question devenue hautement politique, tout comme celle du port du masque en pleine flambée des contaminations dans le pays.

Face aux records journaliers de nouvelles infections, notamment alimentés par une augmentation galopante des cas détectés dans de grands États du sud du pays comme la Floride ou le Texas, un responsable du ministère américain de la Santé a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

«Tout devrait être envisagé», a affirmé Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, sur ABC. «Nous sommes tous très inquiets de la hausse du nombre de cas», a-t-il dit, avertissant s'attendre à ce que le nombre d'hospitalisations et de morts continue de grimper.

Les signaux sont alarmants, et l'administration Trump reste critiquée pour son absence de stratégie nationale qui laisse aux 50 États américains la responsabilité de gérer la crise.

«Il faut que 90% des gens portent un masque en public» dans les régions les plus touchées, a souligné Brett Giroir.

Donald Trump n'avait jamais porté publiquement de masque jusqu'à samedi, quand il est apparu le visage couvert pour la première fois depuis le début de la pandémie dans un hôpital près de Washington.

Le président américain a contribué à faire de cet objet clé pour freiner la propagation du virus un symbole de division, en moquant par exemple ses adversaires politiques qui en portent, dont son rival démocrate pour la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden.

Autre sujet mis au premier plan par le président américain: la réouverture des écoles en septembre, qui dépend des autorités locales, et sur laquelle il insiste depuis des semaines.

«J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps», a déclaré sur CNN dimanche matin la ministre américaine de l'Éducation Betsy DeVos, relayant l'appel présidentiel.

«La règle devrait être que les enfants retournent à l'école à l'automne», a-t-elle martelé, mettant en avant les conséquences catastrophiques de leur fermeture pour les «populations vulnérables». Les éventuelles résurgences du virus peuvent être «gérées école par école», et toute approche «uniforme» serait erronée, a-t-elle affirmé, .

«Si les écoles ne rouvrent pas et ne tiennent pas leurs promesses, elles ne devraient pas toucher les financements» fédéraux, a dit sur Fox News la ministre, réitérant une menace formulée par Donald Trump.

COVID-19: record de cas en une journée à l'échelle mondiale 

Monde

COVID-19: record de cas en une journée à l'échelle mondiale 

GENÈVE — L'Organisation mondiale de la Santé a signalé un autre record dans l'augmentation du nombre de cas confirmés de coronavirus sur une période de 24 heures, avec plus de 230 000.

L'agence de santé des Nations Unies a déclaré dimanche que les États-Unis étaient à nouveau en tête de liste des pays, avec plus de 66 000 cas enregistrés.

Les chiffres ne tiennent pas nécessairement compte des retards dans la notification des cas, et on considère qu'ils sous-estiment de loin le total des cas réels.

La tendance des cas confirmés continue d'augmenter - avec les trois plus grands dénombrements enregistrés au cours des trois derniers jours.

Le record précédent était vendredi, avec plus de 228 000 nouveaux cas enregistrés dans le monde en 24 heures.

Dans l'ensemble, l'OMS a recensé plus de 12,5 millions de cas confirmés et plus de 566 000 décès dus à la COVID-19.

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Aux États-Unis, les résultats des entreprises à la merci de la pandémie 

Affaires

Aux États-Unis, les résultats des entreprises à la merci de la pandémie 

NEW YORK — Saisies par l'irruption de la pandémie aux États-Unis en mars, les entreprises américaines ont subi de plein fouet les conséquences du confinement au deuxième trimestre. Si les résultats de certaines d'entre elles s'annoncent désastreux, quelques groupes ont pu tirer leur épingle du jeu.

Les bénéfices des 500 plus grandes sociétés cotées à Wall Street devraient reculer dans leur ensemble de 44% par rapport à la même période l'an dernier, estime le cabinet Factset.

Mais il est compliqué de déterminer quel a pu être l'impact d'une crise sanitaire inédite sur l'activité de chaque société. Nombre d'entre elles, face à une maladie imprévisible, ont choisi de ne pas donner de prévisions.

Aucun secteur ne sera a priori épargné.

Victime de l'effondrement des prix du pétrole, les entreprises de l'énergie devraient voir leurs profits laminés.

Celles dépendantes des dépenses discrétionnaires, comme les vendeurs de vêtements, de voitures ou de billets d'avion, ont aussi été malmenées.

Les faillites de quelques grands noms de ces secteurs, comme JC Penney, Hertz ou Chesapeake Energy, en témoignent.

À l'inverse, les secteurs en vogue comme ceux de la technologie et la santé «devraient voir leurs bénéfices reculer de seulement 10% ou moins», avance Nate Thooft, responsable de la stratégie d'investissements pour Manulife Asset Management.

Les groupes ayant rapidement adapté leur activité ont aussi pu limiter les dégâts. Nike par exemple a indiqué que le bond de 75% de ses ventes en ligne de mars à mai avait permis de compenser une partie du chiffre d'affaires englouti par la fermeture des magasins.

Envolée boursière justifiée? 

Plusieurs éléments rendent toutefois difficile toute prédiction.

«Dans ce genre de situation, les entreprises tendent à jeter le bébé avec l'eau du bain et à inscrire tout un tas de charges dans leurs comptes», prévient ainsi M. Thooft.

Leur activité a aussi fortement fluctué au cours du trimestre, entre un mois d'avril marqué par un confinement quasi généralisé et un allègement progressif des restrictions en mai et juin.

Les performances peuvent par ailleurs être disparates au sein d'un même secteur d'activité, comme pour les sociétés dépendant des dépenses des consommateurs.

«Les plateformes de commerce en ligne ont prospéré, les magasins de biens essentiels (tel le papier toilette, NDLR) et alimentaires ont vu leurs ventes s'envoler avant de maintenir une certaine croissance, les vendeurs d'articles liés à la maison, aux loisirs et au jeu ont fait mieux que d'habitude», souligne dans une note le cabinet spécialisé Earnest.

Dans le même temps, «les enseignes non-essentielles comme les restaurants, les vêtements et les grands magasins ont souffert tandis que les secteurs des loisirs à risque et du voyage ont été mis à l'arrêt», rappelle-t-il.

Difficile par ailleurs d'évaluer le coût des diverses mesures prises par les entreprises pour s'adapter dans l'urgence, qu'il s'agisse du passage au télétravail ou de l'installation de cloisons en plexiglas.

Elles ont en tout cas cherché à diminuer certaines dépenses, comme le montant de l'argent reversé à leurs actionnaires.

Les sociétés cotées à la Bourse de New York ont versé 42,5 milliards de dollars de moins de dividendes au deuxième trimestre qu'à la même période en 2019, selon S&P Dow Jones Indices. C'est le plus fort recul depuis le premier trimestre 2009.

Les performances des entreprises vont aussi probablement dépendre de leur stratégie propre.

Pour les grandes banques par exemple, qui donneront le coup d'envoi de la saison des résultats cette semaine, les analystes s'interrogent sur le montant qu'elles ont provisionné pour faire face aux prêts qui ne leur seront pas remboursés.

«Les banques dépendent beaucoup de la santé économique donc, en temps de crise, il faut s'attendre à ce que l'activité dédiée aux particuliers souffre», fait observer Joshua Mahony de la société IG.

Cependant, certaines pourront compter sur leur activité de courtage, en tirant parti des variations des marchés financiers qui ont été particulièrement mouvementés, ajoute-t-il.

S'ils étudieront de près les comptes des entreprises, les investisseurs se concentreront surtout sur leurs prévisions pour les mois à venir, afin de déterminer si la récente envolée de Wall Street est justifiée: son indice vedette, le Dow Jones, a gagné près de 18% au deuxième trimestre, une hausse plus vue depuis 1987.

Post-COVID: près de 10 millions d'enfants risquent de ne jamais retourner à l'école 

Monde

Post-COVID: près de 10 millions d'enfants risquent de ne jamais retourner à l'école 

LONDRES — Jusqu'à près de 10 millions d'enfants dans le monde pourraient ne jamais retourner à l'école après le confinement en raison des conséquences économiques de la pandémie de nouveau coronavirus, affirme lundi l'ONG britannique Save the Children.

Avant la pandémie, 258 millions d'enfants et adolescents se trouvent déjà en dehors du système éducatif dans le monde. Jusqu'à 1,6 milliard d'élèves ont dû quitter les cours (de l'école à l'université) à cause de la pandémie, selon le rapport.

«Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une génération entière d'enfants aura vu son parcours scolaire bouleversé», souligne Save the Children dans son rapport.

L'association, qui appelle gouvernements et donateurs à agir face à cette «urgence éducative mondiale», estime que jusqu'à près de 9,7 millions d'élèves risquent de quitter les bancs de l'école pour toujours d'ici à la fin de l'année.

Sans cela, les inégalités qui existent déjà «exploseront entre les riches et les pauvres, et entre les garçons et les filles», a déclaré dans un communiqué Inger Ashing, directrice générale de Save the Children.

Dans 12 pays, principalement en Afrique centrale et de l'Ouest, ainsi qu'au Yémen et en Afghanistan, les enfants sont confrontés à un risque «extrêmement fort» de ne pas retourner à l'école après le confinement, particulièrement les filles.

Îles-de-la-Madeleine: il faudra s’enregistrer en ligne dans les Maritimes

Affaires

Îles-de-la-Madeleine: il faudra s’enregistrer en ligne dans les Maritimes

Les voyageurs québécois souhaitant se rendre aux Îles-de-la-Madeleine ou se déplacer vers le Québec continental depuis cet endroit, devront aussi s’enregistrer en ligne auprès de l’Île-du-Prince-Édouard ou du Nouveau-Brunswick.

C’est ce qu’a précisé dimanche le Conseil exécutif du Québec.

Le gouvernement du Québec s’était entendu avec ces deux provinces pour permettre aux Québécois d’avoir accès au traversier menant aux Îles-de-la-Madeleine et sur les conditions sécuritaires requises d’un point de vue sanitaire.

Les voyageurs doivent dorénavant aussi s’inscrire auprès du gouvernement du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard.

Toutefois, les voyageurs devront toujours avoir en main le formulaire du gouvernement du Québec pour ce déplacement. Ce document est accessible sur le site quebec.ca. Le Conseil rappelle qu’ils «doivent également avoir en main d’autres documents, notamment leur billet aller-retour pour le traversier, ainsi qu’une preuve de domiciliation aux Îles pour les résidents et les propriétaires de résidence secondaire, ou une preuve de réservation pour un hébergement touristique ou pour un séjour familial».

Selon le conseil exécutif, ces modifications ont été apportées à la demande des deux provinces de l’Atlantique qui voulaient «appliquer les mêmes exigences ou formalités à tous ceux et celles qui désirent circuler sur leur territoire».

Il est rappelé aux voyageurs que «le respect de ces modalités ne garantit pas le droit de traverser le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard [car] ce sont les autorités de ces provinces qui prennent la décision lorsque les voyageurs se présentent aux points de contrôle».

Concert sans distanciation: le maire de Nice veut imposer le masque

Musique

Concert sans distanciation: le maire de Nice veut imposer le masque

NICE — Après un concert à Nice sans grand respect des gestes barrières, le maire de cette ville du sud-est de la France, Christian Estrosi, a annoncé dimanche qu’il imposerait désormais le masque pour les grands événements que sa municipalité organise et demande à l’État de faire de même.

The Avener, une signature française de l’électro mondiale, se produisait samedi soir sur une colline. Le public était lui massé en contrebas sur la promenade des Anglais pour ce spectacle DJ gratuit, organisé par la mairie.

Sur des photos et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on voit une foule compacte danser, suscitant des commentaires indignés d’internautes après que le gouvernement a appelé à la vigilance et au port du masque pour «prévenir» tout risque de deuxième vague de la COVID-19 en France.

«Nous regrettons que ces consignes n’aient pas été suffisamment respectées et demandons à l’État de revoir le décret qui régit les grands événements afin d’imposer le port du masque, même à l’extérieur. À #Nice06, il sera désormais obligatoire pour tous nos événements», a écrit Christian Estrosi sur Twitter.

La mairie comme la préfecture assurent que la jauge de 5000 spectateurs n’a jamais été dépassée pour une zone qui, hors-COVID, peut accueillir 36 000 personnes.

Espagne : 200 000 habitants reconfinés en Catalogne

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Espagne : 200 000 habitants reconfinés en Catalogne

MADRID — Pour la première fois depuis la fin du confinement en Espagne, plus de 200 000 personnes vont être reconfinées à domicile, dans une zone de Catalogne (nord-est), afin de lutter contre un fort rebond des cas de COVID-19.

La région en question se trouve autour de la ville de Lérida, située à l’intérieur des terres, à une centaine de kilomètres des plages très touristiques de la côte catalane.

«La population devra rester chez elle» à partir de minuit, a annoncé la responsable régionale de la Santé Alba Verges au cours d’une conférence de presse.

La zone concernée, comptant plus de 200 000 habitants, avait déjà été isolée du reste de la Catalogne samedi dernier, alors que les hôpitaux locaux étaient proches de la saturation.

C’est la première fois depuis la fin du confinement le 21 juin qu’une telle décision est prise en Espagne.

Comme lors du confinement extrêmement strict imposé mi-mars, les personnes vivant dans cette zone auront le droit de sortir de chez elles notamment pour aller travailler, se faire soigner ou acheter à manger.

Sont par ailleurs interdites les réunions de plus de dix personnes.

Après une baisse drastique du nombre des cas et des décès dans l’un des pays d’Europe les plus affectés par la pandémie, avec plus de 28 400 morts, plusieurs dizaines de nouveaux foyers sont actifs en Espagne.

La zone de Lérida est l’une de celles qui inquiètent le plus les autorités.

Selon les autorités, ce foyer de contagions est lié aux mouvements de travailleurs saisonniers agricoles qui participent en ce moment aux récoltes de fruits dans le nord de l’Espagne.

Masque obligatoire

L’isolement de la zone décrété le week-end dernier a permis de «faire baisser le taux de contagion», c’est-à-dire le nombre de personnes que contamine en moyenne une personne positive au virus, a expliqué Mme Verges.

Mais le nombre de nouveaux cas a néanmoins continué à augmenter, et surtout, les cas positifs représentent 35 % du nombre des tests réalisés, «très au-dessus du reste de la Catalogne», (5 à 9 %), a-t-elle souligné.

Dans la banlieue de Barcelone, la grande ville de l’Hospitalet de Llobregat a aussi vu bondir le nombre de cas, passés de 31 à 107 en une semaine selon la mairie.

D’autres foyers se trouvent en Galice (nord-ouest), où 70 000 personnes n’ont pas le droit de sortir d’une zone isolée, ainsi qu’au Pays basque dans la ville d’Ordizia.

Dans ces deux régions se tenaient justement dimanche les premières élections régionales depuis le début de la pandémie, avec des mesures renforcées d’hygiène et de sécurité.

Les électeurs atteints de la COVID-19 n’avaient pas le droit de prendre part au scrutin, soit environ 420 électeurs sur un total de près de 4,5 millions de personnes appelées à renouveler les parlements régionaux, selon les autorités locales.

Les électeurs, masqués, présentaient de loin leur carte d’identité, plutôt que de la remettre aux assesseurs portant des gants, selon les images diffusées par la télévision publique.

Dans ce contexte de rebond de l’épidémie, plusieurs régions ont décidé de renforcer le port obligatoire du masque.

Son port est déjà obligatoire dans toute l’Espagne dans les espaces publics fermés et sur la voie publique, lorsqu’il n’est pas possible de maintenir une distance de sécurité d’un mètre et demi avec les autres personnes.

Mais la Catalogne a décidé jeudi de l’imposer à tout moment, même quand la distance de sécurité peut être respectée, sauf à la plage et lorsque l’on fait du sport.

L’archipel des Baléares renforcera lui aussi le port du masque à partir de lundi, avec les mêmes exceptions, et d’autres régions comptent le faire, comme l’Andalousie (sud) et l’Aragon (nord).

Bilan au Québec: plus de 100 nouveaux cas et sept décès

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Bilan au Québec: plus de 100 nouveaux cas et sept décès

Après une petite accalmie samedi, le nombre de nouveaux cas positifs a franchi le seuil de la centaine au Québec.

Selon les données du ministère de la Santé publiées dimanche, les autorités ont recensé 114 nouveaux cas, pour un total de 56 521 depuis le début de la pandémie.

Le bilan s'est aussi alourdi de sept nouveaux décès, dont quatre survenus avant le 4 juillet. On a déploré jusqu'à maintenant la mort de 5627 personnes à cause du virus.

Si on exclut ces décès et les 28 862 cas considérés comme résolus, on compte au Québec 25 032 cas actifs, soit 18 de plus que la veille.

La situation continue de s'améliorer dans les hôpitaux où on recensait 306 patients infectés, une baisse de sept. Deux personnes de moins se trouvaient aux soins intensifs, soit 20.

Pas moins de 10 753 prélèvements ont été réalisés au cours de la journée de vendredi.

Quarante-huit cas, presque le double par rapport à la veille, s'étaient ajoutés sur l'île de Montréal, pour un total de 27 602. On comptait 5869 cas dans la région de Laval, une hausse de treize, et 8150 en Montérégie, une hausse de 33.

On dénombrait aussi 2054 cas (+1) en Mauricie-Centre-du-Québec, 1875 (+1) dans la Capitale-Nationale, 985 (+6) en Estrie, 620 (+1) en Outaouais, 342 au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 193 en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Au Canada

Jusqu'à maintenant, on a recensé 107 589 cas confirmés ou probables dans l'ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8783 Canadiens.

Par voie de communiqué, le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo a indiqué dimanche que 66 % des personnes infectées se sont rétablies.

Les laboratoires canadiens ont analysé les tests de dépistage de plus de 3,1 millions de personnes. «Au cours de la dernière semaine, nous avons testé en moyenne 38 000 personnes chaque jour, dont 1 % a reçu un résultat positif», a souligné le DNjoo.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 56 521 cas au Québec, dont 5627 décès; 36 727 cas en Ontario, dont 2719 décès; 8596 cas en Alberta, dont 160 décès; 3028 cas en Colombie-Britannique, dont 186 décès; 1066 cas en Nouvelle-Écosse, dont 63 décès; 815 cas en Saskatchewan, dont 15 décès; 325 cas au Manitoba, dont sept décès; 262 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 166 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 34 cas à l'Île-du-Prince-Édouard; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s'ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

La génétique à la rescousse des chercheurs contre la COVID-19

COVID-19

La génétique à la rescousse des chercheurs contre la COVID-19

OTTAWA — Les experts en santé publique du Canada se sont démenés pour freiner la propagation de la COVID-19 en essayant de comprendre comment les gens attrapent le virus et à qui ils peuvent la refiler.

Malgré les meilleurs efforts au cours des quatre derniers mois, la source de plus d’un tiers des infections connues de COVID-19 au pays échappe aux médecins.

Les chercheurs en médecine utilisent des superordinateurs pour transformer les laboratoires de génétique en agences de détectives. Ils se relèvent les manches pour comprendre comment la maladie s’est répandue au Canada.

Chaque concordance proche permettra de tracer une ligne de patient à patient afin de brosser finalement un tableau de la propagation du virus.

«C’est le gros effort des quatre prochaines semaines», avance Andrew McArthur, directeur du programme des découvertes biomédicales et de commercialisation à l’Université McMaster, de Hamilton.

«Ce qui va en sortir très bientôt est un aperçu de ce qui vient de se passer : comment le virus a circulé dans la province ou comment il s’est propagé d’une province à l’autre», ajoute-t-il.

Selon M. McArthur, ces informations permettront d’identifier rapidement les points faibles des mesures de santé publique et aideront à contrer rapidement les prochaines vagues en déterminant leur origine. Être capable de continuer à diviser les codes génétiques des échantillons signifie que lorsqu’il y a des éclosions, chaque cas peut être rapidement comparé les uns aux autres pour voir s’ils sont tous liés ou s’ils proviennent de sources multiples.

Cela signifie, par exemple, qu’un centre de soins de longue durée devrait être en mesure de savoir rapidement si ses 10 nouveaux cas sont liés à une ou à plusieurs sources.

«C’est un problème de contrôle des infections très différent», souligne M. McArthur.

Deuxième vague moins mauvaise?

Cela signifie également que peut-être, juste peut-être, la deuxième vague de COVID-19 ne sera pas aussi mauvaise ou aussi difficile à contrôler que la première, car les sources pourront être isolées très rapidement.

«Une deuxième vague est probable, prévient M. McArthur. Mais nous n’avons jamais dépensé ce genre d’argent et d’efforts auparavant, alors peut-être que nous pourrons vaincre le virus.»

Les types de technologie génétique utilisés pour ce projet n’existaient pas lorsque le SRAS a frappé le Canada en 2003.

Cette cartographie génétique est constamment à la recherche de mutations. Jusqu’à présent, SARS-CoV-2, le nom officiel du virus qui cause la COVID-19, n’a pas muté aussi rapidement que beaucoup d’autres. La grippe, par exemple, change tellement au cours d’une année que le vaccin doit être modifié chaque été pour suivre.

Mais il y a suffisamment de changements subtils parmi les 28 000 marqueurs individuels qui composent un génome pour le SRAS-CoV-2 pour que chaque cas soit lié à celui qui l’a précédé. M. McArthur dit qu’il faut beaucoup de stockage de données, beaucoup d’analyses informatiques de grande capacité et beaucoup d’argent pour effectuer ces comparaisons.

40 millions $ du fédéral

Le gouvernement fédéral a investi 40 millions $ en avril pour la recherche génétique sur la COVID-19. La moitié de cette somme doit permettre de garder un oeil sur le virus au fur et à mesure qu’il se propage, de chercher les changements qu’il subit et de cartographier sa trajectoire dans tout le pays.

L’autre moitié consiste à examiner les structures génétiques des patients infectés, en essayant de comprendre pourquoi certaines personnes meurent et d’autres présentent des symptômes si légers qu’ils ne savent même pas qu’ils sont malades.

Génome Canada administre le projet. Six agences régionales de génomique supervisent localement le travail et des laboratoires réalisent les tests et les analyses. Le financement est destiné à créer des cartes génétiques à partir de 150 000 patients. Jusqu’à présent, le Canada a enregistré environ 108 000 cas positifs, et l’on s’attend à ce que presque chacun d’entre eux fasse l’objet d’une cartographie génétique.

Les résultats seront transmis à une banque de données mondiales comparant toutes les infections connues de COVID-19. Ils seront également analysés pour les rapports nationaux et régionaux.

À New York, le séquençage génétique a été utilisé pour comprendre que la COVID-19 qui a frappé la Grosse Pomme ne venait pas de Chine et d’Iran comme on l’avait cru initialement, mais d’Europe. Au Canada, on soupçonne qu’une grande partie du virus est entrée dans le pays par des voyageurs revenant des États-Unis au début de mars. Mais le travail ne fait que commencer à confirmer cette hypothèse.

Dans l’ensemble, M. McArthur prévoit que ce projet génétique nécessitera deux ans de travail.

Dans un restaurant de Montréal, des mannequins pour lutter contre la pandémie

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Dans un restaurant de Montréal, des mannequins pour lutter contre la pandémie

MONTRÉAL — À Montréal, un restaurant s’est associé à un designer de mode pour installer une trentaine de mannequins entre les tables avec un double objectif : assurer la distanciation physique puis vendre les vêtements aux enchères à des fins caritatives.

«On a voulu donner plus d’espace aux clients», explique à l’AFP Jérémie Bastien, chef et propriétaire du restaurant Le Monarque dans le Vieux-Montréal.

Alors que les commerces commencent timidement à rouvrir leurs portes dans la métropole québécoise, épicentre de l’épidémie de coronavirus au Canada, le Monarque a relancé ses fourneaux il y a quelques jours, avec le souci de faire respecter la distanciation sociale.

«Mais on n’a pas voulu retirer des tables ou mettre des panneaux de plexiglas», explique le patron de ce restaurant chic. «Je trouvais ça un peu ordinaire».

Le concept des mannequins vient de l’équipe de la marque de vêtements Sarah Pacini, dont fait partie le designer et couturier québécois Philippe Dubuc.

«Nous avions envie de faire une installation stylisée haut de gamme parce que c’est deux univers qui se rencontrent, la mode et la gastronomie. Je pense, ce sont deux univers qui se côtoient depuis toujours», raconte M. Dubuc.

Les 29 mannequins sont habillés de collections de Sarah Pacini et Philippe Dubuc. Ils s’inspirent «du lieu pour la présentation» afin «que ce soit visuellement beau et que ce soit fluide» pour la clientèle et l’équipe du restaurant, dit-il.

«Encan silencieux»

«Nous sommes là bien sûr pour créer des vêtements et les mettre en marché. Mais [...] notre métier c’est aussi de faire rêver et puis de créer des mises en scène», ajoute le couturier.

«Je trouve que c’est une idée magnifique pour faire la séparation entre les tables et pour rendre l’ambiance beaucoup plus agréable compte tenu de la situation actuelle», dit Nassim Habashi, l’un des clients attablés pour le déjeuner.

Après chaque repas, les clients se voient remettre un certificat-cadeau qu’ils pourront utiliser dans les boutiques Sarah Pacini et Philippe Dubuc.

«C’est vraiment un partenariat qui est très avantageux», souligne le chef Bastien.

Mais le but n’était pas «juste de créer de la distanciation ou d’habiller l’espace», explique-t-il.

L’idée, dit-il, c’est «d’aller un peu plus en profondeur dans le concept : qu’est-ce qu’on peut faire pour aider un peu les gens autour de nous qui ont souffert pendant la pandémie».

L’objectif est, à la fin, «de faire un événement de clôture avec une levée de fonds», souligne le chef. «Donc y aura un encan silencieux» avec les clients qui «pourront acheter les vêtements et ensuite les profits seront remis à une œuvre de charité, soit autour de la nourriture, soit autour de la culture».

La difficulté de trouver une toilette publique pendant la pandémie

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La difficulté de trouver une toilette publique pendant la pandémie

C’est au début juin, à Guelph en Ontario, que des milliers de manifestants ont défilé afin d’apporter leur soutien au mouvement Black Lives Matter, à la suite de l’assassinat de George Floyd aux États-Unis et au décès de Regis Korchinski-Paquet à Toronto.

Mais où donc ont pu se soulager les manifestants ? Nous n’en savons rien.

Comme bien des villes canadiennes, Guelph n’avait que peu de toilettes publiques ouvertes durant la première phase de la pandémie. Bibliothèques, centres communautaires et édifices municipaux étaient fermés au public — bien que certaines réouvertures aient eu lieu fin juin.

À Montréal, par exemple, certaines toilettes publiques dans les parcs demeurent closes,  remplacées parfois par des toilettes mobiles, alors que d’autres sont ouvertes selon des horaires variables, mais toujours limités. Aucune logique ne semble en découler.

Depuis la tristement célèbre fête impromptue au Parc Trinity Bellwoods à Toronto en mai jusqu’aux manifestations de Black Lives Matter, de sérieux défis se posent lorsqu’une foule se réunit en temps de pandémie. Car ces rassemblements amplifient les problèmes préexistants des espaces publics en zone urbaine.

À la fête de Trinity Bellwoods, la majorité des contraventions émises l’ont été pour urination ou défécation en public. En tant que chercheurs en espaces publics à l’université de Guelph, nous avons été frappés par l’ironie de ces contraventions… distribuées alors que les toilettes publiques ainsi que les commerces étaient fermés ! Il n’y avait absolument aucun endroit pour satisfaire ses besoins. Et là où on s’en va quand ça urge d’y aller n’est pas vraiment un sujet de conversation très populaire quand on se retrouve dans l’espace public.

Trouver des toilettes publiques

Même en temps normal, ce n’est pas évident de trouver des toilettes publiques, et leur accès est fréquemment restreint. Les experts en santé publique considèrent que les toilettes publiques ne sont ni plus ni moins contagieuses que n’importe quel autre espace public fermé, et recommandent de les laisser ouvertes. Malgré cela, un nombre déjà insuffisant de toilettes publiques dans bien des villes sont, pour la plupart, restées inaccessibles.

L’espace public et les toilettes publiques sont deux biens communs fondamentaux. Les études démontrent que les gens en déplacement à Toronto comptent sur la gentillesse de propriétaires d’établissements ou de leurs employés qui regardent ailleurs.

De vrais espaces publics devraient être accessibles à tous. Ceux où l’on n’a pas aménagé de toilettes ne sont ni gratuits ni accessibles. Le manque d’investissements dans des commodités — comme des toilettes — diminue la valeur des espaces publics et leur capacité à réunir les gens. Investir dans des équipements sanitaires, en particulier durant une crise de santé publique, suppose que l’on paie des employés pour les nettoyer.

On ne réalise pas souvent à quel point l’entretien des toilettes publiques et les enjeux sanitaires que cela soulève devient un fardeau pour les travailleurs payés au salaire minimum. Les employés qui se retrouvent en première ligne dans les restaurants et les épiceries reçoivent nos éloges durant la pandémie, mais ne sont pas récompensés par des hausses salariales permanentes ni par la sécurité de l’emploi.

Alors que les commerces et lieux de travail commencent à rouvrir selon des règles plus strictes de distanciation sociale, ce seront ces mêmes bas salariés qui feront tourner les affaires et seront chargés de leur protection et de celle des clients, tout en devant appliquer des règles qui ne leur sont pas familières. On a beau éprouver un petit malaise à aborder la géographie de nos arrêts-pipi, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un service public essentiel.

Pisser librement, c’est être libre

L’entretien, cela implique d’embaucher des employés municipaux bien rémunérés et équipés de manière sécuritaire. C’est un élément crucial afin d’assurer le bon fonctionnement des toilettes publiques. Tout au long de notre enquête, nous avons constaté que de nombreuses toilettes publiques dans les parcs de Toronto étaient fermées à des horaires pour le moins curieux, un phénomène largement répandu. Ces espaces mal entretenus et nettoyés deviennent délabrés et inutilisables, quand ils existent.

Mais plutôt que de redoubler d’efforts sur l’entretien, la Ville a décidé de renforcer ses patrouilles chargées du respect de la distanciation sociale… et de s’assurer que personne ne pisse aux mauvais endroits.

Compte tenu de l’absence de toilettes publiques, les personnes qui ont des besoins fréquents risquent d’éviter les réunions publiques. Et le risque encouru de recevoir une contravention pour miction publique pourrait entraîner des confrontations avec les autorités, alors que, comme le mouvement Black Live Matters le démontre, les rencontres entre policiers et les personnes de race noire peuvent s’avérer dangereuses et trop souvent mortelles. Les peuples autochtones sont également sensibles à cet enjeu.

Il faudra repenser les espaces publics à la suite de cette pandémie et avoir un plan d’ensemble qui va inclure des toilettes publiques ouvertes et accessibles à tous. N’oublions pas que l’absence de toilettes publiques mène à l’exclusion.

Le dilemme des toilettes exige un investissement. Pourquoi ? Parce que des toilettes publiques gratuites et accessibles, ce n’est pas seulement juste, c’est nécessaire.

Disney World rouvre ses portes, en pleine flambée du coronavirus en Floride [PHOTOS]

Monde

Disney World rouvre ses portes, en pleine flambée du coronavirus en Floride [PHOTOS]

ORLANDO — Une partie du parc d'attraction Disney World a rouvert ses portes samedi à Orlando, après quatre mois de fermeture, sur fond d'accélération rapide de la pandémie en Floride, qui enregistre des milliers de nouveaux cas de coronavirus chaque jour.

Ils étaient plusieurs centaines à faire la queue samedi matin avant l'ouverture du Magic Kingdom, l'un des deux espaces à de nouveau accueillir du public avec l'Animal Kingdom.

Le parc à thème futuriste EPCOT et le parc Hollywood Studios doivent eux suivre le mouvement à partir de mercredi, au sein d'un ensemble gigantesque qui fait deux fois la taille de Manhattan.

Tous les visiteurs présents samedi avaient réservé leurs billets, pour permettre à Disney de maîtriser le nombre de personnes dans le parc et rendre possible la distanciation physique.

Il n'y a déjà plus de billet disponible pour une visite en juillet.

Le géant du divertissement a mis en place un important dispositif pour tenir compte des risques de propagation du coronavirus.

Étaient ainsi prévus la prise de température systématique à l'entrée, le port du masque obligatoire, l'omniprésence de distributeurs de gel hydroalcoolique et l'espacement minimum de deux mètres dans chaque attraction ou à l'intérieur des boutiques.

COVID-19: Trump masqué pour la première fois, record de contaminations aux États-Unis

Monde

COVID-19: Trump masqué pour la première fois, record de contaminations aux États-Unis

BETHESDA — Le président Donald Trump est apparu pour la première fois samedi portant en public un masque de protection contre le coronavirus, le jour où les États-Unis ont enregistré un nouveau record de contaminations. 

Cette première apparition masquée du président, lors d'une visite à l'hôpital militaire Walter Reed dans la banlieue de Washington, a une forte valeur symbolique aux États-Unis au moment où l'épidémie est en pleine expansion en particulier dans des États du sud comme la Floride ou le Texas.

La COVID-19 continue aussi de progresser rapidement en Amérique latine, où les bilans viennent de dépasser 71 000 morts au Brésil, 11 000 au Chili et 11 000 également au Pérou.

Depuis l'apparition du virus, M. Trump avait évité de se montrer en public avec un masque, alors même que le port de cette protection est recommandé par les autorités sanitaires américaines.

Il avait ainsi contribué à faire de cette question un enjeu de controverse politique, car le refus de porter le masque est vu dans une partie de la société américaine comme une affirmation de la liberté individuelle du citoyen face aux autorités fédérales et internationales.

Christian Gerhaher, le cri d’alarme d’un baryton discret

Musique

Christian Gerhaher, le cri d’alarme d’un baryton discret

AIX-EN-PROVENCE — S’il n’est pas le plus médiatisé, il est l’un des barytons les plus sollicités au monde. Face à la pandémie, Christian Gerhaher s’inquiète du sort de jeunes artistes, appelant à une révision des contrats pour qu’ils ne deviennent pas des «esclaves culturels».

L’Allemand de 50 ans est bien moins connu que son compatriote Jonas Kaufmann, considéré comme le plus grand ténor de sa génération, mais son emploi de temps, pré-COVID, n’en était pas moins rempli.

Pour une de ses rares apparitions en France, il aurait dû chanter en juillet au festival international d’Aix-en-Provence le rôle titre de l’opéra Wozzeck puis dans un récital. Fin juin, il s’y est quand même rendu malgré l’annulation du festival pour chanter un récital d’Alban Berg et de Franz Schubert qui sera diffusé dimanche en France sur France musique et Arte concert.

Gerhaher est considéré comme le maître actuel du Lied, ce poème germanique mis en musique et chanté par une voix accompagnée généralement d’un piano, un peu le format idéal dans un contexte de distanciation sociale. Il est également tout aussi remarquable dans ses rôles d’opéra.

Après une carrière bâtie avec son complice de toujours le pianiste Gerold Huber — une collaboration exceptionnelle de 32 ans —, il dit ressentir une angoisse de voir la jeune génération construire la sienne à l’heure où les arts ont été grandement fragilisés.

«Trop individualistes»

«Les artistes pigistes sont en grand danger, notamment les plus jeunes», reconnaît-il dans un entretien avec l’AFP.

Selon ce Bavarois qui avait abandonné des études de médecine pour le chant, «certains sont traités comme des esclaves culturels en ce moment; on leur dit “tu n’as pas besoin d’être payé, c’est déjà une énorme chance pour toi de chanter” en ces temps. C’est inacceptable.»

S’il regrette le rendez-vous manqué à Aix, il ne s’apitoie pas sur son sort.

«Je vis bien et pendant le confinement, j’ai eu une sorte d’année sabbatique dont je rêvais depuis longtemps. Ça fait 20 ans que je me sens surbooké et chaque année je me dis, j’arrête (...) mais pour beaucoup d’artistes, ça a été catastrophique», dit ce père de famille.

Il déplore surtout le manque de protection des artistes vulnérables en cas de force majeure. «Il n’y a pas de réglementation, il n’y a pas de syndicat qui nous représente car nous sommes trop individualistes, trop compétitifs.»

S’il participe le temps d’un soir à un concert webdiffusé, il se montre méfiant à l’égard de ce medium «dans l’apparence inoffensif, mais qui pose un vrai problème (...) quand les artistes ne sont pas rémunérés». «Ce n’est pas clair, il n’y a pas encore de loi pour la rémunération.

«Nous ne sommes pas juste des streamers, nous faisons une activité qui requiert beaucoup de talent», affirme le chanteur qui rappelle qu’un récital d’une heure trente minutes est «très physique».

Le baryton, dont chaque récital, à Munich, à Londres ou à New York, est un événement, s’est dit même ouvert à des gestes de solidarité.

«Je n’ai pas des cachets de rêve, mais je suis bien payé. Et si c’est nécessaire de diminuer un peu les gros cachets pour augmenter les cachets de base, je ne pourrai pas dire non», dit celui dont on a dit qu’il formait avec Gerold Huber «le meilleur duo de musique classique» de notre temps.

Étranger au «star system» du monde lyrique et aux réseaux sociaux, le baryton qui déplore la régression de l’éducation musicale même dans son pays, défend son art, devenu rare.

«Oui, c’est une niche et ce n’est pas grave», avance-t-il. Mais pour lui, la pandémie est l’occasion de rappeler que sans les arts, «on serait sans substance».

Les salles de concert toujours dans le pétrin malgré le soutien d’Ottawa

Musique

Les salles de concert toujours dans le pétrin malgré le soutien d’Ottawa

TORONTO — Jeff Cohen veut simplement que sa célèbre Horseshoe Tavern, à Toronto, survive à la pandémie de COVID-19.

Depuis les derniers mois, les rideaux de la scène légendaire qui a accueilli des groupes comme les Rolling Stones et The Police sont fermés, et ses célèbres planchers en damier immortalisés dans le clip Bobcaygeon de Tragically Hip sont vides.

Comme la plupart des petites salles de musique canadiennes, l’avenir est incertain pour la Horseshoe Tavern.

«L’industrie des salles de spectacles en ce moment au Canada est au bord de la faillite», a déclaré Jeff Cohen.

«Nous n’ouvrirons probablement pas avant la fin de cette année - peut-être l’année prochaine ... Nous n’avons aucun revenu à venir. C’est un sombre portrait.»

Avec plusieurs autres propriétaires de salles de concert indépendantes, Jeff Cohen a tenté de faire du bruit pour alerter le gouvernement au sujet des années troublantes à venir pour la scène musicale canadienne dans l’espoir que le gouvernement fédéral prenne plus de mesures.

Il y avait une lueur d’espoir mardi lorsque le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, a expliqué les détails d’un programme qui permet aux propriétaires de lieux à but lucratif de demander une part du 20 millions de dollars promis pour soutenir le secteur de la musique devant public.

L’argent sera réparti entre de nombreux joueurs de l’industrie, y compris les propriétaires de salles de spectacle, les promoteurs de concerts, les agents de réservation, les gestionnaires et les festivals de musique. Le financement fait partie de la deuxième phase du Fonds d’urgence relatif à la COVID-19 pour l’industrie culturelle de 500 millions de dollars introduits en mai.

Quiconque qui obtient l’approbation recevra une contribution minimale de 5 000 $ qui devrait durer jusqu’à la fin septembre.

Au-delà du secteur de la musique devant public, le gouvernement fédéral a affecté 5 millions de dollars à l’industrie du disque qui sera administrée par Musicaction et FACTOR, qui se spécialisent dans le développement et le soutien des talents musicaux canadiens.

La Santé publique veut que les clients des bars subissent des tests de dépistage

COVID-19

La Santé publique veut que les clients des bars subissent des tests de dépistage

La direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSP) exhorte clients et employés qui ont fréquenté ou travaillé dans des bars de l’île depuis le 1er juillet d’aller subir des tests pour savoir s’ils ont contracté la COVID-19.

Par voie de communiqué, elle a signalé samedi que des clients ou des employés contagieux avaient fréquenté au moins 5 établissements depuis le 1er juillet. Si certains d’entre eux ont pu été contactés par les autorités, plusieurs n’ont pas pu être rejoints.

On a dénombré au moins huit cas dans ces cinq endroits. Ces bars ne sont pas nommés dans le communiqué.

Selon la DRSP, «il est très probable que d’autres établissements aient été fréquentés par des» personnes atteintes.

Elle a reconnu que la proportion de nouveaux cas chez les jeunes âgés de 15 à 39 ans avait augmenté au cours des dernières semaines dans la région.

Le chef médical du Service Environnement urbain et des saines habitudes de vie à la DRSP de Montréal, le Dr David Kaiser dit craindre que «ces observations ne reflètent que la pointe de l’iceberg». Rappelant que la transmission communautaire demeurait présente à Montréal, il a mis en garde la population «que la pandémie n’était pas derrière nous».

«Si nous voulons amoindrir les impacts d’une potentielle deuxième vague, il faut absolument que les personnes qui commencent à développer des symptômes s’apparentant à la COVID-19 et les personnes ayant potentiellement été en contact avec des cas aient se faire dépister et s’isolent jusqu’à ce qu’elles reçoivent leur résultat», a-t-il lancé.

Jeudi, le gouvernement québécois avait décidé de serrer la vie en imposant un couvre-feu à minuit pour la vente d’alcool dans les bars et l’obligation de fermer à 1h00 du matin.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a également imposé une limite de clientèle à 50 % de la capacité prévue au permis et interdit la danse.

M. Dubé n’avait pas caché son inquiétude devant un soudain renversement de tendance, alors que les données de santé publique faisaient état jeudi de 137 nouveaux cas, soit plus du double que ce qui était enregistré depuis quelques jours.

Les propriétaires de bars seront d’ailleurs encouragés à tenir, sur une base volontaire, un registre des clients.

Aéroport de Montréal en temps de COVID: les voyageurs disent ne pas être inquiets

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Aéroport de Montréal en temps de COVID: les voyageurs disent ne pas être inquiets

MONTRÉAL — S’il y a un endroit où tous portent le masque et respectent les consignes, c’est à l’aéroport Trudeau à Montréal: les employés des lignes aériennes comme des cafés arborent le couvre-visage, tout comme les passagers. Ces derniers se disent d’ailleurs satisfaits des mesures de sécurité et ne craignent pas d’attraper la COVID-19 en vol.

Mardi vers midi, l’aire des comptoirs d’enregistrement de l’un des plus occupés aéroports du pays, celui de Montréal, était étrangement vide, mais les agents de sécurité étaient bien visibles. La liste des vols du jour était courte comparée à un mois de vacances estivales habituel.

Si certains déplorent qu’il y ait trop peu de gens portant le masque dans les commerces de la métropole ou dans le métro, à l’aéroport, tout le monde en a un: ceux qui partent comme ceux qui arrivent, ainsi que tous les employés, peu importe leur emploi: sécurité, construction, entretien ou agents de bord.

Les passagers doivent avoir un masque pour monter à bord d’un avion et ils sont incités à le porter autant que possible. Il est aussi obligatoire dans l’avion et l’aéroport quand les mesures de distanciation physique ne sont pas possibles, selon les directives de Transports Canada.

L’aéroport de Montréal a quant à lui décrété que le port du masque ou d’un couvre-visage est obligatoire «en tout temps» dans l’aérogare et dans les navettes de stationnement.

Un employé du café Java U de l’aérogare, Bekim Devaja, confirme que les passagers respectent bien les règles.

Les gens rencontrés dans l’aérogare disaient ne pas craindre d’attraper la COVID-19 en vol, même si cette semaine, il a été révélé que des gens infectés par le coronavirus ont pris des avions - vols intérieurs et internationaux - notamment à destination de Montréal.

Simon Chayet se rendait mardi à La Baie James, où il a décroché un contrat. Le jeune homme n’est aucunement inquiet: «les mesures de sécurité, ça ne pourrait pas être mieux».

Une jeune femme retournait chez elle en Caroline du Nord: aucune trace d’inquiétude chez elle, pas plus que chez ce couple fin trentaine qui s’en allait en vacances aux Îles-de-la-Madeleine: ils trouvent même que les autorités en font trop.

Une dame blonde qui allait voir sa famille en Alberta dit avoir été rassurée par son agente de voyage qui lui a déclaré notamment «que les avions sont plus sécuritaires que les hôpitaux.»
«Tout le monde porte un masque, a-t-elle dit avant d’aller s’enregistrer. Et tout le monde respecte la distanciation sociale, mais c’est facile, puisqu’il n’y a presque personne dans l’aéroport». 

Elle attendait de voir comment cela allait se dérouler dans l’avion.

Un médecin qui se rendait en vacances en France jugeait impeccables les mesures prises dans l’aéroport pour prévenir la contagion, mais était tout de même un peu inquiet. Il ne sera pas possible de garder ses distances au cours du vol, souligne le Dr Jacques Ricard, et le masque chirurgical a ses limites.

«Ça va être l’enfer», s’est-il exclamé au sujet de son vol de plus de six heures.

Évidemment, il est imaginable que ceux qui s’inquiètent le plus d’attraper la COVID-19 ne soient pas dans un aéroport, prêts à monter à bord d’un avion.

Arrivée au Québec

Quant à ceux qui arrivaient en sol québécois après un vol, ils étaient bien au courant des consignes.

Dans l’aire d’arrivée, normalement bondée de gens attendant leurs proches avec banderoles et ballons, il n’y avait pas un chat: cette section de l’aéroport est interdite.

Ceux qui débarquaient de leurs vols portaient tous le masque. Et ont tous spontanément déclaré qu’ils s’en allaient de ce pas se mettre en quarantaine pour 14 jours: ils étaient bien au fait de la directive.

D’ailleurs, les gens croisés mardi n’arrivaient pas pour y faire du tourisme: des Québécois habitant aux États-Unis rentraient voir des proches malades, et d’autres arrivaient d’Allemagne pour rejoindre leur famille au Québec.

Ils n’apparaissaient pas incommodés de cette obligation: «j’ai de bons livres», a laissé tomber cet homme arrivant de Francfort. Un autre n’avait pas vu sa femme et ses enfants depuis des mois en raison de la COVID, et était fort heureux de rentrer: peu lui importait la quarantaine préventive.

Eux aussi ont jugé les précautions prises sur le vol adéquates: il y avait beaucoup de places vides dans l’avion et les «agentes de bord ont l’air d’infirmières», a blagué un homme.

Éric Paré revenait de Floride. Il a jugé que son vol du retour était beaucoup plus sécuritaire que celui qui l’a emmené aux États-Unis deux semaines auparavant. Même s’il venait de passer un test pour la COVID - négatif - il savait qu’il doit quand même s’isoler chez lui.

Lucette Gignac, 72 ans, n’était pas inquiète mardi, même s’il n’y avait pas eu d’espace entre les sièges dans son vol.

Sur celui de Francine Veredo-Piet, il n’y avait qu’une personne par rangée de sièges. La femme habite en Floride, mais est venue au pays voir sa mère âgée, et ira faire sa quarantaine chez sa soeur en attendant, a-t-elle expliqué.

Si certaines compagnies aériennes avaient annoncé qu’elles allaient garder un siège vide entre chacun de leurs passagers, plusieurs sont depuis revenues sur cette décision.

Plusieurs voyageurs rencontrés dans l’aire d’arrivée ont mentionné que les autorités ont pris leurs coordonnées afin de pouvoir les contacter rapidement si une personne contaminée avait pris le même vol qu’elles.

COVID-19: le nombre de nouveaux cas descend sous la centaine

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COVID-19: le nombre de nouveaux cas descend sous la centaine

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 est redescendu sous la barre des 100 au Québec.

Selon les données du ministère de la Santé publiées samedi, les autorités ont recensé 91 nouveaux cas, pour un total de 56 407 depuis le début de la pandémie.

Le bilan s’est aussi alourdi de huit nouveaux décès, dont quatre survenus avant le 3 juillet. On a déploré jusqu’à maintenant la mort de 5620 personnes à cause du virus.

Si on exclut ces décès et les 25 773 cas considérés comme résolus, on compte au Québec 25 014 cas actifs.

Le nombre d’hospitalisations était en baisse de quatre, à 313. Deux personnes de moins se trouvaient aux soins intensifs, soit 22.

Pas moins de 12 232 prélèvements ont été réalisés au cours de la journée de jeudi.

Vingt-cinq cas s’étaient ajoutés sur l’île de Montréal par rapport à vendredi, pour un total de 27 554. On comptait 58566 cas dans la région de Laval, une hausse de six, et 8117 en Montérégie, une hausse de 19.

On dénombrait aussi 2053 cas en Mauricie-Centre-du-Québec, 1874 dans la Capitale-Nationale, 979 en Estrie, 619 en Outaouais, 342 au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 193 en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Au Canada

Jusqu’à maintenant, on a recensé 107 346 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8773 Canadiens.

Selon les autorités de la santé publique du Canada, 66 % des personnes infectées sont maintenant rétablies.

«À ce jour, les laboratoires au Canada ont analysé les tests de dépistage de la COVID-19 de plus de 3, millions de personnes. Au cours de la dernière semaine, 38 000 personnes en moyenne ont passé un test de dépistage, dont 1 % ont reçu un résultat positif», a déclaré par communiqué l’administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux:
56 407 cas au Québec, dont 5620 décès; 36 594 cas en Ontario, dont 2716 décès; 8596 cas en Alberta, dont 160 décès; 3028 cas en Colombie-Britannique, dont 186 décès; 1066 cas en Nouvelle-Écosse, dont 63 décès; 815 cas en Saskatchewan, dont 15 décès; 325 cas au Manitoba, dont sept décès; 262 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 166 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 33 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

L’odyssée sans fin des patients «Covid-longs»

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L’odyssée sans fin des patients «Covid-longs»

PARIS — Ils se sont baptisés les «Covid-longs», les malades «au long cours» ou les «après J20», ces patients qui souffrent de symptômes persistants longtemps après leur infection par le coronavirus.

Six mois après son apparition en Chine, la liste des symptômes causés par la COVID-19 ne cesse de s’allonger et des milliers de personnes de tout âge ressentent encore ses effets après des semaines voire des mois.

Pour Jenny Judge, psychiatre médico-légale à Londres, tout a commencé en mars, avec de la fièvre, de la toux, des maux de tête et des difficultés à respirer.

À ces symptômes «classiques» se sont progressivement ajoutés, par vagues, des palpitations cardiaques, des éruptions cutanées avec une sensation de brûlure, des hallucinations auditives et des «orteils Covid», avec des lésions et des démangeaisons.

«Maintenant je suis dans une phase digestive», explique-t-elle à l’AFP, au 111e jour de son odyssée.

Plus de 12 millions de cas de COVID-19 ont été recensés dans le monde, entraînant environ 550 000 décès. Six millions de patients sont répertoriés comme «guéris».

Mais cela ne reflète pas complètement la réalité.

Selon une étude sur 143 patients italiens sortis de l’hôpital, publiée jeudi dans la revue médicale Jama Network, 87% souffraient encore d’au moins un symptôme 60 jours après le début de la maladie. Fatigue et difficultés respiratoires le plus fréquemment.

Une autre étude publiée la semaine dernière par l’agence de santé publique des États-Unis montrait que sur 350 personnes interrogées deux à trois semaines après avoir été testées positives, environ 60% des patients hospitalisés et un tiers des malades à domicile n’étaient pas guéris.

Les atteintes aux organes dans les formes graves de COVID-19 ou les séquelles des séjours en réanimation peuvent expliquer que les personnes hospitalisées aient encore besoin de soins.

Mais les malades restés chez eux n’ont souvent pas d’explication pour ces symptômes persistants et font parfois face à l’incrédulité de leurs employeurs et des médecins, en particulier en l’absence de test de diagnostic positif ou si leurs symptômes ne rentrent pas dans la description officielle des autorités sanitaires.

«Ces gens se sentent vraiment délaissés. Certains peuvent ressentir une fatigue très invalidante», observe Tim Spector, professeur d’épidémiologie génétique au King’s College de Londres, à l’origine d’un vaste projet de surveillance des symptômes de la COVID-19.

3,8 millions de Britanniques ont téléchargé l’application lancée en mars, mais aussi plus de 300 000 aux États-Unis et 186 000 en Suède.

19 symptômes ont été identifiés et jusqu’à un patient sur 10 a encore des symptômes après 30 jours.

Tim Spector estime que 250 000 Britanniques pourraient souffrir de COVID persistant. Il juge cette maladie «encore plus bizarre» que les maladies auto-immunes rares comme le lupus, qui présente des manifestations très variées, qu’il étudiait quand il était rhumatologue.

«Certaines personnes ont juste des problèmes de peau, d’autres ont de la diarrhée et des douleurs dans la poitrine, c’est vraiment très inhabituel».

«Ça pourrait être vous»

Des groupes de soutien rassemblent des milliers de personnes sur les réseaux sociaux et des mots-clés ont émergé dans plusieurs langues, comme les  #apresJ20 et  #apresJ60 en français.
Beaucoup disent avoir du mal à se faire entendre du corps médical, en particulier ceux tombés malades au début de l’épidémie, lorsque peu de tests étaient réalisés, et qui n’ont donc pas de preuve médicale de leur infection.

Même en tant que médecin, Jenny Judge confie avoir affronté du scepticisme à l’hôpital. Un médecin lui a ainsi suggéré que son rythme cardiaque élevé pouvait être dû à l’anxiété.
Elle l’explique en partie par le fait que les médecins hospitaliers commencent seulement à voir arriver ces patients, dont les symptômes n’étaient jusqu’ici pas considérés comme assez graves pour justifier un suivi à l’hôpital.

Mais cette femme de 48 ans, sans antécédents médicaux, y voit aussi une part de déni.
«Si vous acceptez qu’une personne qui vous ressemble, qui est médecin, qui a pris toutes les précautions, est encore malade après plus de 100 jours, c’est que ça pourrait être vous», pointe-t-elle.

Faux espoirs

La situation s’améliore toutefois, à mesure que des études se penchent sur le sujet et qu’un nombre croissant de personnes témoignent de leur parcours.

Paul Garner, professeur d’infectiologie à la Liverpool School of Tropical Medicine, a commencé à écrire un blog dans le British Medical Journal, frustré de constater qu’il était encore malade au bout d’un mois, alors que les informations officielles parlaient de symptômes durant deux semaines.

Il a souffert de maux de tête atroces, de souffle court, de fourmillements dans les membres et a une fois cru perdre conscience: «j’ai pensé que j’étais en train de mourir, c’était effrayant à ce point».

Le plus dur à supporter a été la confusion et les changements d’humeur, explique ce médecin de 64 ans jusqu’ici en bonne santé.

Il a eu plusieurs fois de faux espoirs, comme au jour 45 de sa maladie où, se sentant mieux depuis quelques jours, il décida de faire du sport chez lui.

«Patatras! Le lundi: ''me suis senti mal fichu toute la journée, conséquence de l’entraînement''», dit-il dans son journal.

En s’appuyant sur la littérature scientifique traitant du syndrome de fatigue chronique, il a élaboré une routine alternant efforts légers et repos.

Interrogé au jour 96 de sa maladie, il évoque une amélioration progressive, mais s’inquiète que les personnes vulnérables puissent subir des pressions pour reprendre le travail avant d’y être prêtes.

On ne sait pas encore si ces symptômes persistants sont causés par le virus lui-même ou par la réaction immunitaire exagérée du corps.

Selon Tim Spector, certains patients au long cours ont encore des traces de virus dans l’organisme, mais on ignore si cela signifie qu’ils sont encore contagieux.

«Il y aura bientôt des tests rapides dans les aéroports, cela veut-il dire qu’ils ne pourront jamais voyager parce qu’ils restent positifs?», s’interroge-t-il.

Une étude publiée en 2009 sur 233 malades du SRAS, un autre coronavirus, montrait que quatre ans après, 40% des patients déclaraient souffrir de dépression ou de fatigue chronique.

«Les implications pour une rééducation et une aide adaptées aux victimes de SRAS ou de COVID-19 sont évidentes», souligne Yun Kwok Wing, professeur à la Chinese University de Hong Kong, l’un des auteurs de cette étude.

Les jeunes, moins à risque de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir, doivent être avertis du fait que la maladie peut aussi les affaiblir pendant des mois, estime Jenny Judge.

«C’est une sorte de roulette russe, on ne sait pas encore qu’est-ce qui fait que certaines personnes auront une maladie plus longue», souligne-t-elle.

Coronavirus: le point sur la pandémie

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Coronavirus: le point sur la pandémie

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Plus de 560 000 morts dans le monde

La pandémie a fait plus de 560 000 morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles samedi à 12H00 GMT. Plus de 12,5 millions de cas d’infection au Covid-19 ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires.

Les États-Unis sont le pays le plus touché, avec 134 097 décès. Suivent le Brésil avec 70 398 morts, le Royaume-Uni (44 650), l’Italie (34 938), le Mexique (34 191) et la France où le bilan dépasse désormais les 30 000 morts (30 004).

Experts en Chine

Un épidémiologiste et un spécialiste de la santé animale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se rendent ce week-end en Chine pour une mission exploratoire visant à déterminer l’origine du nouveau coronavirus.

La mission des deux experts intervient alors que l’OMS a lancé vendredi un appel à la vigilance face à l’explosion récente des contaminations dans le monde.

Iran: l’économie avant tout

Alors que l’Iran vient d’enregistrer un record de décès quotidiens à cause de l’épidémie (221 morts jeudi), le président Hassan Rohani appelle à faire tourner l’économie coûte que coûte.

Il faut «poursuivre les activités économiques, sociales et culturelles en respectant les protocoles de santé (...) C’est la voie unique», a estimé M. Rohani.

Depuis plusieurs semaines, la pandémie gagne du terrain en Iran, pays le plus touché du Proche et Moyen-Orient, avec un total de 12 635 morts pour plus de 255 000 cas.

La Californie libère des prisonniers

La Californie va libérer plusieurs milliers de prisonniers pour réduire la propagation du coronavirus dans ses établissements pénitentiaires surpeuplés.

Jusqu’à 8000 détenus pourront prétendre à une libération anticipée d’ici fin août, rejoignant ainsi les 10 000 autres déjà libérés depuis le début de la crise sanitaire.

La Californie, le plus peuplé des États américains avec près de 40 millions d’habitants, a enregistré plus de 300 000 cas d’infections et plus de 6800 décès.

Gates appelle à l’équité

Le milliardaire américain Bill Gates a appelé à une répartition équitable des médicaments et futurs vaccins anti-Covid à l’échelle de la planète pour mieux combattre la pandémie.

«Si nous laissons les médicaments et les vaccins aller aux plus offrants, au lieu des gens là où on en a le plus besoin, nous aurons une pandémie plus longue, plus injuste et plus meurtrière», a déclaré le fondateur de Microsoft, dans un message vidéo lors d’une conférence internationale virtuelle sur la maladie Covid-19.

Emirates coupe dans ses effectifs

La compagnie aérienne Emirates qui a réduit de 10% ses effectifs en raison de la pandémie pourrait au final supprimer 15% de ses employés, soit 9000 postes.

La plus grande compagnie aérienne du Moyen-Orient, contrainte d’interrompre ses activités fin mars en raison de l’épidémie, «devrait probablement» licencier jusqu’à 15% de son personnel, selon son PDG Tim Clark.

Europe: engouement pour le camping-car

Depuis le déconfinement, on observe en Europe «un véritable engouement pour le camping-car» qui s’explique en partie par les nouvelles règles de distanciation sociale, selon le président de la Fédération européenne du camping-car (ECF), François Feuillet.

En Allemagne, le principal marché européen, plus de 10 000 nouveaux camping-cars ont été immatriculés en mai (+32% sur un an) tandis que la France a connu 3529 nouvelles immatriculations (+2%).

Histoire des épidémies au Québec: un air de déjà-vu

COVID-19

Histoire des épidémies au Québec: un air de déjà-vu

Comme le reste de la planète, le Québec n’a pas été épargné au fil des siècles par les épidémies. Choléra, typhus, variole, grippe espagnole, et maintenant la COVID-19, autant de fléaux qui ont frappé durement la population et démontré les difficultés des pouvoirs publics à réagir avec efficacité face au danger. Or, si les temps ont changé et que la science a développé une meilleure compréhension des virus, plusieurs comportements sont demeurés les mêmes. Le Soleil en a discuté avec Denis Goulet, professeur associé à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, spécialiste en histoire de la médecine et des maladies, et auteur du livre Brève histoire des épidémies au Québec – Du choléra à la COVID-19. L’entrevue a été éditée à des fins de clarté.

Q À la lecture de votre ouvrage, quand on observe toutes les épidémies de peste, de choléra, de typhus et de coronavirus qui ont déferlé sur le monde au fil du temps, on réalise finalement que les pandémies ont toujours fait partie intégrante de l’histoire de l’humanité.

R Oui, toujours. Il y a eu des récurrences qui sont plus accentuées dans certains pays d’Asie du Sud-Est et en Inde, où surviennent encore des éclosions localisées de peste. Ces épidémies se multiplient, car certains virus parviennent à franchir la barrière animale jusqu’à l’homme. Le canard et le porc sont souvent des vecteurs de transmission. Plus la population mondiale est en croissance, plus la promiscuité entre l’homme et les animaux est grande. C’est aussi ce qui s’est passé avec le sida ou le virus de l’Ebola.

Q Peu importe les époques, on constate que les épidémies provoquent des réactions excessives et étranges dans la population. On parle de punition divine, on cherche des boucs émissaires, on remet en question la science. Autrement dit, plus ça change, plus c’est pareil, si on regarde ce qui se passe avec la COVID.

R Au fond, les attitudes et les représentations varient assez peu. C’est le cas avec les comportements de peur, de négation de la maladie — on le voit avec l’attitude de (Donald) Trump et de (Jair) Bolsonaro (le président du Brésil) — les théories du complot... Les Juifs sont devenus les boucs émissaires lors des épidémies de peste. Pour la grippe espagnole, on accusait les Allemands dans les tranchées (pendant la Première Guerre mondiale) d’avoir véhiculé le virus. À l’inverse, on voit apparaître des comportements plus positifs, comme le soutien, l’entraide, le courage.

Q Quand vous voyez des rassemblements de fêtards dans les partys et les bars, sans aucune mesure prophylactique ou de distanciation, est-ce que ça vous étonne?

R Comme historien, pas tellement. Pendant la grippe espagnole, il y a eu peu de ces rassemblements, parce que les gens étaient plus disciplinés. La vie était plus dure aussi, les journées de travail plus longues. Il y avait un ordre moral plus fort. Les jeunes étaient davantage soumis à l’autorité des parents. On vit aujourd’hui dans une société beaucoup plus hédoniste, où le plaisir l’emporte.

Q C’est sans compter l’impact des médias sociaux qui propagent une multitude d’informations souvent fausses.

R Absolument. C’est beaucoup plus répandu, mais en même temps, on ne peut pas dire que la propagation de fausses nouvelles est récente. Lors de l’épidémie de grippe espagnole, un médecin de Sherbrooke prétendait avoir trouvé un médicament miracle. C’était de la désinformation, car il n’existait aucun remède contre cette maladie. Ç’a dû créer beaucoup de contamination, parce que la personne qui croyait se protéger en utilisant du camphre, il est fort possible qu’elle se soit promenée dans des lieux publics en toute confiance. 

Q Vous écrivez que les autorités politiques et économiques n’établissent des mesures préventives qu’à la suite d’une période de crise. On a souvent reproché au gouvernement Legault d’avoir agi sur le tard pour prendre des mesures alors que le virus se répandait en Chine et en Europe. Que pensez-vous de ces critiques?

R Quand j’ai vu que le virus était rendu en Italie du Nord, il devenait évident qu’il toucherait l’Europe et l’Amérique. Aujourd’hui, les virus n’ont plus de frontière, avec les milliers de vols internationaux quotidiens et le tourisme de masse. Comme professeur en épidémiologie et plus sensible à la question que la moyenne des gens, j’avais même averti des amis qui venaient d’acheter des billets pour un voyage en Italie que ce n’était pas le moment de partir. Ils seraient tombés en pleine pandémie. Ils m’en remercient aujourd’hui. Ce que je reproche au gouvernement, c’est d’avoir agi trop tard, d’avoir été trop attentiste. J’ai été surpris qu’il n’y ait pas eu de mesures pour inciter les gens à rester chez soi pendant les deux semaines de relâche (en mars). Derrière tout cela se profile l’idée, fondamentale selon moi, du principe de précaution. Vaut mieux prévenir que guérir. Quand on étudie l’histoire des épidémies, on se rend compte que les pouvoirs publics interviennent toujours après les situations de crise. Par exemple, c’est après l’épidémie de variole, en 1885, que le gouvernement a créé le Conseil d’hygiène de la province de Québec. Après l’épidémie de grippe espagnole, ce fut le ministère fédéral de la Santé, en 1919. Ce sont moins les experts scientifiques qui sont fautifs que parfois les décideurs politiques.

Q En 1920, alors qu’on croyait que la pandémie de grippe espagnole était disparue, une seconde vague d’influenza a frappé le Québec. Croyez-vous que le même scénario risque de se répéter avec la COVID-19?

R En 1920, la deuxième vague a été beaucoup moins importante. Il y avait eu tellement des gens atteints par le virus qu’une immunisation collective s’était faite. C’est moins le cas aujourd’hui. Mais je suis plutôt optimiste. Dans l’histoire des grandes pandémies, il y a eu peu de deuxième vague, à part celle de la grippe espagnole. Quand la grande courbe descend, il arrive parfois de voir réapparaître une petite courbe, mais généralement elle s’atténue assez vite. Dans le cas de la COVID, tout va dépendre du comportement de la population. Si les gens respectent les mesures sanitaires — et ça inclut le port du masque dans les endroits fermés —, je crois qu’on peut éviter une deuxième vague. Je serais plus optimiste si nous étions dans une culture germanique. En Allemagne, les gens sont disciplinés, ce qui n’est pas le cas au Québec. Tout responsable de santé publique doit tenir compte du facteur culturel. En Espagne, par exemple, ç’a été très difficile. Les Espagnols vivent en famille élargie, sortent souvent dans les restaurants manger des tapas. Ils sont toujours en groupe. Or, la pandémie a frappé fort là-bas.

Q Vous terminez votre livre en traçant un parallèle entre l’attentisme des pouvoirs publics et économiques face aux pandémies, et celui qu’on constate à l’égard des grands problèmes environnementaux découlant du réchauffement climatique. Autrement dit, si on ne déploie pas autant d’énergie à sauver la planète qu’à éradiquer un virus, ce n’est pas joyeux ce qui nous attend...

R Non. Je n’ai pas de petits-enfants, mais si j’en avais, je ne serais pas très optimiste pour eux. Il y a vraiment un mouvement de surconsommation, même chez la jeune génération.

Denis Goulet, Brève histoire des épidémies au Québec – Du choléra à la COVID-19Éditions Septentrion, 180 pages

Vaccin contre la COVID-19: oiseau rare, poule aux oeufs d'or ou miroir aux alouettes?

Monde

Vaccin contre la COVID-19: oiseau rare, poule aux oeufs d'or ou miroir aux alouettes?

PARIS — La quête d'un vaccin contre la COVID-19, c'est l'équivalent du «Tour du monde en 80 jours»: une course planétaire plus rapide que jamais, avec d'énormes enjeux financiers. Mais gare aux effets d'annonce, aux espoirs déçus et aux problèmes de sécurité, préviennent des spécialistes.

Combien de vaccins?

Dans son dernier point daté du 6 juillet, l'OMS recense 21 «candidats vaccins» évalués dans des essais cliniques sur l'homme à travers le monde (contre 11 mi-juin).

Le tiers de ces essais est fait en Chine. Ce pays, qui a vu émerger le virus SARS-CoV-2, veut être le premier à disposer d'un vaccin et n'hésite pas à multiplier les procédures accélérées.

La plupart des essais actuels en sont encore au stade appelé phase 1, qui vise avant tout à évaluer la sécurité du produit, voire en phase 2 (où on peut déjà explorer la question de l'efficacité).

Deux des candidats sont au stade le plus avancé, la phase 3, où l'efficacité est mesurée à grande échelle: le projet européen de l'Université d'Oxford, en coopération avec la société AstraZeneca, et celui, chinois, du laboratoire Sinovac, en partenariat avec l'institut de recherche brésilien Butantan.

Outre les essais déjà entamés, l'OMS comptabilise 139 projets de candidats vaccins qui sont en phase pré-clinique d'élaboration.

Quelles techniques?

Il existe différentes approches, avec des catégories de vaccins éprouvés ou au contraire expérimentaux.

Certaines équipes travaillent sur des types de vaccins classiques, qui utilisent un virus qu'on a «tué» (ce sont les vaccins de type «inactivés») ou rendu moins virulent (les «vivants atténués»).

Il y a également des vaccins dits «sous-unitaires», à base de protéines (des antigènes) qui déclenchent une réponse immunitaire, sans virus.

D'autres vaccins, dits «à vecteur viral», sont plus innovants: on utilise comme support un autre virus (par exemple celui de la rougeole, comme le fait l'Institut Pasteur) qu'on transforme et adapte pour combattre la COVID-19.

En Méditerranée, le tourisme menace de nouveau les cétacés

Monde

En Méditerranée, le tourisme menace de nouveau les cétacés

LA CIOTAT — Des bancs de dauphins ondulant tout près des côtes françaises, des regroupements de cachalots dans des zones inhabituelles: en mer Méditerranée, le confinement décrété contre le coronavirus a profité aux cétacés mais la saison touristique pourrait tout gâcher.

«Dès que les plaisanciers sont revenus, on a vu circuler des vidéos qui nous ont hérissé le poil», déplore Marion Leclerc, de l'association scientifique pour la conservation des cétacés «Souffleurs d'écume».

L'une d'elles montre une «rencontre» avec un rorqual dans le golfe de Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur: le bateau s'approche à quelques mètres et trois adolescents se jettent sur le cétacé munis de simples masques et tubas. Dangereux pour le rorqual... comme pour l'homme: «On parle d'un animal qui pèse 70 tonnes!», souligne Mme Leclerc.

L'association «Souffleurs d'écume» s'inquiète de voir revenir certains opérateurs qui «traquent» les animaux par drone puis proposent aux touristes de nager avec eux.

«Beaucoup oublient que la Méditerranée est aussi une maison, où les animaux se nourrissent, se reproduisent, se reposent», déplore l'association qui forme des opérateurs touristiques à une pratique responsable d'observation des animaux marins.

Toute petite mer - 1% de la surface mondiale des océans -, la Méditerranée abrite plus de 10 000 espèces. 21 sortes de cétacés - sur les 87 recensées dans le monde - ont été observées dans ses eaux et celles de la mer Noire, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La plupart sont classées «en danger».

Outre les rencontres avec des touristes trop entreprenants, ces animaux risquent des collisions avec les navires, dans une mer concentrant 25% du trafic mondial. «C'est la première cause de mortalité non naturelle chez les grands cétacés», selon Marion Leclerc.

Capteurs de son 

Dans la baie de La Ciotat, une cinquantaine de dauphins bleus et blancs plongent un matin d'été autour du bateau pneumatique du Groupement d'Intérêt Scientifique pour les Mammifères Marins de Méditerranée (GIS3M).

À la barre, Laurène Trudelle explique: «il faut réduire sa vitesse, se placer en parallèle à leur trajectoire pour éviter de leur couper la route, après ils viennent jouer s'ils veulent!».

Pendant les mois de confinement, l'arrêt presque total du trafic maritime a permis à certains cétacés de conquérir des espaces habituellement trop fréquentés par l'homme. Même les plus vieux d'entre eux, âgés d'une centaine d'années, n'avaient jamais connu telle tranquillité.

Plombé par la pandémie, Trump forcé de reporter un rassemblement

Monde

Plombé par la pandémie, Trump forcé de reporter un rassemblement

DORAL — Donald Trump a reporté à la dernière minute un meeting initialement prévu samedi, officiellement à cause d'une tempête, alors qu'il cherchait à redonner un coup de fouet à sa campagne pour un second mandat face à un Joe Biden de mieux en mieux placé dans les sondages.

Le président a de nouveau blâmé la Chine pour la pandémie: «Les relations avec la Chine ont été gravement endommagées», a-t-il asséné à bord de son avion à des journalistes. 

La porte-parole du président américain a annoncé vendredi que le rassemblement prévu à Portsmouth dans le New Hampshire était reporté «d'une semaine ou deux», officiellement en raison de la menace posée par la tempête tropicale Fay.

Ce rassemblement avait suscité l'inquiétude car le New Hampshire est l'une des rares régions du pays où la pandémie de COVID-19 est en déclin. Même le gouverneur républicain de l'État avait dit qu'il ne serait pas venu, par précaution sanitaire, et l'équipe Trump semblait avoir renoncé à une forte affluence.

Ce n'est pas donc pas ce week-end que Donald Trump rebondira après la déception du rassemblement de Tulsa, dans l'Oklahoma le 20 juin, qui avait rassemblé 6 200 personnes dans une salle à moitié vide, et qui a été suivi par une flambée de nouveaux cas de COVID-19 deux semaines après.

«Faites attention, et nous serons bientôt là!» a tweeté Donald Trump.

Le dirigeant républicain passait la journée de vendredi à Miami, en Floride, où il a rendu visite au commandement militaire pour l'Amérique du Sud, puis participé à une table-ronde sur le «soutien au peuple vénézuélien» dans une église. À son arrivée à l'aéroport, chez les militaires, tous les officiels portaient des masques.

«Nous sommes toujours en train de le combattre [le virus|, et nous obtiendrons de très bon résultats», a-t-il assuré.

Mauvais sondages 

Le président américain persiste à dire, faussement, que la flambée des cas est uniquement due à un meilleur dépistage. Depuis un mois, le nombre de tests réalisés quotidiennement a augmenté de 33%, mais le nombre de cas détectés de 167%, selon les données du Covid Tracking Project. Au Texas, en Floride, dans l'Arizona et en Californie, l'écart est plus grand encore.

Le nombre de morts dus à la COVID-19, au niveau national, qui avait chuté depuis les pics d'avril à la faveur de l'amélioration de la situation à New York, a recommencé à monter récemment, les nombreuses contaminations du mois de juin se transformant progressivement en décès. Ces derniers jours, le Texas et la Floride ont rapporté chacun leur nombre record de décès depuis le début de la pandémie.

La campagne de réélection du président en souffre.

COVID-19: explosion du nombre des cas, inversion «encore» possible, selon l'OMS 

Monde

COVID-19: explosion du nombre des cas, inversion «encore» possible, selon l'OMS 

GENÈVE — Le nombre des cas de COVID-19 a récemment explosé, mais on peut «encore» maîtriser la situation à condition d'intervenir très rapidement sur les foyers de la maladie, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé.

«Seule une action agressive combinée à une unité nationale et une solidarité mondiale peut renverser la trajectoire», a déclaré à Genève le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lequel «il existe de nombreux exemples dans le monde entier qui ont montré que même si l'épidémie est très intense, elle peut encore être ramenée sous contrôle».

Et ce bien que, a-t-il souligné, les contaminations aient «plus que doublé ces six dernières semaines».

Si des cas réapparaissent, il faut «agir vite», a insisté Maria Van Kerkhove, une autre responsable de l'OMS. Il faut éviter le confinement de pays entiers, a déclaré un de ses collègues, Michael Ryan, mettant en garde contre les déconfinements «à l'aveuglette» sans mesures de surveillance.

La pandémie a fait plus de 556 000 morts pour plus de 12,3 millions de cas au total recensés depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi vendredi par l'AFP à partir de sources officielles.

Washington salue l’enquête de l’OMS sur les origines du coronavirus en Chine

Monde

Washington salue l’enquête de l’OMS sur les origines du coronavirus en Chine

GENÈVE — Les États-Unis ont salué vendredi l’enquête lancée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les origines du virus en Chine, où deux experts de l’organisation sont attendus dans les prochaines heures pour une mission exploratoire.

«Nous nous félicitons de l’enquête de l’OMS sur les origines du nouveau coronavirus en Chine», a déclaré l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies à Genève, Andrew Bremberg, à des journalistes.

«Nous considérons cette enquête scientifique comme une étape nécessaire pour avoir une compréhension complète et transparente de la manière dont ce virus s’est répandu dans le monde», a-t-il ajouté, dans une déclaration inhabituellement positive concernant l’OMS.

Les États-Unis, qui ont lancé officiellement mardi la procédure de retrait de l’OMS, vilipendent l’organisation depuis le début de la crise, l’accusant d’avoir tardé à réagir et surtout d’avoir été trop complaisante avec la Chine, où est apparu le virus fin 2019.

Donald Trump avait annoncé fin mai «mettre fin à la relation» entre son pays et l’OMS, qualifiée de «marionnette de la Chine».

Les deux experts de l’OMS – un épidémiologiste et un spécialiste de la santé animale – sont attendus ce week-end à Pékin.

Ils doivent préparer le terrain à une mission plus large qui devra déterminer l’origine du coronavirus responsable de plus de 555 000 morts depuis fin décembre.  

L’ambassadeur des États-Unis a dit espérer que les autorités chinoises offriraient aux scientifiques «un accès complet aux données, aux échantillons et aux localités».

Une porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, a expliqué vendredi à la presse que «l’une des plus grandes questions est de savoir si le virus a été transmis à l’homme par un animal, et de quel animal il s’agit».

La grande majorité des chercheurs s’accorde à dire que le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 – à l’origine de la pandémie – est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu’il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l’homme.

C’est cette pièce du casse-tête que la communauté scientifique internationale et l’OMS espèrent découvrir afin de mieux comprendre ce qui s’est passé, pour mieux cibler les pratiques à risques et éviter une nouvelle pandémie.

COVID-19: de grandes épiceries se défendent du retrait des primes aux employés

Affaires

COVID-19: de grandes épiceries se défendent du retrait des primes aux employés

OTTAWA — Les dirigeants de trois des plus grandes chaînes d'épiceries au pays, Loblaw, Empire et Metro, étaient en communication avant l'octroi et avant le retrait des primes salariales allouées dans le cadre de la pandémie de COVID-19, mais ils nient que leurs décisions étaient coordonnées.

Le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie de la Chambre des communes a cuisiné vendredi les grands patrons de Loblaw, d'Empire et de Metro, leur demandant d'expliquer pourquoi ils ont tous cessé de verser ces bonis dès le 13 juin.

Les trois dirigeants ont dit avoir pris cette décision de manière indépendante en tenant compte de plusieurs facteurs, tout en connaissant les intentions de leur concurrence après avoir parfois échangé des appels et des courriels.

La présidente de Loblaw, Sarah Davis, a admis avoir envoyé ce qu'elle désigne comme un «courriel de courtoisie» en vue du lancement du programme de rémunération bonifié. Et elle a également prévenu ses concurrents, le 11 juin, lorsque Loblaw a choisi de mettre fin au programme.

Le président et chef de la direction de Metro, Éric La Flèche, reconnaît que son entreprise était au courant de la démarche de Loblaw lorsqu'elle a mis fin à ses propres primes, mais il affirme qu'il s'agissait d'«un facteur parmi d'autres» dans son processus décisionnel.

Du côté d'Empire, qui détient les marques Sobeys et Safeway, le président et chef de la direction Michael Medline soutient avoir eu vent de la décision de Loblaw, sans toutefois avoir reçu le courriel de Mme Davis.

«Permettez-moi d'être absolument clair, nous n'avons pas coordonné nos décisions», a soutenu M. Medline, dans son allocution d'ouverture devant le comité.

«La décision était la nôtre.»

Sarah Davis a abondé dans le même sens, mais a reconnu leur avoir transmis un «courriel de courtoisie», de même qu'à Walmart et à Save-On-Foods. Ces autres enteprises n'étaient pas représentées vendredi lors de l'audience de deux heures devant le comité des Communes.

Le courriel de Mme Davis les avisait de la décision de Loblaw de mettre un terme à son programme à compter du 13 juin. Loblaw en avait déjà informé ses quelque 200 000 employés et affirmait que «la nouvelle serait immédiatement rendue publique», a précisé Mme Davis.

Face aux questions du comité, M. La Flèche a indiqué qu'il avait bel et bien pris connaissance de ce courriel lorsque Metro a décidé de retirer ses primes simultanément.

«Nous avons pris notre propre décision à partir de l'information dont on disposait, ce qui comprenait ce dernier élément d'information, oui», a-t-il déclaré.

Parmi les autres facteurs ayant pesé dans la balance figurent la réouverture d'autres détaillants, de faibles volumes d'affaires, le retour graduel à la normale et la relance de l'économie de manière plus générale, a-t-il fait souligné.

Mme Davis a dit avoir reçu une réponse à son courriel du 11 juin, dont elle doit présenter des copies devant le comité.

Hormis ce premier «courriel de courtoisie» transmis lorsque Loblaw avait d'abord décidé d'instaurer les primes, Mme Davis a dit ne pas avoir souvenir d'autres correspondances électroniques du genre.

M. La Flèche a reconnu avoir pour sa part réalisé plusieurs appels téléphoniques lors des mois de mai et de juin pour demander à ses concurrents s'ils comptaient prolonger leurs primes.

«En parfaite conformité avec la Loi sur la concurrence, j'ai demandé à mes vis-à-vis leurs intentions quant au maintien ou non de la prime temporaire», a-t-il déclaré.

Ceux-ci lui ont répondu que leur décision n'était pas encore prise.

«Quoi qu'il en soit, ces appels ont été faits dans le cadre d'un processus décisionnel beaucoup plus large et (...) n'ont pas informé nos décisions.»

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il avait effectué ces appels, M. La Flèche a répondu qu'il «voulait autant d'information que possible afin de prendre la meilleure décision pour notre entreprise, pour nos employés, au moment opportun». Il n'était «absolument pas» question de parvenir à un accord tacite sur les salaires, a-t-il maintenu.

Les dirigeants ayant contacté leurs vis-à-vis disent avoir d'abord sollicité des conseils juridiques. Des avocats auraient également été présents lors d'au moins une discussion téléphonique.

Selon le président d'Unifor, Jerry Dias, l'audience était l'occasion pour ces chefs d'entreprise d'admettre qu'ils avaient eu tort de retirer les primes.

«Nous avons plutôt eu droit à des dirigeants d'épicerie grassement payés, insistant sur le fait qu'il n'y a pas eu de collusion, puis déclarant de manière remarquable pratiquement la même chose encore et encore», s'est-il indigné dans un communiqué.

«J'attends avec impatience la décision du comité à ce sujet.»

Le syndicat réclame que les primes soient transformées en hausses salariales sur une base permanente et se montre critique des détaillants qui les ont retirées alors que la pandémie bat toujours son plein.