«Prétend-on que cela n'a aucun impact sur la réussite éducative?», a demandé Martin Laboissonnière, délégué syndical au Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska. Une cinquantaine d'enseignants étaient présents à l'assemblée de la commission scolaire.

Coupes à Val-des-Cerfs: ras-le-bol des enseignants

Les compressions à Val-des-Cerfs irritent de nombreux enseignants. Une cinquantaine d'entre eux ont investi la salle du conseil des commissaires, mardi soir, pour exprimer leur mécontentement.
Un ras-le-bol exacerbé par les récentes déclarations de la commission scolaire selon qui il n'y a pas lieu de s'inquiéter. « Tout n'est pas mauvais, a reconnu le président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Éric Bédard. Mais il y a des drames quotidiens dans nos écoles. »
Il a mentionné le manque d'orthopédagogues et de techniciennes en éducation spécialisée (TES). « Le manque de ressources humaines se fait cruellement sentir chez les élèves en difficulté, a-t-il indiqué plus tôt par communiqué. Violence, bris de matériel et désarroi des employés devant des besoins d'élèves non comblés sont leur lot quotidien. »
Une opinion partagée par Jacinthe Leduc, présidente du Syndicat du personnel technique, administratif et éducatif. « Des TES, il en manque et quand il y en a, elles n'ont pas assez d'heures, a-t-elle souligné à La Voix de l'Est. Pourtant, les besoins sont là. » 
Délégué syndical au SEHY, Martin­ Laboissonnière a dénoncé que les sommes réservées pour l'embauche d'orthopédagogues sont utilisées ailleurs, mais impossible de savoir où. « Personne ne m'a expliqué ce que la commission scolaire fait avec cet argent, a-t-il dit. Prétend-on que cela n'a aucun impact sur la réussite­ éducative ? »
Achats groupés
La politique des achats groupés à Val-des-Cerfs a aussi été au coeur de plusieurs interventions. Une enseignante de Farnham, Lyne Morency, a décrit comment elle a réalisé que le savon industriel désormais fourni par la commission­ scolaire était toxique. 
François Desrochers, aussi enseignant à Farnham, a expliqué qu'il doit maintenant passer par un autre fournisseur pour ses instruments de musique. Comme ce commerce est débordé, il sous-traite à... son ancien fournisseur. « Économie ? J'aimerais en avoir des preuves », a-t-il dit.
Les commerces locaux sont par conséquent abandonnés, ce qui nuit aux collaborations, a dit Nicole Bergeron, aussi de Farnham. Les enseignants sont aussi excédés par la lourdeur administrative des achats groupés, au point où ils se résignent à payer des équipements de leur poche.
« L'enseignement, c'est le seul boulot où on vole de la maison pour rapporter au travail », a illustré Lyne Morency sous les applaudissements.
Transparence
Finalement, le SEHY a dénoncé le peu de collaboration qu'il dit entretenir présentement avec certains cadres de Val-des-Cerfs. Des documents auxquels il a droit ne lui sont pas acheminés, a dénoncé l'officière syndicale Sophie Veilleux. Éric Bédard a toutefois indiqué que les relations étaient excellentes avec d'autres.
Le président de la commission scolaire a indiqué qu'il prenait acte des commentaires reçus. « Peut-être qu'on a été trop vites dans certaines décisions, a dit Paul Sarrazin. Le conseil aura des suivis à faire. »
Éric Racine nommé directeur général
Les commissaires de Val-des-Cerfs ont adopté à majorité, mardi soir, la nomination d'Éric Racine au poste de directeur général de la commission scolaire.
M. Racine occupait ce poste par intérim depuis la suspension de l'ex-dg André- Messier, en avril 2015.
Seule la commissaire Marilyne Lafrance a voté contre, sans expliquer sa dissidence. « J'accepte avec grand plaisir, a déclaré M. Racine. Les prochaines années seront comblées d'efforts, de travail et de collaboration. »