«C’est un outil de prévention qui vient conforter et rassurer les citoyens sur le fait qu’on est certifié par un système d’accréditation anticorruption», affirme le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

Corruption: Granby veut être plus blanc que neige

Granby veut aller plus loin dans la lutte à la corruption. L’administration municipale a lancé les démarches pour obtenir la certification internationale ISO 37 001 sur les systèmes de management anticorruption.

Ce faisant, Granby pourrait être l’une des premières villes québécoises à obtenir cette certification, qui entraîne un changement de culture au sein de l’administration municipale, a souligné le directeur général de la Ville, Michel Pinault, en marge de la dernière séance du conseil municipal.

« C’est un outil de prévention qui vient conforter et rassurer les citoyens sur le fait qu’on est certifié par un système d’accréditation anticorruption. On est audité aux trois ans. Il faut aussi faire des suivis très rigoureux du maintien de la norme. Ça indique aussi aux citoyens qu’à Granby, en plus d’avoir une bonne gestion financière, on a une gestion rigoureuse sur le plan éthique », affirme M. Pinault.

Selon lui, l’administration municipale a toutefois certains gestes à poser pour répondre aux exigences de la norme, dont l’adoption d’une Politique anticorruption. Ce qui a été fait par les élus lors de la séance du conseil municipal.

Cette politique encourage notamment « le signalement d’inquiétudes [...] en toute confiance et sans représailles ». Elle inclut aussi « l’engagement pour l’amélioration continue du système de management anticorruption », selon le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie.

Autres étapes

Dans le cadre de cette démarche, les 500 employés salariés de la Ville suivront en mai et en juin une formation sur la norme. Granby se préparera également à obtenir un premier audit d’ici 2020, de façon à obtenir la certification par la suite.

Les Villes de Montréal et de Québec, entre autres, seraient aussi engagées dans une démarche similaire.

La norme ISO 37 001 a été lancée en 2016 et élaborée par des experts de quelque 37 pays. Elle vise, selon les informations transmises par la Ville de Granby, « à établir un cadre managérial dans le but d’assister les organisations dans la lutte contre la corruption en y propageant une culture d’intégrité, de transparence et de conformité ».

L’assurance de posséder les meilleures pratiques pour prévenir, détecter et traiter les abus, ainsi que la maîtrise d’outils pour prévenir les conflits d’intérêts, figurent parmi les avantages de la certification, est-il souligné.

Pas d’hier

Ce n’est pas d’hier que la Ville de Granby est préoccupée par la gestion contractuelle, rappelle Michel Pinault. Un comité à l’interne a été formé en 2012, à la suite du dépôt du rapport de Jacques Duchesneau qui, à l’époque, était au sein de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

« On a tout revu nos processus pour améliorer les choses et nous éloigner le plus possible d’une corruption potentielle », affirme le DG de la Ville.

Dans la foulée de la création de la norme ISO 37 001, la Ville a confié en 2017 un mandat à une firme externe, Lévesque Stratégies et Affaires publiques de Québec, au coût de 21 500 $, afin qu’une analyse soit réalisée pour déterminer les écarts entre les processus d’acquisition de biens et services déjà en place et ceux recommandés par la norme ISO.

L’an dernier, un comité consacré à l’accréditation a par ailleurs été formé, avec à sa tête Renée Roy, à titre de conseillère principale en intégrité. Celle-ci possède le titre de Lead Implementer norme ISO 37 001.

Les directeurs des travaux publics ainsi que du Bureau de projets de la Ville, François Méthot-Borduas, ainsi que Daniel Surprenant, siègent sur ce comité aux côtés notamment du chef de la division Approvisionnements, Jacques Babin.