Il est recommandé d’adopter des mesures d’hygiène préventives dans les aéroports, où transitent des voyageurs des quatre coins du globe qui, sans en démontrer les symptômes, sont peut-être porteurs d’une maladie contagieuse comme le coronavirus.
Il est recommandé d’adopter des mesures d’hygiène préventives dans les aéroports, où transitent des voyageurs des quatre coins du globe qui, sans en démontrer les symptômes, sont peut-être porteurs d’une maladie contagieuse comme le coronavirus.

Coronavirus en Chine: les voyageurs sur le qui-vive

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
C’est un voyage qu’il planifiait depuis des mois et qu’il attendait avec impatience. Serge Tremblay devait s’envoler pour la Chine, en mai prochain, pour prendre part à un demi-marathon sur la Grande Muraille avec sa fille Ashley afin de célébrer la fin de ses études universitaires. Mais le destin en a voulu autrement.

«Avec tout ce qui se passe en Chine actuellement, on a choisi d’annuler, confie l’homme d’affaires de Granby. C’est trop dangereux d’attraper quelque chose.»

Ce «quelque chose» est le coronavirus, qui jusqu’à présent a causé la mort de 132 Chinois et infecté près de 6000 de leurs compatriotes.

En plus d’avoir forcé la mise en quarantaine de villes entières, les principales attractions touristiques du pays ont été fermées au public à quelques reprises pour limiter les risques de contagion, explique M. Tremblay. 

«Il y a toute la question de l’assurance aussi. Si on y va malgré les avertissements, on risque de ne pas pouvoir être assurés», note-t-il.

Sa décision n’a toutefois pas été prise de gaieté de cœur, reconnaît le principal intéressé. 

«Ça fait six mois que les billets sont achetés. On y retournera dans quelques années, quand la crise se sera résorbée...», poursuit-il.

Steve Pontbriand était pour sa part moins inquiet. Mercredi, le Granbyen s’est envolé en direction de Bangkok. Il devait faire escale à Pékin pour attraper le second avion qui le fera atterrir en Thaïlande. 

«Comme je serai seulement en Chine le temps d’un transfert, je vais prendre des précautions à l’aéroport. Je pense que les files d’attente dans les lieux publics sont propices à la propagation [des virus], donc je mettrai toutes les chances de mon côté, sans trop m’inquiéter», explique celui qui se lavera fréquemment les mains et qui portera des gants chirurgicaux et des lunettes.

D’autres ont préféré ne pas prendre de chance. Le Granbyen s’est retrouvé dans un avion à moitié vide. «Il y avait environ 120 passagers sur la possibilité d’accueil de 300 dans l’avion à cause du virus», a rapporté M. Pontbriand.

Le 7 janvier dernier, le gouvernement du Canada a publié un communiqué sur son site à l’attention des voyageurs canadiens qui pourraient se retrouver en Chine. On y détaille les principaux symptômes du coronavirus en indiquant qu’actuellement, le risque «pour les voyageurs canadiens et pour le Canada demeure faible.» Il est néanmoins déconseillé aux Canadiens de se rendre dans la province du Hubei. 

Mercredi, Ottawa a indiqué avoir réservé un avion pour rapatrier les Canadiens se trouvant dans cette région qui voudraient revenir au pays.

«Un peu» d’inquiétudes

«Les aéroports sont le pire endroit pour attraper des microbes», confirme Caroline Parent, conseillère en voyages chez Vacances Tourbec. Y transitent en effet des voyageurs des quatre coins du globe dont on ignore la provenance et qui, sans en démontrer les symptômes, sont peut-être porteurs d’une maladie contagieuse comme le coronavirus.

Néanmoins, cela n’empêche pas les gens de voyager, estiment de nombreux agents de voyages sondés par La Voix de l’Est en milieu de semaine. Les gens sont toutefois plus soucieux de leur sécurité et posent davantage de questions.

«Chez nous, l’Asie ne représente pas notre gros marché, mais certaines personnes ont exprimé un peu d’inquiétudes», a fait savoir Anne Mader, de Voyages Mario Brisebois.

«J’ai un groupe qui part en Thaïlande en octobre, indique pour sa part Claire Babineau, qui travaille chez Voyages Granby. J’ai aussi des clients qui vont au Cambodge et qui ont une connexion en Chine. C’est sûr qu’on se fait poser des questions. Personnellement, en ce moment, je ne vendrais pas de voyages en Chine.»

Difficile de prévoir

Des clients de Mme Parent devant se rendre au Japon ont également choisi d’annuler leur escapade en attendant que la situation s’améliore en Asie. 

D’autres, qui décollent jeudi à destination des Philippines, sont inquiets de devoir faire escale à Shanghai.

 «Quand ils ont acheté leur voyage, en septembre, on ne savait pas qu’il y aurait une épidémie en ce moment, indique la représentante. Le retour au Canada risque d’être plus problématique étant donné qu’ils auront transité par la Chine.»

C’est cette difficulté de prévoir les situations à risque qui poussent Mme Babineau à prendre la chose avec un grain de sel. 

«Il y a désormais des cas de coronavirus dans plusieurs pays, ce n’est plus limité à la Chine», constate-t-elle, rappelant les crises passées des virus H1N1, SRAS, Ebola et Zika. 

C’est sans compter les catastrophes naturelles impondérables, comme des tsunamis, des tremblements de terre ou même des feux de forêt comme il y en a eu en Australie il y a quelques semaines. 

«On ne peut jamais prévoir ce qui peut se produire pendant notre voyage lorsqu’on le planifie, ajoute la conseillère. C’est sûr que c’est inquiétant. Il y a des précautions à prendre, mais il faut aussi remettre les choses en perspective.»