« C’est très grave ce qu’il a dit. Mais ça serait trop long de me lancer dans un procès pour ce que ça donnerait. En plus, ça voudrait dire que les citoyens paieraient pour les avocats de l’ancien maire. Il n’en est pas question », affirme Corinne Labbé.

Corinne Labbé ne poursuivra pas Arthur Fauteux

Corinne Labbé n’intentera finalement pas de poursuite pour diffamation contre l’ex-maire de Cowansville Arthur Fauteux. L’ancienne candidate à la mairie explique sa volte-face en disant ne pas vouloir que la Ville dépense des deniers publics dans une telle cause devant une cour de justice.

« Je n’ai pas d’énergie à mettre dans l’amertume. Ç’a été une expérience humaine fantastique d’être candidate pour devenir maire, mais ça n’a pas fonctionné. J’en suis ressortie épuisée, mais heureuse d’avoir fait une belle campagne », a-t-elle indiqué jeudi en entrevue.

Le 20 octobre dernier, à deux semaines du scrutin, M. Fauteux avait attaqué l’intégrité de Mme Labbé, affirmant que ses engagements électoraux visaient à tromper la population. En conférence de presse, il avait de plus remis en question sa probité, l’accusant d’avoir trop facturé la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi pour des heures qu’elle n’avait pas travaillées alors qu’elle siégeait au conseil d’administration de l’organisme paramunicipal en tant que représentante de la Ville de Cowansville.

Bien qu’elle ait alors indiqué qu’elle ne poursuivrait pas le maire sortant, Mme Labbé s’était ravisée une semaine plus tard. Dans une mise en demeure envoyée à M. Fauteux le 25 octobre, elle lui donnait 24 heures pour retirer ses propos. Il ne s’est pas exécuté.

La réponse officielle du maire a été envoyée le 22 novembre, par l’entremise de la firme Landry et Boucher. Le cabinet d’avocats agissait au nom de la Ville. Mme Labbé n’a pas voulu dévoiler la teneur de la lettre, sauf de dire qu’elle l’informait que M. Fauteux agissait dans le cadre de ses fonctions de maire lorsqu’il a commenté sa campagne.

La greffière de la Ville Me Stéphanie Déraspe a également refusé d’en donner une copie au journal. Le document est confidentiel parce qu’il concerne un litige, a-t-elle expliqué.

Ce qu’il faut comprendre entre les lignes, dit Mme Labbé, est que la Ville défendra l’ancien maire si elle va de l’avant avec une poursuite. Or, enchaine-t-elle, les citoyens n’ont pas à faire les frais de cette dispute. « C’est très grave ce qu’il a dit. Mais ça serait trop long de me lancer dans un procès pour ce que ça donnerait. En plus, ça voudrait dire que les citoyens paieraient pour les avocats de l’ancien maire. Il n’en est pas question. »

Impact et influence
Corinne Labbé ne peut dire si les attaques de M. Fauteux à son endroit ont permis à Sylvie Beauregard de remporter l’élection à la mairie. L’intervention du maire sortant a cependant eu un « impact important », croit-elle. « On est dans une petite collectivité. On a un maire qui était ancré là depuis presque 20 ans. Il était en plus préfet de la MRC depuis 15 ans. On n’a pas ces rôles sans avoir une grande influence. Des citoyens ont accepté de croire ce qu’il a dit me concernant. C’est triste, mais c’est comme ça », a-t-elle dit.

Lors du scrutin du 5 novembre pour le poste de maire, Mme Beauregard a récolté 2899 voix (65,4 % des votes exprimés) contre 917 (20,7 %) pour Mme Labbé. « Je ne savais pas comment ça allait se terminer. Mais, mon équipe et moi, on ne s’attendait pas à un tel écart », a dit celle qui a occupé le poste de conseillère du quartier Ruiter pendant quatre ans.

Même si elle qualifie les propos de M. Fauteux de « graves et irrespectueux » et son intervention dans la campagne de « vieille façon de faire de la politique », Mme Labbé assure ne pas garder d’animosité à son égard. « C’est triste ce qu’il a fait. Il va devoir vivre avec ça. Mais je vais quand même le saluer quand je vais le voir. Je suis passée à autre chose. »