Beaucoup de jeunes ont participé à la deuxième édition de l'Ultra Mont du Collège Mont-Sacré-Coeur.

Courir pour se dépasser

Il y a de ces profs allumés dont les élèves se souviendront toute leur vie. Célyne Paradis, Véronique Plourde et Benoît Vincent en font certainement partie, notamment grâce à leur façon de pousser leurs élèves à se dépasser. Ces trois enseignants du Collège Mont-Sacré-Coeur sont derrière la deuxième édition de l'Ultra Mont, durant laquelle plusieurs jeunes ont couru à relais pendant 24 heures jusqu'à l'atteinte de 160 kilomètres par équipe.
Les profs Véronique Plourde, Célyne Paradis et Benoît Vincent sont derrière l'organisation de l'Ultra Mont, durant lequel les jeunes doivent courir à relais, en équipe, pour atteindre 160 km en 24 heures.
Il faut dire que les jeunes ne semblent pas avoir été trop difficiles à convaincre. Pour l'occasion, le terrain de l'école secondaire privée s'était transformé en camping avec de la musique, des roulottes, des tentes, un feu de camp et des objets divers qui servaient de relais. Aux 46 inscrits s'étaient ajoutés six autres coureurs samedi matin, avant le passage de La Voix de l'Est. Le départ a été donné à 10 h et le défi s'est terminé à la même heure, dimanche matin.
« On a commencé à courir il y a deux mois. Tous les mardis, on fait des pratiques pour les jeunes de 16 h à 17 h, après l'école, explique Célyne Paradis, enseignante en arts plastiques et en éducation physique. On court avec eux et on fait des boucles à Granby, ça les motive. On en parle beaucoup à l'école aussi, dans nos groupes. Je pense que c'est l'aspect social qui les attire. »
Il y a l'objectif d'équipe - 160 kilomètres -, mais il y a aussi les objectifs personnels. Certains veulent courir un marathon, d'autres, simplement se mettre en forme. Une des équipes, plus compétitive, avait l'intention de courir les 160 km en 13 heures.
Prendre goût à l'aventure
Jean-Philippe Montilla-Martinez fait partie de ceux qui n'aimaient pas courir. « Y'avait Benoit (Vincent) qui m'agaçait chaque fois pour que je vienne aux pratiques, comme certains de mes amis, raconte-t-il. Finalement, j'ai décidé d'aller faire une pratique sous le principe de 2 minutes de course, 2 de marche en alternance. »
L'ado de 13 ans a bénéficié des conseils de ses profs pour acquérir une bonne technique de course et M. Vincent lui a fait un plan de match pour qu'il fasse le défi à son rythme sans s'épuiser. « L'important, c'est d'être encore capable de courir à minuit », souligne l'enseignant de français et d'univers social.
Jean-Philippe s'est lancé dans l'aventure et y a pris goût, avoue-t-il, les écouteurs pendant autour du cou. « C'est pas plate. J'aime quand même ça parce que tu peux penser à autre chose. Tu es dans un monde différent, tu es seul. J'ai mes écouteurs, puis je pense à autre chose qu'à mes examens finaux », dit-il, déclenchant des éclats de rire autour de lui.
Il assure qu'il continuera de courir, d'autant plus que, comme son ami Olivier, il joue au football et qu'il améliore ainsi ses capacités cardiovasculaires. Olivier, quant à lui, s'est donné comme objectif de courir un minimum de 42 km en 24 heures.
C'est l'équipe composée de Laurier, Brian, Gabriel, Louis-Philippe, Antoine et de Steve, ancien stagiaire en éducation physique, qui avait pour objectif de terminer à 23 h samedi soir, « sans être trop ''rackés''. Ce qui est difficile, c'est qu'on a des pauses de 50 minutes et après ça, faut repartir pour 2 km. »
Les jeunes ont finalement réalisé l'exploit en... 12 heures 22 minutes !
L'objectif ultime
Ils devaient maintenir un rythme de 4,5 minutes par kilomètre pour y arriver. Le but ultime ? Aller au Bromont­ Ultra, en octobre, et remporter le 160 km en équipe. L'an dernier, les jeunes avaient terminé en deuxième position face à des équipes d'adultes.
Célyne Paradis a formé deux équipes l'an dernier pour participer au défi de Bromont. Elle souhaite en mettre sur pied quatre cette année. 
Le Bromont Ultra est un défi difficile, mais Mme Paradis remarque que la version revisitée de l'école, à plus petite échelle, rend l'atteinte de 160 km en équipe plus accessible.
« Avec notre boucle, je peux aller chercher du secondaire 1 jusqu'à 5, puis du monde qui sont moins en forme parce que tu peux le marcher. Les jeunes pourraient même dire qu'ils se relaient après un kilomètre. Ça va chercher plus de monde pour participer à l'épreuve », observe-t-elle.
Les jeunes semblaient apprécier l'expérience. Les sourires étaient sur tous les visages. Certains s'absentaient quelque temps pour vaquer à d'autres obligations, comme le travail ou un match de soccer, et revenaient ensuite le défi. Des parents et même un petit frère de 4 ans se sont joints aux équipes.