« Je ne suis pas la personne que les gens pensent que je suis », affirme Martin Swett.

Coupable d'inceste, Martin Swett clame toujours son innocence

« Je n'ai fait de mal à personne. Je ne suis pas la personne que les gens pensent que je suis. On essaie de me faire haïr. »
La victime de Martin Swett, sa fille Sonia.
Bien qu'il ait été déclaré coupable d'avoir agressé sexuellement sa fille au début des années 1990, Martin Swett a continué de clamer son innocence, mardi, au palais de justice­ de Granby.
Sans avocat, le Waterlois de 57 ans - déclaré apte à suivre le processus judiciaire - s'est à nouveau exprimé de façon décousue à l'occasion des plaidoiries sur la peine. Il a réitéré qu'il était fauché, qu'il ne méritait pas un tel traitement et qu'il sentait sa vie menacée en prison. M. Swett est détenu depuis qu'il a reçu un verdict­ de culpabilité, en décembre.
« On me frappe, on me crache dessus, a dénoncé l'accusé. J'ai perdu connaissance deux ou trois fois en prison... Je vis l'enfer depuis trois mois. » Le juge Serge Champoux­, de la Cour du Québec, lui a rappelé que l'audience servait à s'exprimer sur la sentence à lui imposer. 
« Je ne mérite pas ça », s'est limité à dire M. Swett à propos d'une probable­ peine de prison.
Circonstances
De son côté, la Couronne a fait état des nombreux facteurs aggravants dans ce dossier. Planification, préméditation, fréquence des gestes commis, l'âge de la victime (elle avait 10 ans au début des crimes), le lien d'autorité total, la violence, les menaces et les séquelles qu'a eues la victime, a énuméré Me Geneviève Crépeau­. Sonia Swett, qui a demandé à ce qu'il n'y ait pas d'interdiction concernant son identité, a notamment fait une tentative de suicide à 16 ans.
« L'ambiance familiale, la manipulation, la violence exercée envers ses frères sont d'autres éléments­ », a ajouté Me Crépeau.
M. Swett, qui n'avait pas d'antécédent judiciaire, n'a pas non plus démontré de remords. Par l'intermédiaire d'un tiers, il a récemment communiqué avec sa victime - bien qu'une ordonnance le lui interdise - sans reconnaître les faits ni s'excuser. 
« Je vais m'excuser si toi tu t'excuses d'abord d'avoir baissé tes culottes », aurait-il dit à sa fille, selon Me Crépeau­, qui suggère une peine de huit à 10 ans de prison.
Aide
Face à cette éventualité, le juge Champoux a mentionné à l'accusé qu'il serait « probablement » envoyé dans un pénitencier fédéral, où il bénéficierait de meilleurs services et d'une meilleure sécurité. Il doit rendre sa sentence à la fin mars.
« S'il vous plaît, ne lui donnez pas 10 ans (de prison) », a plaidé Jane Anderson, la soeur de M. Swett, au tribunal. « Il n'est pas dans son état normal... Martin, tu as besoin d'aide mentale et physique. »
« Le voir pleurer, ça me fait pleurer aussi, a commenté la victime, Sonia Swett, à sa sortie de la salle d'audience. Mais je ne ressens aucune pitié pour lui. Moi, j'ai pleuré tous les jours pendant plusieurs années et il n'avait aucune pitié pour moi. »