Une quarantaine d’infirmières et d’infirmiers ont appris comment se protéger face à une attaque venant d’un usager.

Cours d'autodéfense pour les infirmiers: se protéger en cas de crise

Environ 40 infirmières et infirmiers ont répondu à l’invitation des propriétaires de Speedy Gym et de Body Gym pour apprendre des techniques d’autodéfense. Le cours a été adapté pour respecter les actes permis par le personnel infirmier.

Devant le nombre important d’inscriptions, Dirk Waardenburg et Charles Hauver ont décidé d’ouvrir deux classes tout à fait gratuitement. Soixante-cinq personnes s’étaient d’abord inscrites. 

Myriam et Isabelle travaillent avec une clientèle plus à risque. Les notions qu’elles venaient apprendre pourraient être utiles, mais aucune infirmière et aucun infirmier ne veulent se rendre jusque là. 

Ils ont reçu leur formation Omega, ou l’auront bientôt, pour la prévention de la violence. Ce programme vise à développer des modes d’interventions pour assurer sa sécurité et celle des autres en cas d’agressivité. On y apprend la pacification par la parole.

La proposition de Speedy Gym ajoute un outil dans le coffre des infirmiers. 

« J’ai jugé bon d’avoir cette formation-là, mais c’est sûr qu’on ne veut pas en arriver là, commente Myriam, qui travaille en santé mentale. Il y a la pacification, mais des fois, quand un usager est agressif et s’en prend à nous, c’est sûr que c’est bon d’avoir cette formation-là. On ne veut pas frapper, mais maîtriser la situation s’il y a lieu. »

Ce qu’approuve Marc-Antoine, qui est venu se rafraîchir la mémoire, lui qui a une base en karaté.

D’avoir ces notions, qu’elles servent ou non, « c’est sûr que ça diminue le stress, ajoute Isabelle, qui travaille avec des patients ayant un trouble cognitif. C’est sûr que ce n’est pas de leur faute, mais des fois il faut savoir comment interagir avec eux, rester calme et savoir se déprendre, parce que des fois, c’est nous qui sommes pris. On ne veut pas leur faire mal, on ne veut pas les blesser, mais il faut savoir les trucs pour se déprendre. »

Un atelier adapté

Frédéric travaille auprès des patients de l’urgence. Il a participé à la formation par curiosité, mais aussi en sachant que la situation vécue par l’infirmier au triage de l’hôpital de Granby, au début du mois, peut arriver de nouveau. Rappelons qu’un patient colérique a violemment agressé cet employé.

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« Ce sont des situations qui peuvent arriver, malheureusement, explique Frédéric. Des fois, à l’urgence, il y a des gens en crise. Ça ne se passe pas toujours comme on voudrait. La pacification ne fonctionne pas toujours. C’est le fun de savoir comment bien se protéger et bien réagir. »

Vu la vocation des participants, toute notion de réplique qui pourrait blesser le patient était exclue.

Sachant qu’il y a des gestes que les infirmières et infirmiers ne peuvent pas poser, les formateurs ont adapté leur atelier pour se concentrer sur la protection.

Normalement, un cours d’autodéfense montre comment se protéger et contre-attaquer. 

« Ce qu’on montre, c’est uniquement la protection, explique Charles Hauver, enseignant certifié MDS (Mastro defense system). On leur montre comment ne pas se faire frapper et agresser et comment repousser la personne pour laisser du temps aux autres infirmiers de venir aider sans faire mal au patient. »

Vu la vocation des participants, toute notion de réplique qui pourrait blesser le patient était exclue.

Les formateurs étaient heureux du taux de participation.